Tomb Raider : The Definitive Edition (2014)

   I. La renaissance d’une aventurière…

Tomb Raider fait partie des tout premiers jeux vidéos auxquels j’ai pu jouer, et pour de nombreuses raisons (dont de vieilles fanfictions dans cet univers qui ont aidé à déclencher mon goût pour l’écriture) je n’aurais donc pu passer à côté du dernier reboot de la série. Celle-ci a après tout marqué l’histoire du jeu vidéo, et j’ai une affection toute particulière pour son héroïne.

Dans ce reboot de la série (n’ayant aucun lien avec la première série TR1-TR6, Legend et Underworld), Lara a 21 ans et part sur l’Endurance, un navire d’exploration, pour retrouver le royaume perdu d’une reine solaire japonaise. Mais au sein des ces îles au sud du Japon, le navire est pris dans de violentes tempêtes : elle se retrouve naufragée sur la plage. Elle devra alors non seulement retrouver son équipage, composé d’amis et de collègues, mais aussi survivre en milieu hostile, et affronter une secte dédiée à la fameuse reine solaire.

Tomb Raider : The Definitive Edition permet donc de se plonger dans les toutes jeunes années de Lara Croft, à peine adulte, et de la trouver en pleine crise de conscience : la jeune femme est au départ déterminée à ne pas suivre les traces de son père, et s’interroge notamment sur la disparition de celui-ci. Mais l’aventure qu’elle traverse, où elle se sert des entraînements physiques et moraux exigés par son paternel, la fait définitivement changer d’avis sur la question, et la rend décidée à reprendre de façon honorable le nom des Croft.

Ainsi, Lara est pour cet épisode, une jeune femme encore perdue et relativement vulnérable, qui apprend peu à peu à survivre, et s’endurcit au fur et à mesure de ces épreuves. Celles-ci sont nombreuses, entre le sacrifice de membres de son équipage, le face à face avec une secte fanatique, sa progression dans une île entourée de surnaturel, les premiers meurtres qu’elle doit commettre, sans oublier l’hostilité de la nature à laquelle elle est confrontée. A vrai dire, les épreuves qu’elle surpasse sont nombreuses, et entre tous les affrontements, coups, chutes, blessures, qu’elle traverse, on peut dire que la jeune femme morfle beaucoup au cours de l’histoire – y compris en voyant disparaître certains autres personnages secondaires.

II. …et d’une série de jeux d’action et d’aventure

On retrouve donc, au final, les différents éléments qui composent l’essence de Tomb Raider : les ennemis, humains ou animaux, le chemin fait dans des paysages mystérieux, magnifiques et très variés. On sent une véritable immersion entre les différentes zones de l’île, qui vont d’une plage aux épaves nombreuses, à une falaise enneigée, une forêt sombre et dense, des villages et bidonvilles de montagnes, ou encore des tombeaux secrets à explorer et où résoudre des énigmes s’avère vital pour en récupérer les trésors. Le joueur est libre d’explorer chaque zone à sa guise pour collecter des objets, des secrets et relever des petits défis (brûler les drapeaux de la secte, allumer toutes les statues de divinités, etc.) qui permettent d’acquérir expérience et matériaux pour améliorer ses armes. On peut ensuite revenir en arrière par l’intermédiaire des feux de camps, nos points-clés de sauvegardes.

Celles-ci sont d’ailleurs parfois très connues, entre le fusil à pompe, le fusil et le pistolet (on trouvera une référence aux fameux doubles pistolets de Lara au cours du jeu) mais surtout, nouveauté, un arc, la première arme disponible, et ce n’est pas si désagréable que de pouvoir ainsi partir à l’aventure avec cet arc assez fun à manipuler, et une torche enflammée. On peut d’ailleurs choisir entre l’infiltration ou l’affrontement directement, lors des batailles. Globalement, le jeu se divise, à la manière de Uncharted 4, entre exploration, énigmes dans les tombeaux, escalades, cinématiques et combats. Si ce n’est que j’ai trouvé les paysages bien plus immersifs, sans doute grâce aux petites quêtes annexes à connotation RPG, et au fait qu’on peut davantage interagir avec les décors autour, et y trouver des animaux. On peut voir des feuilles d’arbre frémir, observer le souffle du vent, les mouvements des vagues, ou encore admirer les zones baignées de soleil, avec un certain émerveillement. Ce n’est pas aussi « vide » que dans le monde de Nathan Drake, bien que Tomb Raider : The Definitive Edition soit aussi un monde semi-ouvert. La linéarité n’y est peut-être pas aussi visible, voilà tout. Mais j’ai éprouvé un réel plaisir à me balader dans ces différentes zones, à remplir tous les défis et à explorer chaque recoin, d’autant que les détails sont bluffants et que les décors sont magnifiques à regarder.

III. Rise and fall of the Tomb Raider

Toutefois, il n’en demeure pas moins que je ressors quelque peu mitigée du jeu. Certes, j’ai eu grand plaisir à me plonger dans cette aventure, à explorer l’île très Lostienne dans ses aspects surnaturels, à découvrir les différentes péripéties. Sans m’aventurer à une comparaison Uncharted/Tomb Raider et en mettant de côté ma nostalgie des jeux Tomb Raider, il faut avouer que ce jeu n’est pas une renaissance totale de la série. Les paysages sont magnifiques, Lara est extrêmement bien détaillée et a des expressions faciales particulièrement justes et soignées. Le système des différentes phases du jeu est bien équilibré (même si certaines batailles donnent du fil à retordre et qu’on galère parfois à se diriger par le bon chemin vers une nouvelle zone). La musique et les sons (craquements, cris d’animaux, murmures d’ennemis, sons des flammes) sont eux aussi bien rendus et permettent encore plus l’immersion dans cette île sombre, parfois glauque dans son ambiance.

