Carmen : de la femme fatale à la figure de liberté (part. 5 – finale)

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13. Richard Eyre (2010) – Elina Garanca : la Carmen du XXIe siècle

Elina Garanca Carmen

A l’heure actuelle, Elina Garanca, avec Anna Caterina Antonacci et Béatrice Uria-Monzon, fait partie des Carmen les plus considérées sur les scènes d’opéra. A la seconde, on a accordé le rôle de la Carmen la plus proche de la nouvelle de Mérimée. A la première, on peut peut-être accorder, la sophistication. Ce n’est pas la Carmen de la nouvelle, sans être une interprète traditionnelle. C’est peut-être la presse qui a trouvé un surnom justifié, en la qualifiant de Carmen du XXIe siècle, autant pour l’époque de prise de rôle, que pour le jeu de son personnage.

Qu’apporte Elina Garanca de plus à la multitude des Carmen ? Certains diront, sa froideur. Je ne vais pas encore revenir sur le sujet, mais admettons qu’elle ne joue pas une Carmen froide, à cause de ses origines lettones. On dira peut-être qu’elle apporte simplement, le sentiment d’instantanéité du personnage. Jamais Carmen n’aura passé par autant d’émotions différentes dans les mêmes actes, non se contentant de suivre un fil conducteur de caractère, même s’il existe, mais également simplement l’instant présent. La liberté et le carpe diem qu’elle revendique, Elina Garanca les incarne, tout comme elle incarne littéralement le personnage. Les qualificatifs habituels reviennent : bien sûr, sa Carmen a, comme toutes les autres, ce sourire particulièrement moqueur (bien que le sien soit plus goguenard ou carnassier, par ailleurs), cette indépendance, cette énergie, cette volonté d’être libre, cette sensualité, inhérentes qualités au protagoniste. Il y a la voix, riche et profonde, capable de nuances, et le jeu varié et crédible. Mais il y a bien des petites choses en plus.

Le premier acte la fait passer par l’état bohème, de moquerie, de séduction, de bagarreuse, de railleuse. Le second acte, on voit cette Carmen devenir romantique et profondément amoureuse, puis blessée et manipulatrice, et enfin heureuse. Troisième acte, c’est de la froideur, de la colère, de la tristesse, qui arrivent. Le dernier acte la voit devenir superbe et fière, hautaine et déterminée. Si Elina Garanca parvient à convaincre autant en Carmen, c’est parce qu’elle ne joue pas son personnage comme conscient du destin. Il se contente de vivre l’instant, car entre les différentes chansons, toutes les émotions passent très vite, et cela donne un sentiment d’authenticité, de charme, au personnage. Car il est vrai que l’interprète en a, du charisme, de toute façon. Elle parvient à sublimer Carmen, de la fierté à la moquerie, de la puérilité à la détermination. Elle danse, elle chante, elle sourit, elle se bat. Elle est Carmen, elle aussi. Sans être pour autant extrêmement traditionnelle dans la façon de jouer, et en étant suffisamment moderne et audacieuse pour faire croire à la réalité du personnage. Sa Carmen est sublime parce qu’elle incarne la liberté, l’indépendance, en gardant son propre caractère. Parce qu’elle est pourtant vulnérable et sensible, même si à la fin, elle devient inébranlable. Mais qui pourra dire si Carmen pensait vraiment ses mots : « Cette bague, autrefois, tu me l’avais donnée, tiens ! » ou s’abusait-elle elle-même ? « Que je meure si j’en aimé un autre davantage que toi, Escamillo », chante-t-elle. Et comme cela arrive…Face à un Don José (Roberto Alagna) romantique et héroïque, comme dans la tradition de son jeu. L’alchimie passe avec magie. C’est peut-être pour cela que c’est Elina Garanca qui m’a enfin fait voir Carmen sous un autre angle qu’une bohémienne sans coeur et détestable.

Et puis la scène finale est de toute beauté…(voir la fin de l’article)

14. Calixto Bieito (2011) – Béatrice Uria-Monzon : Le monde est stone

Beatrice-Uria-Monzon-Liceu-1

Voilà une version très inhabituelle et qui va dans le sens contraire de toutes les autres. Rien que pour cela, cette remise en question, elle vaut largement le coup d’œil. Cette production de Carmen, loin d’aller dans le sens joyeux et héroïque, virevoltant et passionné des autres versions, doit être sur scène un sacré choc à voir, quand on voit que sa version filmée est déjà provocante et emplie de nombreux sens.

