La Voleuse de livres – Markus Zusak

La Voleuse de livres

La Voleuse de livres est un livre extrêmement riche, dont on peine à se dépêtre tant il nous absorbe, avec des personnages terriblement attachants, cette narration tout simplement géniale, ce charme propre au livre et à l’auteur, tout simplement. Et l’humour, le contexte terriblement tragique et bien rendu, non pas du côté des héros mais des Allemands, pendant leur quotidien. Qu’est-ce que La Voleuse de livres ? Réponse, d’après notre narratrice :

« Une simple histoire, en fait, où il est question, notamment :
– D’une fillette ;
– De mots ;
– D’un accordéoniste ;
– D’allemands fanatiques ;
– D’un boxeur juif ;
– Et d’un certain nombre de vols. »

Et j’aurais mieux fait de ne pas reprendre ce livre. Une fois plongée dedans, j’ai continué. Et j’ai compris que mes précédentes relectures étaient des erreurs. Plus on relit un auteur, plus on le comprend, plus les mystères et ténèbres dans son oeuvres apparaissent clairement. La Voleuse de livres n’est pas un roman historique, ni un conte, ni un récit avec un humour bien dosé. Du moins, il n’est pas cela, en plus de l’initiation d’une jeune Allemande communiste à la vie, aux livres, aux mots, à l’amitié et au Heil Hitler, à la tolérance.

Ce livre n’a décidément plus le même sens pour moi aujourd’hui. Ou plutôt, j’en ai trouvé un nouveau. Il y avait le conte initiatique, l’originalité de la structure et narration, les messages posés par l’auteur. Sauf que maintenant, je me reprends tous ceux-là en plein esprit, et en plus j’en rajoute deux :

-Ce roman possède une lassitude et une tristesse infinie, dont je n’avais pas conscience.
-Et la Mort voit qui nous sommes. Et…j’en ai conscience, ce n’est pas tellement beau à voir.

« Un détail : Vous allez mourir.
En toute bonne foi, j’essaie d’aborder ce sujet avec entrain, même si la plupart des gens ont du mal à me croire, malgré mes protestations. Faites-moi confiance. Je peux vraiment être enjouée. Je peux être aimable. Affable. Agréable. Et nous n’en somment qu’aux « A ».
Mais ne me demandez pas d’être gentille. La gentillesse n’a rien à voir avec moi. »

Tout au long du livre, on s’attache. Enormément. La Voleuse de livres n’a rien de commun avec les autres oeuvres que j’ai pu lire auparavant. Pour l’intensité émotionnelle, tout au plus m’évoque-t-elle Un été pour mourir de Lois Lowry, qui détient aussi la palme de me faire pleurer à chaque lecture. Mais sinon…tout est original, tellement novateur, poétique et porteur de sens à la fois. C’est un OVNI, dirais-je, dans la littérature. Ados, jeunes adultes, adulte…il n’appartient à aucune de ces catégories et à toutes à la fois. Roman historique, roman initiatique, mémoire, témoignage…Un OVNI. Qui fait partie des livres que j’ai le plus appréciés, que je porte dans mon coeur, car il y a une écriture et un monde que je n’ai jamais trouvé ailleurs. Un chef d’oeuvre.

« Les survivants. Ceux-là je ne supporte pas de les regarder, et je ne parviens pas toujours à m’y soustraire. Je recherche délibérément les couleurs pour ne plus penser à eux, mais j’en vois de temps en temps, effondrés entre surprise et désespoir. Leur cœur saigne. Ils ont les poumons en charpie.
Ce qui m’amène au sujet dont je veux vous parler ce soir, ou ce matin – qu’importent l’heure et la couleur. C’est l’histoire de quelqu’un qui fait partie de ces éternels survivants, quelqu’un qui sait ce qu’être abandonné veut dire. »

