Les derniers visionnages (juillet 2014)

Avant de les oublier complètement (mais en fait, puisque je tiens encore à en parler un moment après les avoir vus, c’est qu’ils ne s’oublient pas si facilement !) quelques mots sur les films et séries vus ces derniers temps….

Labor-Day-Last-Days-of-Summer-par-Jason-Reitman-poster

Last days of summer : Ou l’histoire en huis-clos, avec un grain de confinement, d’un assassin en cavale qui après s’être enfui de prison, trouve refuge le temps d’un week-end chez une mère et son fils, qui vivent seuls depuis le départ de l’homme de la maison. Si l’histoire n’est pas des plus originales, en demeure une atmosphère étrange, nostalgique et propice aux sentiments. On soupçonne certes la mère de ne plus avoir toute sa tête, puisque son fils s’occupe de la maison et d’elle, mais il s’établit ensuite une relation amoureuse avec le geôlier d’un week-end, plus qu’étrange. Non pas qu’elle est forcée, mais que l’assassin remplit finalement un rôle, un vide qui manquait à cette femme perdue, superbement interprétée par Kate Winslet. C’est sans doute cette relation, vouée à ne vivre que le temps d’un sursis, peut-être salvateur pour les deux, qui donne toute la teinte douce-amère du film. On en ressort avec une ambiance particulière, un goût d’ensoleillement étrange qui marque.

Her-movie-poster

 

Her, s’il appartient toujours au genre du drame romantique, est plus difficile à décrire, à expliquer. Je tiens juste à dire que ça parlera sans doute davantage aux personnes qui en connaissent d’autres, seulement par Internet ou des réseaux sociaux, bref, « virtuellement » comme on dit….En tout cas, ça m’a parlé. Mais pas que pour ça d’ailleurs. Sous des apparences de dystopie douce, le film est marquant sur plusieurs points. Le héros vit dans un futur qui n’est pas si lointain, où les relations réelles existent, mais également les relations virtuelles. On voit dans le film quasiment chaque personne le nez dans une tablette ou sur un portable, des rues étrangement vides ou remplies, avec cependant un drôle de sentiment de solitude. Idem pour les maisons, appartements, étrangement neutres sans ressembler à des chambres d’hôtel, esthétiquement nickels et propres, aseptisés. Au milieu de cet étrange monde, le héros (dont le job est celui d’écrivain public travaillant par informatique, des lettres manuscrites !) décide, par solitude, d’acheter et installer un système informatique ressemblant à de l’intelligence artificielle. C’est ainsi que naît Samantha, celle dont on n’entend jamais que la voix tout au long du film. D’abord une amie, elle lui devient de plus en plus proche, elle en apprend plus sur lui et l’espèce humaine (le web est très pratique pour ça) et ils tombent amoureux l’un de l’autre. Et entament une vraie relation, parsemée de joies comme de disputes, de moments relativement glauques, comme de moments merveilleux. De plus, les gens autour de lui commencent également ces relations d’affections avec d’autres intelligences artificielles, qui communiquent entre elles mais aussi avec d’autres humains que leurs « propriétaires ». Comme des vraies personnes, en somme…je n’en dis pas plus, ne voulant pas spoiler tout le film, mais on n’en ressort pas tout à fait indemne…(et pas que parce que la moustache ne va pas du tout à Joaquin Phoenix…)

Edge_Of_Tomorrow_Blunt_Poster_7_18_13

 Vient ensuite Edge of Tomorrow. Autre film futuriste, blockbuster de l’été, celui-si se démarque pourtant un peu des autres. Ce n’est pas un chef d’oeuvre, loin de là, mais pour une fois qu’un blockbuster ne prend pas les spectateurs pour des idiots en enchaînant juste des scènes d’actions aux effets visuels monstrueux sur un scénario bancal, ça fait du bien. Dans le futur, des aliens, appelés les Mimicks, ont envahi la Terre. Une dernière opération sur les plages de Normandie est lancée pour essayer de terminer la guerre. Un officier lâche (Tom Cruise en contre-emploi, du moins au début) est envoyé contre son gré sur le champ de bataille et meurt en combattant un alien. Le sang de ce dernier peut cependant fusionner avec le sien, et le pouvoir du premier passer dans le second : il se retrouve condamné à vivre la même journée, à moins de ne pas mourir à la toute fin. Il tente donc de changer quelque chose à la guerre, tout en essayant de comprendre ce qui lui arrive…
J’avoue que ce n’est pas le personnage de Tom Cruise que vous retiendrez le plus, mais sans doute celui d’Emily Blunt, un personnage féminin comme on en voit peu dans des films où ces derniers se retrouvent souvent cantonnées à des rôles de femmes faibles/petites amies à prendre en otage/élément sexuel-amoueux/rôle féminin inutile, prenez la mention que vous voulez. C’est vrai que les films présentent peu de protagonistes féminins forts n’ayant pas forcément besoin d’un homme pour avancer ou n’ayant pas besoin de tomber sous la coupe d’un homme à la moitié du film. Ici l’actrice incarne une sorte de soldat d’élite, surnommée « Full Metal Bitch », une super-héroïne connue pour avoir gagné une bataille contre les Mimicks. Femme déterminée par son devoir, sans perdre tout à fait son âme pour autant, c’est comme les blockbusters non idiots : ça fait du bien d’en croiser de temps en temps….
La fin du film demeure très américaine et pas du tout conforme au scénario développé dans l’histoire, mais ça n’en demeure pas moins un bon divertissement, surtout qu’il a fallu répéter des dizaines de fois le même jour en variant les angles de vue pour ne pas lasser le public, et qu’on voit les deux protagonistes mourir…beaucoup de fois.