Ici, il nous faut imaginer une Carmen qui n’a rien à voir avec toutes les autres. Placez l’action à notre époque, en Espagne. Placez les bohémiennes au coeur d’un trafic de drogues, d’enfants et de prostituées. Faites des cigarières des accoutumées à la drogue (« la fumée… »), faites de la police une simple corruption, exceptée pour Don José (imbattable Roberto Alagna qui donne quelque chose de fragile, de fort et de déterminé à son personnage voulant sortir son amour de l’enfer où elle vit, malgré qu’il ait pour une fois une excellente Micaela avec lui, forte et clairvoyante). Voyez, enfin, Carmen qui devient purement et simplement une prostituée certes blasée et cynique, rêvant d’un amour plus libre et plus pur (voilà de quoi donner à la Habanera un sens tout à fait différent.) Carmen n’est plus ici une bohémienne libertaire et passionnée, mais une femme-corps, qui rêve d’être Carmen. Qui espère être sauvée par Don José, puis Escamillo.

Carmen Beatrice Uria Monzon Alagna

Au milieu de la misère, de l’innocence perdue et des corruptions qui empestent l’atmosphère contemporaine de la mise en scène (parfois vraiment dure), elle ne fait que chanter un idéal qu’elle cherche à atteindre, un meilleur avenir. Le jeu des cartes devient un moyen d’espérer un futur meilleur. Echapper à la prison n’est qu’un prétexte pour revenir au peu de liberté qu’elle possède. Ici, le mythe de Carmen est brisé, retourné. Les musiques de Bizet ne chantent plus la liberté, mais en font un absolu à atteindre, une liberté. Carmen redevient une héroïne ordinaire, plus fragile et plus douce que d’habitude, plus blessée et plus souffrante. Le mythe et ses personnages sont donc complètement renversés, pour une relecture moderne de l’histoire qui reste réellement marquante voire choquante. Un nouvel aspect du personnage se dessine, celui, peut-être, des femmes qui sont prises au piège des hommes ou de la société, pour une raison ou une autre, et qui rêvent de s’en échapper, qui se fabriquent un personnage, une illusion. Qui n’est atteignable que dans la mort, car seule la scène finale de l’opéra redevient traditionnelle et non « relue ». La mort devient peut-être liberté, parce que c’est le seul échappatoire possible. A voir. Quel dommage que les extraits sur Youtube ne soient pas plus nombreux et plus explicites !…

Epilogue : Yves Beaunesne (2012) – Anna Caterina Antonacci ou l’Espagne fantasmée.

Carmen Bastille Anna Caterina Antonacci

 Cette galerie des différentes interprétations de Carmen au cours du temps se terminera donc avec le retour d’Anna Caterina Antonacci à Paris, à l’opéra Bastille, dans les représentations ayant eu lieu à la fin de l’hiver 2012. Production huée et critiquée, certes pas la meilleure mais pas la plus mauvaise, peut-être simplement moyenne.

Yves Beaunesne avait fait le choix de créer son premier Carmen en pensant à sa propre vision de l’Espagne, qui est celle majoritairement véhiculée par les films de Pedro Almodovar. D’où un décor certes moderne, des travestis sur la scène, et notamment une Carmen blonde à la Marylin Monroe (mais aussi à la Pénélope Cruz de Etreintes brisées). Le José présent, Nikolaï Shukoff, fait passer l’intérêt de son personnage par des expressions de regard particulièrement profondes et claires, face à une Anna Caterina Antonacci qui reprend son rôle sans réelle personnification, se contentant d’une Carmen « normale » mais toujours parfaitement maîtrisée (et qui, par ailleurs, est mère. Elle a un petit garçon dans cette production, c’est intéressant). La scène de fin demeure par ailleurs l’une des plus inhabituelles, puisque José revient vers Carmen avec une robe de mariée, qu’il lui fera enfiler pendant tout le duo intense de fin, avant de finalement l’étrangler avec la traîne. On a difficilement vu une mort plus « douce » pour une Carmen, et par conséquent plus hypnotique, dans un sens, et cela n’est pas sans ramener la destinée de la bohémienne à celle des femmes qui souffrent de leur mariage ou de n’importe quelle relation amoureuse.

La-mise-a-mort-de-Carmen-a-l-Opera-Bastille

Si on passe sur certains choix de jeux pas forcément des plus judicieux (Escamillo – Ludovic Tézier s’est huer pour l’air du toréador, après tout), intéressons-nous davantage au « message » que cette production soulève, et qui ramène à cette conclusion : au final, Carmen est avant tout ce que l’on imagine. Comme je l’ai dit précédement, je suis quelqu’un de très difficile en ce qui concerne les Carmen, et les deux seules représentations que j’ai vues sur scène en live ne m’ont absolument pas séduite. D’où le fait que le personnage vient avant tout du « fantasme » que l’on en a. Carmen est une libertaire avant l’heure, une héroïne presque masculine (d’où le fait que Maria Callas détestait ce personnage qu’elle a chanté vers la fin de sa vie). Elle peut prendre la figure de femme fatale, de femme-objet, de pur fantasme, d’héroïne traditionnelle ou alors de femme déchue, ordinaire.