Encore une fois, Markus Zusak, cet écrivain australien, possède un style peu commun. Il n’hésite pas à dire que ce livre est son chef d’oeuvre, et je le crois, quitte à être déçue par ses autres oeuvres. La Voleuse de livres est un des livres les plus surprenants et magistraux que j’ai pu lire dans ma petite vie. Un hommage à la Seconde Guerre Mondiale, aux résistants, à ceux qui ont survécu, bien entendu. Un éloge à l’amitié, la tolérance. Un avertissement sur le pouvoir des mots, de la lecture…car si Liesel, l’héroïne, n’avait pas connu les livres, il n’y aurait pas d’histoire. Mais s’il n’y avait pas de mots, les mots, ces mots qui ont un tel impact, écrits ou dits…on peut analyser le livre sur le thème des mots. Ils sauvent Liesel, ils sauvent les gens des bombardements, ils permettent la mémoire, de transmettre un message. Mais de manipuler aussi.
Il y a une terrible mise en abyme, dont je ne prends vraiment conscience qu’avec cette relecture. Max, le boxeur juif, se met à un moment à peindre, à dessiner et à écrire. Un tel choix n’est pas innocent, ses histoires non plus, de même que ses dessins.

« Il était une fois un petit homme, qui décida qu’il ferait trois choses dans la vie :
1. Il se coifferait avec une raie du côté inhabituel.
2. Il se laisserait pousser une curieuse petite moustache.
3. Il serait un jour le maître du monde.
[…]
Et puis un jour, en voyant une mère qui se promenait avec son enfant, il eut l’illumination. Le plan parfait. A un moment, la femme se mit à gronder le petit garçon qui finit par se mettre à pleurer. Elle lui parla alors, le consola et le fit même sourire.
Le jeune homme se précipita vers la femme et lui sauta au cou.
-Les mots ! s’écria-t-il avec un grand sourire.
-Pardon ?
Mais il ne répondit pas. Il avait déjà disparu. »

Comment le Führer a-t-il réussi à mettre en place le nazisme ? Par les mots. Comment a été sauvée Liesel ? Par les mots. Oui. Terrible pouvoir. Qui apparaît encore plus grâce à Max, le boxeur juif qui nous révèle sa découverte à travers ses croquis (qui sont tout autant à la fois beaux et terribles.) Combien de fois ai-je regardé ces dessins dans l’histoire, souriant devant « L’homme qui se penchait », très tendre, et parfois en étant vraiment horrifiée, ces deux dessins sur Hitler, l’un le montrant en chef d’orchestre devant une assemblée de gens faisant le salut hitlérien « Pas le chef d’orchestre – le Führer ! » et surtout le deuxième, où un nazi emmène une jeune fille voir un soleil brillant d’une croix gammée, en grimpant sur une colline de cadavres ? A ce stade, je n’ose plus dire que le livre est beau, de peur que ce soit interprété comme trop positif dans un certain sens.

Pourtant c’est ce qu’il est. Tragiquement superbe, original et percutant à la fois – une oeuvre qu’on garde pour très longtemps en mémoire, même avec une seule lecture. Un chef d’oeuvre, je l’ai dit. Je persiste. Si vous en avez l’occasion, lisez-le. C’est une ode à certains thèmes, une protestation contre les erreurs du passé, et plus simplement un récit qui prend aux tripes, qui fait pleurer et sourire. Ces oeuvres-là, on n’en rencontre pas beaucoup. Elles sont inclassables. Uniques. Magique dans un certain sens, portant à la fois le doux et l’amer. Une oeuvre parmi d’autres, mais un véritable monument aussi.
Car s’il est terriblement pessimiste, la fin n’en demeure pas sans espoir.

« Journal de la Mort : 1942.

C’était une année mémorable, comme l’an 79, ou l’année 1346, pour n’en citer que deux. Par pitié, oublions la faux, c’est d’un balai ou d’une serpilière dont j’avais besoin. Et de vacances.

Quelques petites vérités
Je n’ai pas de faux, ni de faucille. Je ne porte une robe noire à capuche que lorsqu’il fait froid. Et je n’ai pas cette tête de squelette que vous semblez prendre plaisir à m’attribuer. Vous voulez savoir à quoi je ressemble vraiment ? Je vais vous aider. Allez vous chercher un miroir pendant que je poursuis.