 

penny-dreadful-poster-2Le dernier de la liste est une série dont j’avais repéré la bande-annonce par hasard. Et que j’ai essayé de regarder par curiosité parce qu’une fois n’est pas coutume, je suis fascinée par la littérature et les héros mythiques du XIXe siècle. Penny Dreadful peut légèrement rappeler La Ligue des Gentlemen extraordinaires et aussi un peu l’ambiance de Sweeney Todd (ne serait-ce que par l’ambiance et l’hommage au Grand Guignol, les pièces horrifiques et sanglantes de l’époque, et les faits divers macabres). Cependant, ça s’en éloigne très vite…la série est de style horrifique, à déconseiller aux âmes trop sensibles donc, et se tisse dans le Londres post-Jack l’Eventreur, à qui il est fait référence presque tout de suite, histoire de donner le ton… ^^ Une jeune femme, Vanessa Ives, en compagne d’un homme plus âgé (joué par Timothy Dalton, alias Rochester !) est en quête d’une certaine Mina disparue depuis des mois, son amie d’enfance. L’homme plus âgé n’est autre que son père…Ici, vous aurez donc reconnu la présence de Mina Harker, car oui, c’est bien elle qui, comme on le devine, est prisonnière de Dracula (bien que son nom ne soit jamais prononcé, je crois). Ca aurait pu suffire comme début d’histoire, mais on peut rajouter la présence d’un mercenaire qui cache une âme plus complexe qu’il n’y paraît, engagé pour rechercher Mina et surtout combattre les vampires ; Vanessa Ives n’est autre qu’une âme que le Diable cherche à posséder pour en faire la mère de l’Antéchrist (pour faire un court résumé) (Eva Green donne un jeu…assez terrible dans le bon sens et elle a dû en baver pour ce tournage, j’avoue que sans son jeu je me demande si la série serait aussi prenante) ; elle engage aussi un certain Victor Frankenstein sur le point de créer un monstre bien connu (en fait, on s’apercevra que c’est son deuxième essai et c’est à partir de là qu’on accroche à la série !). On croise aussi une prostituée (Billie Piper, l’ancienne compagne du Doctor) qui flirte avec notre mercenaire, mais qui a surtout d’abord servi à rencontrer un Dorian Gray dont je n’étais pas fan au début mais qui devient convaincant.
Tout cela ressemble un peu à un pot-pourri (Penny Dreadful est à ce stage un titre parfait, comme le dit un des personnages à un moment – Van Helsing ! : un fait divers morbide, pas assez pour devenir de la littérature, mais assez pour nourrir des mythes urbains et imaginaires), et serait sans doute médiocre sans le jeu des acteurs et l’atmosphère, les costumes soignés ; et pourtant on s’y laisse prendre et on comprend pourquoi au fur et à mesure : parce qu’on s’en fiche pas mal de l’histoire principale somme toute assez banale/bancale. Le plus intéressant, ce sont ces rencontres entre tous ces personnages mythiques et inventés, leurs vies, leurs quêtes, leurs personnalités. C’est encore là que les dialogues sont les plus brillants, par cette alchimie des personnages et part toutes les références à la littérature de l’époque. Assez pour vouloir regarder la saison suivante…


3 réflexions sur “Les derniers visionnages (juillet 2014)

  1. Toutes ces choses me tentent bien… « Her » m’avait interpellé à sa sortie, mais je ne connaissais pas du tout les autres films et séries dont tu parles ici… En lisant ton article, j’ai été voir le trailer de Penny Dreadful, qui m’a l’air effectivement trèèèèès glauque, et c’est peu dire… Oserais-je tenter un visionnage… ? 🙂

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    1. « Her » était très beau, mélancolique et un peu perturbant à la fois. En fait des trois films c’est celui qui mérite sans doute le plus d’être vu… ^^ Par contre Penny Dreadful, oui je l’avoue, c’est un peu sanglant et glauque –> Encore le début « va » mais il y a des scènes de possession qui sont assez lourdes aussi. Tu peux tenter…mais garde à l’esprit que c’est effectivement glauque.
      J’ai bien reçu tes deux mails, mille mercis, et je t’y réponds dès que possible !

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