The Affair (Showtime Series, 2014)

The Affair est une série encore en cours de diffusion, et je ne ferai donc pas d’avis détaillé ou de spoilers dessus. Je l’attendais depuis longtemps, principalement pour voir le jeu de l’actrice Ruth Wilson (qui restera, je crois, ma Jane Eyre préférée) et l’histoire ne paraissait pas totalement inintéressante. Je ne m’attendais seulement nullement à être happée par l’intrigue, le portrait des deux personnages principaux, et surtout la manière de raconter l’histoire. On aborde cette série en croyant s’être trompé de titre : Noah et Alison, les deux protagonistes principaux, subissent des interrogatoires dans un commissariat pour résoudre un meurtre. Si on sait d’emblée qu’aucun d’eux n’est coupable et qu’ils sont là en tant que témoins, on ignore qui a été tué pendant un bon moment, dans quelles circonstances…mais ces deux interrogatoires divisent ainsi chaque épisode en deux parties : une première (le point de vue de Noah, généralement) et ensuite celui d’Alison. Cela divise donc chaque épisode en deux.

On pourrait croire cela répétitif, mais c’est ce qui fait, en vérité, toute l’attente, toute la psychologie et l’originalité de cette série. Alison, simple serveuse native de la ville côtière et Noah, un auteur en vacances avec sa famille, interrogés sur leur vie, révèlent donc au policier « the affair », leur liaison pendant un été de vacances, leur liaison extra-conjugale. Le spectateur n’est pas amené à prendre cela en sympathie de quelque manière que ce soit. Chaque personnage a ses raisons (ou non-raisons) d’entamer cette relation, et chacun donne sa vision. Et alors que ce sont principalement les mêmes moments qui sont retracés (ceux communs ; on a droit aussi à des scènes dans chaque vie séparée d’Alison et Noah) on s’aperçoit de toutes les différences qu’ils mettent tous deux à leur récit, des malentendus, des changements dans les souvenirs. Non par conscience mais par inconscience, parce que leur mémoire n’est pas la même, la perception des souvenirs, non plus. Parce que leur vie, leur passé, est différent. Parce qu’ils gardent des souvenirs différents, et peut-être aura-t-on encore d’autres explications par la suite. Ces versions se complètent et permettent de comprendre les personnages, sans que, je le souligne encore, cela ne soit une apologie de l’adultère. Les conséquences psychologiques en sont aussi évoquées et elles ne sont pas légères, y compris sur leur famille. Mais ce qui frappe, surtout, c’est cette manière de raconter, cette manière donc chacun a sa vérité, son souvenir des choses, et ces soubresauts de pensées, surtout ceux d’Alison, qui permettent de comprendre la dévastation de son personnage féminin, là où Noah semble bien moins intéressant.

Ce sont des répliques qui marquent. Des images. Un générique. Une histoire vécue de deux points de vue. La mer, les vagues omniprésentes, la tristesse, la chaleur fausse d’un été aux allures trompeuses, le sujet qui peut être certes provocateur, l’attente d’un crime dont on ignore la victime et le coupable, le passé d’une ville côtière dont les familles se livrent à des guerres historiques internes, la déchéance d’un endroit historique en un touristique. Il émane de cette série une étrange mélancolie, parfois un mal de vivre latent, une ombre qui semble planer dedans et en-dehors des personnages, créer des gestes et des mots inhérents à eux et pourtant évitables. Le jeu de Ruth Wilson qui vaut à lui seul le détour. Des vagues qui vont et viennent. Le générique, reflète, en cela, cette ambiance étrange et brumeuse, de personnages hantés par leurs vies et leurs secrets, et d’une ville au bord de mer secouée de conflits politiques et familiaux. Par les vagues. Les vagues se retirant et revenant sur la plage, avec ces insolites références à Peter Pan. Comme une étrange fatalité. Si la série tient ses promesses, on peut être sûr qu’elle marquera les esprits. (Veuillez noter que les citations étant sans leur contexte, aucune n’est vraiment reliée au thème de l’adultère, mais au passé des personnages.)

Noah : And I don’t know what happened there. But I’m gonna be clear. Nothing is easy with you. And no matters the darkness you think you hide, it’s written on your fucking face. And you know what ? I like that.

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Alison : I thought it was nearly bad to be happy.

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Alison : I liked the place for the lighthouse. Because there waves seemed angrier then than me.

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Alison : I’m not that fresh girl that will make you happier once the summer is gone. I’m not that girl. And I will save you from nothing. You’ll regret to having met me.

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Alison : You wouldn’t understand.
Noah : Try to explain to me, now.
Alison : I can’t.
Noah : Try to explain to me, that…
Alison : I don’t fucking care about what happens to me ! Don’t you get it ? I don’t fucking care about live or die or going to jail or space, I don’t give a sh-… (She stops, breathing in emptiness.) I can’t do either. We have the ranch to sustain.
Noah : Do you think…me being with you is by accident ? This a choice. This is a choice.

Alison : You know that and now…What do you see when you look at me ?
Noah : What do you think I see ?
Alison : Death.

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Alison : I felt I had to be strong for them. Because if they knew my real thoughts, they would have been terrified of myself.


2 réflexions sur “The Affair (Showtime Series, 2014)

  1. Eh bien, voilà bien une présentation très intrigante, pour une série qui le semble tout autant ! Cela donne réellement très envie… Quant à Ruth Wilson, c’est une actrice vraiment extraordinaire, que j’avais vue dans Small Island (très belle et excellente série elle aussi, made in BBC) ou encore dans la mini-série Jane Eyre de 2006. Je suis vraiment curieuse de la voir dans ce registre très inattendu !

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    1. J’ai vu le septième épisode aujourd’hui, je maintiens toujours mon avis, c’est une série très intrigante ! Je te la conseille si tu as l’occasion. Je n’ai pas vu Small Island mais je prends la référence, je cherche vraiment à savoir ce qu’a fait cette actrice dans sa carrière, mai à part Jane Eyre, elle reste malgré tout inconnue. Ca reste vraiment la Jane que je préfère…je te souhaite un bon visionnage si tu tentes, en tout cas !

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