Lectures de mai 2017

 Je m’appelle Mina – David Almond, 2010

Le topo : Un journal de la vie de Mina, une petite fille qui a préféré faire l’école à la maison, qui a perdu son père, qui préfère la nature à la ville. Une fillette qui a toutefois un étrange attrait pour la conception des enfers. En tenant son journal, elle fait partager son quotidien et ses intérêts, par la forme de jeux de langage, de défis d’écriture et de calligrammes.

Le résultat : David Almond était l’un des auteurs favoris de mon enfance, et sans forcément continuer à le lire, je garde un œil sur ce qu’il a écrit depuis que j’ai arrêté de le lire. Je m’appelle Mina, c’est le prologue à son premier roman pour la jeunesse, Skellig, un « ange » qui tombe sur terre et qui est secouru par deux enfants, dont Mina. Alors si je ne me suis pas étonnée de retrouver le personnage de Mina et certains thèmes (la compréhension de la nature, la nuit en monde mystérieux et parfois morbide, l’incapacité de s’adapter à l’école ou à la société), je reconnais que la lecture m’a laissée relativement indifférente. Certes, le roman est beaucoup moins enfantin qu’il n’y paraît puisqu’il aborde le deuil, s’amuse à jouer avec le lecteur ou critique les normes de la société dans lesquels certains ne peuvent pas se retrouver. Il est original graphiquement puisque la mise en forme du texte suit les fantaisies de Mina. Mais j’y ai été moins sensible que je ne l’étais à la poésie de David Almond ado, et c’est sans doute tout à fait normal.

The Wicked + The Divine, tome 2 – Kieron Gillen (version française), 2017

Le topo : Douze dieux se réincarnent en des jeunes gens destinés à être des pop stars, afin de transmettre leur art et un certain éveil à la conscience sur Terre. Une humaine du nom de Laura enquête sur eux, en même temps que les dieux commencent à être tués les uns après les autres…

Le résultat : Pour ceux qui ont apprécié le tome 1, le tome 2 sera sûrement tout aussi plaisant. Si l’histoire souffre malgré tout de quelques retournements de situation prévisibles, qu’on aurait aimé voir plus originaux, l’esprit du comics est fidèle à lui-même. Il fait dans la diversité des dieux, des origines et des genres, tout en critiquant de nouveau l’aspect télé-réalité des stars d’aujourd’hui ou le culte voué à des artistes. Et évidemment, tout est sous le jeu des apparences… il est aussi bienvenu de croiser une déesse qui elle, se montre extrêmement cynique et ne cherche à transcender l’humanité qu’en lui montrant l’absurdité de la vie, et non en faisant miroiter des illusions et la gloire. La traduction me semble également meilleure que pour le premier tome.

Le cirque des rêves – Erin Morgenstern, 2012

Le topo : Ce roman jeunesse présente l’affrontement de deux apprentis illusionnistes, l’un ne sachant pas qui est l’autre. Mais cet affrontement s’étale sur des années, et prend place au sein du Cirque des rêves, un lieu où règnent le noir et le blanc, qui n’est ouvert que la nuit, qui présente des artistes hors normes et qui se déplace mystérieusement d’une ville à l’autre. Alternant passé et présent, l’histoire nous mène peu à peu à l’affrontement entre Célia et Marco, en croisant au passage le destin des autres membres du cirque, et de ses spectateurs…

Le résultat : C’est un roman dense, qui nous emmène là où il veut sans nous dévoiler les fils de l’histoire tout de suite, seulement par touches successives. Ainsi, il entretient le mystère, la magie évidemment, et un peu de poésie. Il est très intéressant d’avoir tantôt les points de vue de Célia sur le Cirque des Rêves, qui conçoit des attractions de plus en plus intrigantes, mais aussi d’autres personnages qui en font partie ou qui sont fascinés par ce cirque itinérant. Évidemment, les deux adversaires finiront par tomber amoureux l’un de l’autre, rendant l’affrontement plus difficile, mais pas impossible, d’autant qu’il dure depuis bien avant leur naissance… En soi, c’est beau roman dont l’histoire n’est pas dénuée d’intérêt et assez subtilement écrit, même si encore une fois, il ne m’a pas touchée plus que cela, et j’ai mis longtemps à finir de le lire.

Le jardin des silences – Mélanie Fazi, 2014

Le topo : Des nouvelles fantastiques et finement écrites. Une réécriture du conte des frères-cygnes d’Andersen ; une route qui disparaît sous la brume pour révéler une autre route, pour réunir un père et une fille ; un rituel de naissance qui se mêle à des cadeaux donnés par des corneilles à Noël ; un reflet de glace malfaisant qui prend possession de la vie de son propriétaire…

Le résultat : Encore une fois, les nouvelles de Mélanie Fazi sont très bien écrites, dans un style précis et poétique, qui convoque autant le fantastique que la psychologie. Elle a l’art de faire transparaître nombre d’émotions de l’âme humaine, de résoudre des situations entre ses personnages par un élément fantastique, de créer de très belles atmosphères dans chacune de ses nouvelles et d’en laisser des images persistantes. Elle y évoque aussi l’inconscient, la façon dont le fantastique, souvent symbolique, peut être le remède au mal-être de ses personnages, ou une étape de leur vie, une transition pour aller de l’avant et évoluer. Ce recueil est fascinant, et simplement une petite merveille du fantastique français.

Resident Evil : Des zombies et des hommes – Nicolas Courcier, Bruno Provezza, Medhi El Kanafi, 2015

Le topo : Un ouvrage retraçant la création de la série de jeux vidéos Resident Evil, la genèse de chaque opus, l’histoire des jeux, tout en passant par le contexte culturel et économique dans lequel a été créée la série. Il s’attarde également sur la révolution technique des jeux à leur sortie ou l’importance de leur bande-son.

Le résultat : Pour qui veut en savoir un peu sur l’une des plus célèbres licences de l’histoire du jeu vidéo, ce livre est certainement parfait. Il propose des axes de lecture sur tous les aspects majeurs de cette franchise, tout en s’attardent sur son histoire fictionnelle. Assez objectif, il retrace aussi bien les avancées proposées par Resident Evil que les aspects moins positifs de la licence, tout en parlant également de son aspect commercial, avec notamment les films. On découvrira également des chapitres consacrés à la musique des jeux, ou à ses influences et inspirations cinématographiques pour la figure du zombie. Le tout porté par un style très clair et fluide, qui rend l’ouvrage passionnant à lire, même pour qui n’a pas joué aux jeux. Le livre étant sorti avant Resident Evil 7, il n’en est pas fait mention.


2 réflexions sur “Lectures de mai 2017

  1. Pour Resident Evil, il me semble qu’il y a des romans pas mal écrits qui reprennent les histoires des jeux, ou en tout cas les premiers. Bon, après, j’en avais lu quelques uns en primaire ou au collège, donc ça remonte.

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