Régression | Alejandro Amenabar, 2015

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Régression est le sixième long-métrage d’Alejandro Amenabar. Le réalisateur hispanique a réussi à imposer une patte particulière, notamment avec Les Autres, un film-thriller horrifique percutant et qui a été un grand succès. De Tesis, son premier film, au dernier Regression, il s’est également distingué par les ambiances différentes qui ressortent de chacun de ses films, et de la diversité de ses thématiques. Ainsi, Tesis était un mélange de film étudiant, d’horreur, d’enquête, portant sur les snuff movies. Abre los ojos (Ouvre les yeux) flirtait complètement avec les frontières du rêve et de la réalité, plongeant le spectateur de rebondissement en rebondissement, à se demander frénétiquement ce qui se passait réellement. Les Autres était encore dans un autre style, les histoires de fantôme horrifiques comme seuls les Espagnols en font. Si je n’ai pas vu Mar Adentro – sur un homme prisonnier de son corps immobile – Agora se démarquait encore en étant un film historique sur les trois grandes religions monothéistes, à Alexandrie, et était très dur à voir au cinéma.

Régression se place dans un autre contexte, et encore un autre genre, quoique familier avec l’univers du réalisateur. L’histoire se place en 1990, où une jeune fille (Emma Watson) dénonce les abus sexuels qu’elle a subis, au nom d’une secte satanique, de son propre père. Père qui avoue, sans se souvenir de ses actes. L’inspecteur de police (Ethan Hawke) dédié à l’affaire fait alors appel à un psychologue (David Thewlis) pour éclaircir les faits. S’ensuit alors pour le père une thérapie de « régression », une hypnose permettant de retrouver la vérité dans les souvenirs, et savoir ce qui a réellement eu lieu…

Semi-enquête policière, semi-film d’horreur, Amenabar ramène encore là ses sujets favoris : la distorsion entre rêve et réalité, le trouble des différences de perceptions et de points de vue, ainsi qu’un côté fantastique léger, prompt à faire sursauter ou à semer le doute dans l’esprit du spectateur. Bien entendu, je ne dirai pas la fin, car, comme les Autres ou Abre los ojos, cela gâcherait tout le plaisir de visionnage.

Toutefois, même si le film en lui-même est appliqué, empli d’une tension et d’une noirceur respectables, il est nettement moins prenant que les autres œuvres du réalisateur. Peut-être parce qu’on commence à connaître le style d’Amenabar, malgré le bon jeu des acteurs, le film convainc moins, et se révèle parfois même attendu dans ses rebondissements. Le réalisateur préfère les atmosphères lourdes et semer le trouble, que de recourir à des effets de suspense vus et revus, sans que cela ne suffise à faire plonger complètement dans cet univers. La mise en scène est propre et efficace, peut-être trop conventionnelle. Ainsi, on devine la fin, ou du moins est-elle vite prévisible. Si le film parvient à jouer avec les nerfs pendant un moment, la conclusion finale amoindrit l’ensemble et en fait se sentir plus distant  que dans ses autres films, notamment pour l’attachement aux personnages.

Régression Amenabar


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