J’ai l’impression de tout centrer sur ma personne en ce moment et de ne parler que de moi, moi et moi. Mes voyages, ce que j’ai vu  en 1942. D’un autre côté, en tant qu’être humain, vous devez savoir ce que c’est d’être tourné vers soi. En fait, ce n’est pas sans raison que j’explique ce que j’ai vécu à cette époque-là. Car la plupart de ces évènements vont avoir des conséquence pour Liesel Meminger. Ils rapprocheront la guerre de la rue Himmel, avec moi dans leur sillage.

J’ai eu nombre de tournées à faire, cette année-là, de la Pologne à l’Afrique et retour, passant par la Russie. Vous me direz que je fais mes tournées de toute façon, quelle que soit l’année, mais parfois l’espèce humaine aime accélérer les choses. Elle augmente la production de cadavres et des âmes qui s’en échappent. Quant aux survivants, ils se retrouvent sans maison et je vois partout des sans-abri. Ils me poursuivent souvent pendant que j’erre dans les ruelles des villes dévastées. Ils me supllient de les emporter, sans se rendre compte que j’ai trop de travail pour cela. « Votre heure viendra », leur dis-je, et j’essaie de ne pas regarder en arrière. Parfois, j’aimerais pouvoir leur répondre : « Vous ne voyez pas tout ce que j’ai déjà sur les bras ? » mais je ne le fais pas. Je me plains intérieurement tout en vaquant à mes tâches, et, certaines années, les âmes et les corps ne s’additionnent pas : ils se multiplient.

Etat nominatif abrégé de 1942
1. Les Juifs désespérés – leur âme dans mon giron, tandis que nous nous tenions sur le toit, près des cheminées fumantes.
2. Les soldats russes – n’emportant que peu de munitions et comptant sur celles des morts et des blessés.
3. Les cadavres détrempés échoués sur le sable et les galets d’une côte française.

La liste est encore longue, mais j’estime que pour le moment trois exemples suffisent. Avec ces trois exemples, vous avez déjà dans la bouche le goût des cendres qui définissaient mon existence cette année-là.

Tant d’êtres humains.
Tant de couleurs.

Ils continuent à m’habiter. Ils harcèlent ma mémoire. Je vois les tas immenses qu’ils forment, empilés les uns sur les autres. L’air est comme du plastique, l’horizon comme de la colle en train de prendre. Le ciel est fait de gens, un ciel percé et qui goutte, tandis que des nuages cotonneux couleur charbon battent comme des coeurs noirs.
Et puis…
Et puis il y a la Mort.
Moi, la narratrice.
Qui me fraie un chemin dans tout cela.
En surface : imperturbable, impassible.
En dessous : défaite, déconcertée, débousollée.

En toute honnêteté (et je sais que j’ai tendance à trop me plaindre, actuellement) je ne m’étais pas encore remise de Staline, en Russie. La prétendue « seconde révolution » – l’assassinat de son propre peuple.
Et puis Hitler est arrivé.
On dit que la guerre est la meilleure amie de la mort, mais j’ai une autre opinion là-dessus. A mes yeux, la guerre est comparable à un nouveau patron qui attend de vous l’impossible. Il est là, sur votre dos, à répéter sans arrêt « Il faut que ce soit fait, il faut que ce soit fait. » Alors vous mettez les bouchées doubles. Et le travail est fait. Pour autant, le patron ne vous remercie pas. Il vous en demande plus encore.

Souvent, j’essaie de me remémorer ce que j’ai vu de beau à cette époque. J’explore ma bibliothèque d’histoires.
Je tends la main vers l’une d’entre elles.
Je crois que vous la connaissez déjà à moitié, et si vous me suivez, je vous montrerai la seconde moitié de la voleuse de livres.
Sans le savoir, celle-ci attend un certain nombre d’évènements auxquels je viens de faire allusion, mais elle vous attend aussi, vous.
Elle est en train de transporter un peu de neige au sous-sol.
Quelques poignées d’eau gelée peuvent certes faire sourire quelqu’un, mais elles ne lui permettent pas d’oublier.
Retrouvons-la maintenant. »

[…]

« Journal de la Mort : les Parisiens

L’été arriva.
Pour la voleuse de livres, la vie se déroulait gentiment.
Pour moi, le ciel était couleur Juifs.

