Lectures d’avril 2017

Pour reprendre un journal de lectures, bonnes ou mauvaises, comme j’en avais fait à un moment, car je me rends compte que je peux « oublier » assez vite ce que j’ai lu au cours des derniers mois…

D'après une histoire vraie, Delphine de ViganD’après une histoire vraie – Delphine de Vigan, 2016

Le topo : Une narratrice en quête de son prochain roman à écrire, rencontre une femme qui se fait passer pour une ancienne camarade de classe. L’amitié naissante entre les deux se révèle vite troublante : la femme connaît tout de la vie de la narratrice, commence à prendre en charge son existence, la faisant tomber dans un piège pervers d’usurpation d’identité.

Le résultat : Il s’agit d’un roman à la sauce de l’autofiction, genre littéraire très français que je n’aime pas du tout. Autant l’histoire est intéressante, bien écrite et plutôt bien menée, autant l’héroïne et son antagoniste n’attirent ni sympathie, ni empathie. Je n’ai jamais apprécié cette manie qu’ont les auteurs français d’écrire une fiction à la première personne du singulier tout en refusant de dire si ce je est autobiographique ou purement fictionnel, en rajoutant ensuite des tas de détails sur les quartiers de Paris, les derniers repas mangés à tel endroit et tels films vus à tel cinéma. Pour moi, cela correspond toujours à des autobiographies non avouées, un peu vaniteuses, car dissimulées. On a cependant une réflexion intéressante sur l’écriture, sur ce qu’on met de soi à l’intérieur d’un texte, et un suspens très bien mené.

Des fleurs pour Algernon, Daniel KeyesDes fleurs pour Algernon (nouvelle originelle et autobiographie) – Daniel Keyes, 1959 et 2000

Le topo : Un simple d’esprit, Charlie, participe de son plein gré à une expérience scientifique pour devenir plus intelligent. L’opération réussit avec succès, avec tous les changements mentaux que cela implique pour Charlie. Mais les effets de la même expérience, sur une souris nommée Algernon, montre que cette intelligence n’est que temporaire.

Le résultat : La nouvelle originelle Des fleurs pour Algernon a été écrite sept ans avant le roman du même nom que beaucoup connaissent. Sous cette forme courte, le récit est certes percutant et bien plus direct, mais je préfère sans aucun regret le roman, bien plus élaboré, aux thèmes plus approfondis et travaillés, qui remue vraiment les tripes et fait réfléchir. Quant à l’autobiographie de Keyes, plus que sa vie, il raconte les circonstances l’ayant mené à l’écriture et à celle de ce roman en particulier, ce qui est plutôt intéressant, d’autant qu’il ne pose aucun jugement à rebours sur son parcours.

Léon Morin, prêtre, Béatrice BeckLéon Morin, prêtre – Béatrix Beck, 1952

Le topo : Durant l’occupation, une jeune femme rencontre le prêtre d’une église qu’elle n’a jamais fréquenté. S’ensuit entre les deux une relation empreinte de débats, de discussions, de piques et de répliques parfois peu catholiques.

Le résultat : La confrontation entre ces deux esprits indépendants et rebelles à leur manière est assez intéressante et plaisante à lire. On se demande parfois lequel est le moins catholique entre le prêtre et l’agnostique, tant Léon Morin semble avoir réponse à tout en mêlant science, religion et valeurs de vie, ainsi que critiques violentes sur l’occupation et sur le comportement des habitants face aux Allemands. Ces débats mènent à une fin assez ambiguë sur son message final. Malgré tout, ce roman est juste une lecture sans plus pour moi, Goncourt ou pas.

Vous parler de ça, Laurie Halse AndersonVous parler de ça – Laurie Halse Anderson, 1998

Le topo : Une jeune fille ne parle plus depuis un événement mystérieux arrivé pendant l’été. Le livre raconte son choc émotionnel et la remontée vers une vie plus paisible, durant toute une année scolaire.

Le résultat : Il s’agit là d’un beau roman, en multiples nuances et avec une écriture fluide, agréable, et qui arrive pourtant à mettre des mots sur les souffrances de son héroïne, à montrer comment elle revient à une vie plus heureuse en passant par des périodes de désespoir, de mélancolie et de recherche d’elle-même. L’empathie fonctionne avec la narration à la première personne et les pensées de l’héroïne, proches de toutes celles des adolescents de son âge. L’histoire n’est pas sans évoquer celle de 13 Reasons Why, par ailleurs. Une belle lecture, même si je n’y ai pas totalement adhéré.

Notre-Dame aux Ecailles, Mélanie FaziNotre-Dame aux Écailles – Mélanie Fazi, 2008

Le topo : Plusieurs nouvelles fantastiques et psychologiques à la fois. Un voleur de soupirs à Venise, une musique insufflant la création artistique de façon hypnotique, la rencontre de deux humains mêlés de loup, un train de nuit pour ceux qui fuient la douleur…

Le résultat : De très belles nouvelles, marquantes et différentes à leur manière propre, qui laissent parfois songeur, mais qui interpellent en tout cas. Le tout servi par une écriture poétique et empreinte de nombreuses images et évocations, sans jamais de clichés ni de situations par trop familières du fantastique. C’est là un superbe recueil de nouvelles qui vaut le détour, si on est amateur de textes un peu étranges et oniriques.


Sa Majesté des Mouches, William GoldingSa Majesté des Mouches
– William Golding, 1954

Le topo : Un avion s’écrase sur une île déserte. Les seuls survivants sont des garçons britanniques. Ils commencent à s’organiser pour leur survie, en attendant les secours, mais bien vite des scissions naissent entre eux, l’éducation laissant place à la sauvagerie, la civilisation, au chaos.

Le résultat : Ce roman jeunesse est connu pour avoir laissé une grande influence dans la littérature, mais aussi le cinéma ou les séries (le synopsis évoque bien celui de Lost, après tout, qui fait d’ailleurs des références à ce livre). Je ne l’ai pas apprécié autant que je l’aurais pu, n’étant pas dans l’humeur pour lire ce récit en particulier. Mais ce roman fait parfois un peu froid dans le dos en laissant voir à quel point le vernis sophistiqué de l’éducation laisse vite place à l’état sauvage, en-dehors de toute ville civilisée. Chaque personnage représente un symbole, de la république à la guerre, en passant par la cruauté, l’intelligence ou la clairvoyance, ce qui rajoute une dimension supplémentaire à la lecture. Le roman montre ainsi vite comment la nature de l’homme peut se révéler bienfaisante ou cruelle dès qu’il s’agit de survie.


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