Certains passages sont aussi impressionnants, notamment au-dessus d’un certain vide ou dans des zones un peu claustrophobes. Les paysages sont véritablement superbes, autant que les effets de lumière et les différentes conditions climatiques, extrêmement bien rendues. Un détail, mais amusant, la possibilité de changer les tenues de Lara au cours du jeu (vive celle aviatrice).

Mais le côté énigmes manque, à ce jeu. En tant que joueuse qui galère toujours avec les énigmes, et qui, je l’avoue, perd facilement patience et va voir les solutions sur Internet, j’ai trouvé qu’elles étaient trop faciles, simplement, et trop peu présentes car uniquement dans les tombeaux secrets qui ne sont en aucun cas obligatoires pour le déroulement de l’histoire. S’il est intéressant de découvrir des aspects de l’île en ramassant des reliques ici et là, il faut admettre que le scénario est assez bien présenté, mais sans réelles surprises ni rebondissements faramineux, et la narration aurait peut-être pu être bien meilleure, avec davantage de finesse. En somme, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard, de même que les personnages secondaires sont inintéressants, et notre méchant de l’histoire, guère charismatique ou effrayant. On est bien centré sur Lara et son évolution, ce qui n’est pas un défaut – la fin du jeu nous indique « A survivor is born » et c’est son histoire, après tout. Mais au détriment des autres personnages peu profonds, et parfois avec un peu de maladresse.

Pour Lara, je l’ai sans doute déjà dit dans mon top 10 des jeux vidéos, mais on ne retrouvera jamais la femme indépendante et classe des premiers Tomb Raider. Certes, Lara est jeune, ici, elle a un côté geek de l’archéologie assez sympa, et elle a au final beaucoup de courage, mais pas mal de ses dialogues m’ont agacée par sa tendance à se plaindre. De plus, reprendre le leitmotiv de la « quête autour de la disparation de ses parents » (déjà présent dans Legend et Underworld) est aussi répétitif, même si le sujet a l’avantage d’être universel. Certes, elle fait son apprentissage de la vie et de l’endurance, et du métier d’archéologue. Enfin, au vu de toutes les épreuves qui la font morfler avec un peu trop d’outrance, à un degré de masochisme assez saisissant, n’importe quelle personne sensée fuirait les tombeaux après cette aventure.

IV. Conclusion

Malgré ses défauts, qui se trouvent surtout au niveau scénaristique et de la construction des personnages, Tomb Raider : The Definitive Edition est tout de même un jeu très plaisant à faire, dépaysant, et parfait pour ceux qui ont envie d’explorer une île aux secrets bien mystérieux. Pour moi, la vraie force de ce jeu est dans ses décors, ses détails visuels ahurissants, ses zones à explorer, et les aventures parsemées de petits défis. Un jeu d’aventures, après tout, même si le portait dressé de Lara est quelque peu mitigé. Je ne manquerai malgré tout pas de faire, à l’avenir, la suite, Rise of the Tomb Raider, et puis d’aller jeter un coup d’oeil au film adaptant le jeu, sorti cette semaine.


6 réflexions sur “Tomb Raider : The Definitive Edition (2014)

  1. J’ai d’abord cru que tu parlais du film, justement ^^,

    J’adore tes articles jeux vidéos, ils parviennent toujours à mettre parfaitement dans l’ambiance, et je trouve que ton écriture y brille particulièrement !

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  2. Très bon article JV, même si le jeu commence à dater ! Je pense que tu préféreras ce premier épisode du reboot, Rise of the Tomb Raider est moins époustouflant sur le plan des décors (sauf si tu aimes la neige), le scénario légèrement moins bon que Tomb Raider et les combats un peu plus faciles ! Reste qu’il faut que tu le fasses, continue sur ta lancée !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci ! Oui, effectivement le jeu date…je n’avais pas vraiment de moyen d’y jouer avant d’avoir une PS4, du coup, je rattrape mon retard !
      Ah, ça augure mal pour le second épisode, déjà que le scénario du premier n’est pas non plus trop brillant, pour les combats, ça peut encore passer. Et surtout dommage pour les décors, je trouve que pour le coup, ceux du premier jeu sont vraiment magnifiques. Mais en effet, ça ne m’empêchera pas de faire Rise of the Tomb Raider. Merci pour ton commentaire !

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  3. J’avais fait le tout début de ce jeu, sur PC, mais j’y ai trop peu joué pour en garder de vrais souvenirs. Cela fait partie des sagas qui m’intriguent, même si je gage que – tout en passant un bon moment – je l’oublierai aussi vite que Uncharted. Les jeux sans mondes ouverts, et avec des personnages moins fouillés, commencent à ramer, de nos jours, face à la concurrence. Mais je suppose qu’ils gardent leur public, peut-être simplement plus jeune et plus masculin. Ou anti-rpgs.

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    1. C’est un peu la même sensation que devant Uncharted, en effet, la nostalgie/retrouvaille en plus, pour moi. Et c’est clair que l’aspect psychologie du perso en prend un coup, même si le jeu est agréable à prendre en main et fait peut-être certes office de défouloir niveau batailles. Mais ça perd son charme, bien qu’ils aient de l’intérêt, et en revanche, rien d’inoubliable.

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