Claire : Extended Cut (2016, PS4)

Claire : Extended Cut est un petit jeu de survival horror en 2D, pensé pour PC en 2014, puis ensuite transposé sur PS4 dans une édition un peu plus longue. Et évidemment, je ne résiste jamais à l’occasion de tester un jeu d’horreur…

Le jeu vidéo débute avec une situation bien connue pour le genre : Claire, enfant, dans sa chambre, se retrouve assaillie par un monstre. Malgré ses appels à l’aide, ses parents ne viennent pas… et finalement, il s’avère que cette situation angoissante n’est qu’un rêve. Notre héroïne, jeune adulte, s’était en vérité endormie à l’hôpital, sur le fauteuil de la chambre occupée par sa mère, gravement malade et silencieuse. Mais quand Claire décide d’aller prendre un café, l’hôpital bascule dans une dimension glauque, envahie de monstres, et vidée de tout être vivant. A elle de trouver son chemin dans ce labyrinthe de couloirs, et de fuir les lieux.

Il est évident que Claire est un petit jeu-hommage au genre horrifique sur consoles. L’ambiance, les thèmes, la façon de basculer dans des réalités alternées, le système de carte pour s’orienter, la possibilité de plusieurs fins, rappellent Silent Hill entre autres. On croise également plusieurs références à ce type de jeux : les énigmes permettent d’avancer dans l’histoire ou d’obtenir des objets, les rares âmes esseulées positives que l’on rencontre nous demandent de les aider, et Claire retrouve aussi son chien d’enfance, Anubis, qui l’accompagnera pendant une grande partie du jeu (une idée présente dans Haunting Ground). De même, le côté 2D, les monstres à fuir (puisque Claire n’a qu’une torche et un briquet en guise de défense) en passant dans une autre pièce ou un placard, font penser à Clock Tower.

La santé de Claire dépend également d’une barre de « frayeur » qui, trop remplie, la fera mourir de peur. Même les points de sauvegarde, disséminés ici et là, font office de « pièce de sûreté » à la manière de Resident Evil. Et cet hommage aux différents titres et aspects du genre horrifique des années 90/2000 est parfaitement maîtrisé, jusque dans la mise en scène, les jeux de lumière et d’ombre, les décors glauques, visqueux, emplis d’ombres et d’objets étranges ; ils changent aussi d’apparence en passant une porte. Toutefois, justement à cause de l’effet 2D, il est sûrement plus angoissant que véritablement effrayant, même si la bande-son fait aussi tout pour nous mettre dans l’ambiance.

Également, l’atmosphère du jeu peut s’appuyer aussi sur un autre élément de grande importance : son scénario. Si je ne me suis pas particulièrement attachée à Claire, son histoire est tout de même marquante, précisément parce que les scénaristes du jeu ont choisi l’implicite et les non-dits pour donner un scénario embrouillé. En naviguant entre présent, passé et souvenirs, l’histoire s’éclaircit peu à peu, tout en nous demandant de chercher à comprendre. Claire a une famille disloquée : sa mère est malade et muette, son père a disparu depuis bien longtemps, son petit frère est mort. Les circonstances de cette déchirure sont expliquées au fur et à mesure, de façon assez mature et poignante, avec également quelques choix de dialogues à faire déterminants pour la fin. Sans spoiler pour autant, les thèmes majeurs sont la perte, le deuil, la culpabilité, le suicide et la rédemption. Inutile de dire que la quête de Claire dans un univers effrayant, n’est qu’un reflet de ses démons intérieurs et de la vie qu’elle a vécu.

Toutefois, Claire : Extended Cut n’est pas sans défauts, en dépit d’une atmosphère et d’un scénario maîtrisés. Le jeu est entièrement en anglais, ce qui fait certes réviser, mais n’aide pas toujours à la compréhension du scénario (j’ai moi-même dû faire quelques recherches pour achever de démêler les fils de l’histoire). Sur PS4, un gros bug non corrigé apparaît en rechargeant la partie : on passe du mode normal au mode….cauchemar, sans possibilité de revenir en arrière, à part en recommençant la partie et en faisant donc tout d’affilée. Le mode cauchemar n’est pas infaisable, puisque j’ai fini le jeu ainsi, mais il gâche indubitablement le plaisir de découvrir le jeu et tous les détails du scénario. Les monstres sont plus nombreux et tuent Claire plus facilement : je n’ai donc pas du tout visité les trois « mondes » à fond (Hôpital, École, Appartements) en fouillant chaque pièce et en aidant tous les PNJ, lassée de me faire tuer.

De plus, comme on ne peut que fuir contre les monstres, le boss du jeu (une sorte de Slenderman) se révèle difficile à esquiver si on ne va pas assez vite. Ce qui donne rapidement des fuites effrénées au hasard, menant à se perdre au sein des portes et couloirs 2D, avec une carte hélas peu claire (le jeu de mots était facile) et qui n’aide pas à savoir vers où se diriger. Certes, c’est aussi le charme et la difficulté des jeux plus anciens. Si la présence d’Anubis est sympathique, elle ne sert pas honnêtement à grand-chose en termes de gameplay, et certains objets sont difficiles à utiliser. Ainsi, pendant les trois quarts du jeu, je me demandais où enfin trouver cette satanée lampe-torche…avant de comprendre qu’elle était dans mon inventaire depuis un bon moment ; et la façon de l’utiliser est loin d’être pratique. Enfin, si la 2D a son charme, elle laisse aussi un écran finalement petit et sombre, pour laisser apprécier tous les détails des décors.

En dépit de ces défauts qui gâchent un peu le plaisir du jeu, Claire : Extended Cut est un bon petit jeu de survival-horror, avec un scénario qui amène à réfléchir, et surtout un bel hommage à ce genre et à son âge d’or. S’il est court (3-4h), la possibilité de plusieurs fins et donc d’y rejouer, demeure, y compris pour mieux comprendre le scénario. A condition de quand même maîtriser l’anglais…

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2 réflexions sur “Claire : Extended Cut (2016, PS4)

  1. J’ai pas compris, c’est un jeu de 2016 faussement rétro ou un remake d’un vieux jeu ? Je ne connaissais pas du tout, même s’il faut admettre que je regarde peu ce qu’il sort du côté horreur-2D-en anglais. L’avantage c’est que ta critique me permet de me faire une idée de l’histoire et de l’ambiance.

    Aimé par 1 personne

    1. Un jeu créé et sorti sur PC en 2014 (refait pour la PS4 en 2016) faussement rétro. Après je l’ai eu avec l’abonnement PS, sinon je ne l’aurais pas découvert, rassure-toi. C’était plutôt sympa, même si pas non plus le meilleur jeu que j’ai pu faire sur PS4 pour l’instant.

      Aimé par 1 personne

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