Si « toutes les femmes rêvent d’être Carmen » (et « tous les hommes Don Juan ») c’est bien parce qu’elle est aussi le seul type de personnage féminin qui n’est jamais entièrement défini et prend de multiples traits de caractère, tout en revendiquant surtout un désir de liberté et de passion. Cela n’est sans doute pas pour rien qu’elle a inspiré la Garance des Enfants du Paradis (qui jette une rose à Baptiste Debureau, le mime qui la poursuivra comme la chimère de l’amour idéal), qui est, selon Arletty, le plus beau rôle féminin qu’on puisse jamais fournir à une actrice. Tout simplement parce que c’est ce type de personnage qui permet à la fois de passer par toutes les émotions, de la violence à la fragilité en passant à la provocation et à la superbe. Passons les interprètes qui n’en donnent qu’un seul aspect à voir ! Le personnage est infinimement plus complexe, plus profond que cela, à l’instar de Scarpia, Tosca, Violetta, Faust, pour ne citer qu’eux dans le domaine de l’opéra. La popularité de Carmen tient à ses multiples lectures et incarnations, à ses subtilités et ses revirements. Elle est certes loin d’être un idéal féminin, elle reprend plutôt le côté Marie-Madeleine que celui d’Eve ou de Marguerite, bien sûr. Carmen est avant tout l’incarnation de la liberté, de la femme, dans un portait capable de dessiner différentes facettes, mais avant tout celles d’un idéal rêvé, mêlant la liberté et l’amour, selon une volonté qui n’appartient qu’à elle-même, et jamais aux autres ou au destin. Rares sont après tout les héroïnes d’opéra qui provoquent leur propre fin par leur choix, sans finir folles par les évènements extérieurs.  

« Carmen jamais ne cèdera. Libre elle est née, libre elle mourra. »

Pour conclure :


12 réflexions sur “Carmen : de la femme fatale à la figure de liberté (part. 5 – finale)

  1. Hello ma chère Lo !
    Je repasse par cet article, pour souligner encore une fois la magnifique façon que tu as de parler de Carmen et de ses interprètes ! Je suis (très) loin d’avoir tout vu, mais je sors tout récemment du visionnage de la version de Richard Eyre du MET, avec Elina Garanca et Roberto Alagna… et j’ai été bluffée tout simplement. Et je ne sais d’ailleurs pas trop quoi ajouter à ton article sur le sujet, car il me semble que tu as tout dit ! Elina Garanca est magnifique, magnétique, hypnotique, fascinante… Je comprends à présent pleinement l’admiration que tu as pour le personnage, vu par le prisme de cette interprète fantastique. Premièrement elle a une voix superbe, deuxièmement elle est tour à tour dure, enjouée, moqueuse, amoureuse, dédaigneuse… Elle chante, elle danse, elle rit, elle virevolte… Une vraie pile électrique, par rapport à la version de Anna Caterina Antonacci, qui m’avait pourtant semblé déjà très énergique et très nouvelle… Elina Garanca est encore toute autre, quelle énergie, quelle flamme ! Il est clair, que grâce à elle, on ne peut plus, on ne veut plus considérer Carmen comme un personnage monolithique, manipulateur et menteur : elle est tellement plus que ça ! Roberto Alagna de son côté a un répondant extraordinaire face à cette Carmen-ouragan, et on le sent d’ailleurs bien moins vulnérable que Jonas Kaufmann dans la version précédente, dont le Don José était vraiment à prendre en pitié. Alagna est héroïque, passionné et jaloux, mais jamais vraiment pathétique. Il donne à voir dès le départ beaucoup moins de faiblesses, et il en paraît d’autant plus réfléchi, même si cela peut paraître très surprenant, puisqu’il agit la plupart du temps sous le coup d’une impulsion passionnelle. Enfin, c’est plutôt en raison du Don José de Kaufmann, très juvénile, maladroit et immature que cette constatation arrive naturellement. En tout cas, le couple Alagna/Garanca offre une magnifique alchimie ! C’est dit : je suis complètement vendue à la cause de cette version de Carmen… et c’est grâce à toi ! Mille mercis pour cette belle découverte !