Quand leurs corps s’étaient en vain rués sur la porte pour trouver une issue, leurs âmes s’élevaient. Quand leurs ongles avaient griffé le bois et parfois même y étaient restaient plantés par la force du désespoir, leurs âmes venaient vers moi, je les accueillais dans mes bras et nous quittions ces douches par le toit pour gagner l’immensité de l’éternité. Je n’arrêtais pas. Minute après minute. Douche après douche.
Je n’oublierai jamais le premier jour à Auschwitz, ni la première fois à Mauthausen. A Mathausen, au fil du temps, je les ai aussi recueillis au bas de cette grande falaise, quand leurs âmes s’échappaient avec tant de mal. Il y avait des corps brisés et des coeurs tendres arrêtés. Pourtant, c’était mieux que les gaz. J’en ai saisi certains avant la fin de leur chute. Je vous ai sauvés, pensais-je en tenant leur âme à mi-chemin, tandis que le reste de leur personne – leur enveloppe charnelle – allait s’écraser au sol. Tous étaient légers comme des coquilles de noix vides. Là-bas, il y avait un ciel de fumée.
Je frissonne à ce souvenir, tandis que j’essaie de m’en abstraire.
Je souffle dans mes mains pour les réchauffer.
Mais comment ne seraient-elles pas glaces quand les âmes frissonnent encore ?
Dieu !
Quand j’y pense, c’est toujours le nom qui me vient.
Dieu !
Deux fois.
Je prononce Son nom dans une vaine tentative de comprendre. « Mais ton rôle n’est pas de comprendre. » C’est moi qui fais la réponse, car Dieu ne dit jamais rien. Vous croyez être la seule personne à qui Il ne répond pas ? « Ton rôle est de… » Là-dessus, j’arrête de m’écouter, parce que, pour parler franchement, ça me fatigue. Quand je me mets à réfléchir de la sorte, c’est l’épuisement garanti et je ne peux pas me le permettre. Je dois à tout prix continuer car, pour la grande majorité des gens, la mort n’attend pas, et si elle attend, ce n’est pas généralement pas longtemps.

Le 23 juin 1942, un groupe de Juifs français se trouvaient dans une prison allemande en territoire polonais. Le premier que j’ai emporté était près de la porte, l’esprit cherchant à s’évader, puis réduit à tourner en rond et à ralentir, à ralentir…

Vous devez me croire si je vous dis que ce jour-là, j’ai recueilli chaque âme comme si elle venait de naître. J’ai même embrassé les joues lasses et empoisonnées de quelques-uns. J’ai écouté leurs derniers hoquets. Les derniers mots sur leurs lèvres. J’ai contemplé leurs visions d’amour et je les ai libérés de leur peur.
Je les ai tous emmenés et, s’il y a eu un moment où j’ai eu besoin de me changer les idées, c’est bien celui-ci. Dans la plus grande affliction, j’ai regardé le monde au-dessus de moi. J’ai vu le ciel passer de l’argent au gris, puis à la couleur de la pluie. Même les nuages essayaient de s’en aller.
Parfois, j’essayais de m’imaginer à quoi cela ressemblait au-dessus des nuages, sachant de façon certaine que le soleil était blond et que l’atmosphère infinie était un oeil bleu gigantesque.

Ils étaient français, ils étaient juifs et ils étaient vous. »

Pour conclure, je vous donne une interview de l’auteur, trouvée sur le site de l’édition française du livre.

Dans La Voleuse de livres, la Mort dit nous raconter l’histoire d’une petite fille. Mais ne croyez-vous pas qu’un des messages du roman – au-delà de l’histoire – est la façon dont l’amour et la bonté peuvent avoir une sorte de pouvoir sur la mort ?

Je me suis essentiellement concentré sur le fait que l’homme porte en soi à la fois une grande beauté et une grande monstruosité, et tout notre combat est de faire émerger la beauté dont on est détenteur. Je crois, comme le dit le vieil adage, que la mort donne à la vie tout son prix. Savoir que nous ne sommes pas ici pour toujours nous fait apprécier les choses et ce sont souvent les démonstrations de bonté et d’amour qui, à la fin, nous définissent.