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    1. Aaaaah, ma chère Clelie, je suis très contente que tu aies vu cette version, qui est très chère à mon coeur ! Elina Garanca est vraiment, vraiment superbe dans ce rôle…c’est vrai qu’elle fait plus pile électrique, plus enthousiaste qu’Anna Caterina Antonacci, peut-être parce que celle-ci semble davantage manipulatrice et adulte, alors que Garanca est juste très vivante…les deux ont en tout cas une formidable interprétation du rôle, de façon différente ! Hé oui, elle a une part de sincérité, de fraîcheur, même si elle manipule bien son monde aussi. Roberto Alagna a aussi un très bon portrait de Don José…il est plus romantique, plus mature, et cependant il finit par se laisser entraîner par la passion, tout bon garçon qu’il est, alors que Kaufmann fait davantage « boulet » dans son interprétation). Et ils ont une parfaite alchimie ! Il paraît qu’ils remettent le spectacle au MET l’an prochain, mais s’ils le rediffusent, on ne sait pas si ça va tomber sur Garanca/Kaufmann, ou Garanca/Alagna…les deux me plairaient, mais je serais intriguée de voir le premier duo ! Mais j’approuve, il s’agit d’une très belle version, y compris au niveau des danses (je n’ai jamais vu une Carmen autant danser qu’elle) et de la mise en scène…ça vit vraiment, ça ne paraît jamais long ! Je t’en prie ❤

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      1. Mazette !!! Je demanderais aussi à voir le couple Garanca/Kaufmann à l’oeuvre… ! La vivacité de l’une contre la névrose de l’autre, cela risquerait de faire un mélange détonnant… ^_^
        Comme tu le signales, la version vaut tout autant le détour pour sa mise en scène, d’une manière générale, très vivante et sans aucun temps mort, ce qui est en soi déjà une prouesse… !

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      2. Je suis désolée d’être aussi longue à te répondre ces jours-ci !! Oui, ils ont déjà joué ensemble, mais je serai très curieuse de les voir à l’oeuvre, vraiment ^^
        Disons que la prouesse de Carmen, c’est de faire qu’on ne s’ennuie pas au 3e acte, qui est vraiment le temps mort de l’opéra…enfin, je n’ai jamais été passionnée par Micaela, il faut dire ^^

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  2. C’est vrai que le 3e acte est un peu un temps mort (c’est celui que j’aime le moins à vrai dire), mais je l’ai vraiment redécouvert grâce à la mise en scène de Richard Eyre… ! Quant à Micaela, la pauvre ^_^… C’est un peu un rôle ingrat, celui de la gentille fille un peu transparente…
    Quant au délai de réponse, ne t’en fais pas, vraiment… De mon côté, j’ai aussi parfois un peu de mal à tenir des délais raisonnables… ^_^

    Au fait, il faut que je te dise… J’ai été voir Notre-Dame de Paris (en version anglaise), au Luxembourg ce weekend…!!! Ca s’est décidé très vite, car beaucoup de gens pensaient qu’il s’agissait d’une troupe semi-professionnelle… En réalité, c’est en arrivant là-bas que l’on s’est aperçu qu’il s’agissait de la troupe officielle, avec notamment Robert Marien au casting (Jean Valjean version française de 1995), en Frollo… Mon dieu, j’en ai encore des étoiles plein les yeux… Je tâcherai de te raconter tout ça par mail très vite… (et en photos normalement, si mon vieil appareil a fonctionné correctement) …

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    1. Pareil, c’est celui que j’aime le moins, même si dans certaines versions il est pas mal. Pauvre Micaela, c’est vrai qu’elle a un rôle pas du tout mais pas du tout intéressant…sauf quand l’interprète réussit à le rendre intéressant (ce que je n’ai vu qu’une fois pour ma part…)

      Oui, j’ai vu que ça passait au Luxembourg, mais je l’ai appris peut-être hier ou avant-hier….Robert Marien, alala ** Tu as du avoir vraiment des étoiles plein les yeux !! Oui, raconte-moi tout, ça a dû être magique, tout simplement !! Tu as dû passer un vrai moment de rêve là-bas…Les Miz plus Notre-Dame, c’est vraiment parfait !!

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  3. Oui, promis, je te raconterai tout en détail ! ^_^ C’est fou, ils n’ont fait quasiment aucune publicité… On a réservé des places à la dernière minute, pour finalement découvrir sur place (auprès du monsieur de l’équipe technique qui vendait les programmes), que c’était bel et bien la troupe officielle, qui revenait de tournée au Japon. Quand je lui ai dit que je connaissais Robert Marien via les Miz de 95, il m’a dit que je verrais bien que je ne serais pas déçue par son Frollo… Vraiment, ça a été une surprise à tous les points de vue… Je prépare vite mon compte-rendu… ! 😉

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    1. Aaaah oui, je me rappelle maintenant qu’il y avait eu une tournée asiatique, mais je croyais que ça datait déjà…mais ma foi,tant mieux, ça montre que le musical a toujours autant de succès !! J’ai hâte de voir ce que tu vas m’en dire, et puis Robert Marien était déjà superbe, alors ça n’a pas dû changer ^^

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