Aux Etats-Unis, le livre est sorti en édition jeunes adultes. Pensez-vous qu’il y ait une différence entre un livre pour adolescents et un roman pour adultes ?

Chez moi j’ai des centaines de livres. Tout en haut de l’étagère, j’y ai mis mes livres préférés – les livres que j’adore et le genre de livres que j’essaie d’écrire quand je suis à ma table de travail. Pour cette raison, je trouve les catégorisations « livres pour adolescents » / « livres pour adultes » non pertinentes. Personne ne dit jamais : « J’adore votre comédie de science-fiction pour la jeunesse » mais plutôt : « j’adore votre livre », et c’est ce que je cherche.

Parlez-nous du personnage de la Mort.

Je voulais que la Mort soit à la fois différente et semblable à nous. Je voulais que la Mort fasse partie des grands éléments, au même titre que le ciel, les nuages, les arbres. Je voulais aussi qu’ehttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/0/0a/So_Much_to_Tell_You_Front_Cover.jpglle soit vulnérable. Elle a beaucoup de points communs avec les hommes, notamment leur face sombre. Une fois, je l’ai décrite effrayée par les hommes, je sais que j’avais le ton juste, bien que ce renversement de situation soit inattendu : pour une fois, c’est la Mort qui avait peur des hommes et non pas, comme c’est souvent le cas, l’inverse.

Que pouvez-vous nous dire au sujet de L’homme qui se penchait, le livre écrit par l’un des protagonistes de votre roman, Max, l’ami juif de Liesel ? Ce devait être le livre de quelqu’un qui n’est pas écrivain. Trudy White a fait les illustrations. Sur les 20 pages, nous en avons gardé une douzaine. J’ai coupé aussi beaucoup de texte pour donner toute leur force évocatrice aux images. L’un des moments les plus importants est Mein Kampf disparaissant à travers les pages, lorsque Max utilise un vieil exemplaire dont il repeint les pages en blanc et sur lequel il écrira sa propre histoire. C’était une idée que j’avais eue très tôt, et Trudy a eu la même idée un peu plus tard. Montrer que les mots ont un pouvoir et que chacun d’entre nous a le pouvoir de réécrire l’histoire dans toute sa monstruosité pour en faire une belle histoire.

Est-ce que l’idée de la Mort comme élément comique vous est venue tout de suite ?

La Mort utilise l’humour pour se protéger et se tenir à distance. Son problème est qu’elle devient vite obsédée par Liesel.

Liesel aime Max parce qu’elle comprend qu’ils ont des points communs et que ces ressemblances sont plus fortes que leurs différences de culture ou de religion.

Je n’ai jamais parlé de ce genre de choses en public. En revanche, si on en trouve des échos dans le livre, je suis ravi. J’ai toujours pensé que si un écrivain créait une situation suffisamment forte, les lecteurs pouvaient y trouver des choses qui auraient échappé à l’auteur. Je pense qu’on a plusieurs étiquettes. Max par exemple est juif. Il est aussi l’ami de Liesel. Il est pluriel et sans doute ces différentes étiquettes ont-elles à voir avec son identité. Il n’aurait pas connu Liesel s’il n’avait pas été juif. Il n’aurait pas donné naissance à toutes ces œuvres artistiques. Mais il n’aurait pas été non plus persécuté. Parfois les étiquettes dont on hérite sont le fruit du destin, mais elles peuvent aussi l’infléchir, en bien comme en mal.

Avez-vous un autre livre en préparation ?

Je suis au tout début d’un nouveau livre. C’est l’histoire d’un garçon qui va construire un immense pont. Je porte cette idée depuis une dizaine d’années et le moment est aujourd’hui venu pour moi de l’écrire. J’ai toujours pensé que tous mes autres livres me conduiraient à celui-ci. Puis La Voleuse de livres est arrivé et a changé la donne. J’ai tout mis dans La Voleuse de livres. C’est ce que j’ai fait de mieux. Maintenant je me demande si je serai capable de faire aussi bien. Je n’ai qu’un seul moyen pour le vérifier.


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