Solo : A Star Wars Story | 2018

Se passant entre La Revanche des Siths et Un nouvel espoir, cet épisode de l’univers Star Wars a connu, à sa décharge, une construction et une réalisation chaotiques, avec notamment un changement de réalisateur en plein tournage. Et il faut dire que le film en a probablement souffert. J’y suis allée sans en attendre beaucoup, ce qui a transformé la séance de cinéma en un moment divertissant et intéressant, mais peut-être encore moins mémorable que Rogue One, qui est loin de m’avoir totalement plu. De plus, j’ai découvert pour la première fois le mode 4D Imax, ce qui a contribué à rendre l’expérience tout de même singulière : il y avait une synchronisation parfaite entre les effets ressentis (fauteuils se penchant, légère pluie, souffles de vent, fumée, secousses, effets lumineux) et le film, surtout avec les scènes caractéristiques des Star Wars. Cela a permis de sentir assez bien immergé dans le film et d’en vivre davantage les moments clés, notamment les scènes spatiales ou les batailles, où on sent la vitesse des vaisseaux ou les souffles des tirs de blasters. Je pense qu’il est vraiment nécessaire de voir un film à grand spectacle pour en profiter pleinement, surtout vu le prix, et pour celui-ci en particulier, cela en valait tout de même l’expérience au vu des scènes spectaculaires.

Revenons-en à Solo. Ce film n’est pas un mauvais film, et pour autant, il n’en est pas un très bon. Le scénario est faussement compliqué, à l’image de l’épisode VIII, avec des trahisons et revirements multiples ; les personnages ne sont pas forcément bien développés, à l’instar notamment de Qi’Ra, et l’ensemble n’est pas vraiment attachant, à part peut-être Lando, grâce au charme de son acteur. L’humour est peu présent, comparé aux épisodes VII et VIII, sans que ce soit forcément un mal. On croise de nombreuses scènes d’action plutôt réussies et même assez fascinantes, comme celle du Raid final et de son échappée, et on retrouve aussi des moments traditionnels dans les Star Wars : un casino, un endroit désertique, des droïdes drôles, des créatures étranges… Bref, tous les ingrédients d’un Star Wars sont là, et la plupart des acteurs sont impliqués. Pourtant, si l’intrigue est divertissante, si le film est globalement bien fait et maîtrisé, il n’en demeure pas moins que l’histoire peine à décoller et qu’on a du mal à entièrement rentrer dedans. Bien que pour ma part, je l’ai vécue comme un bon moment de divertissement.

Il y a aussi quelque chose de paradoxal au fait de trouver un Star Wars sans presque aucune mention de la Force, ou apparition de celle-ci. Malheureusement, il est plus facile de relever les défauts de Solo, que ses qualités (car il en a : le film est loin d’être purement mauvais). Malgré son implication, il n’y a que quelques scènes où Alden Ehrenreich parvient à nous faire vraiment croire qu’il incarne Han Solo. Le grand méchant de l’histoire est loin d’être charismatique ; celui caché, m’a perturbée pendant un certain moment (et poussé à faire des recherches sur la chronologie Star Wars pour comprendre son apparition). Les alliés d’Han ne sont pas forcément les plus mémorables et leurs acteurs font leur job correctement, sans plus, à part Lando où Donlad Gover parvient à donner à son protagoniste la gouaille de Billy Dee Williams. Quant à Emilia Clarke, même si elle partait du mauvais pied de manière superficielle avec moi à cause de son rôle dans Game of Thrones, il faut admettre que son jeu n’est ni mémorable, ni complètement engagé pour qu’on la croie vraiment. De plus, finalement, elle n’est là que pour être un love-interest qui n’a plus vraiment de conséquence dans l’histoire à part au tout début. Et certains personnages, comme le droïde de Lando, auraient pu proposer une thématique intéressante, si du moins la mise en scène et le jeu des acteurs avaient permis de les prendre davantage au sérieux.

Le scénario possède ses incohérences, même par rapport au personnage de Han, le rendant plus altruiste qu’il ne l’est vraiment, et déjà plus engagé politiquement. D’ailleurs, même si le fan-service fait toujours plaisir, il devient quelque peu lassant pendant un moment d’en avoir autant de références peu subtiles et sur lesquelles la mise en scène insiste tant, au point de se refuser à nous laisser quelques mystères, quelques temporalités vagues. Fallait-il tout expliquer du personnage de Han Solo, dans les moindres détails, parfois anecdotiques, au risque de le dénaturer ou bien de trop lui chercher de justifications ? Ne pouvait-on pas laisser quelques hiatus à ce personnage, la liberté d’avoir des zones d’ombres non expliquées, mais qui ne gênent aucunement le cheminement du protagoniste ? C’est un certain travers de tout vouloir expliquer, disséquer, aujourd’hui, au lieu de laisser aussi l’imagination, l’implicite, le mystère, faire leur travail dans l’esprit du spectateur/lecteur.

Le film n’est pas aussi intense, aussi « western » ou aussi poussé qu’il aurait sans doute voulu l’être. Il souffre parfois de longueurs, de fan-service trop abusif, d’incohérences propres au scénario ou à ses personnages. Il a aussi pris le risque de perdre en route les gens n’ayant pas vu Clone Wars (ce qui était mon cas) et cela m’a, pour ma part, complètement sortie du film pendant un instant. Pour autant, à force de dire ses défauts, j’aimerais tout de même souligner qu’il n’est pas complètement dénué de qualités non plus. L’ensemble tient la route, même s’il manque de charme, d’émotivité. Les péripéties sont suffisamment présentes pour entraîner l’action et l’attention, il est loin d’être déplaisant de voir la rencontre de Han avec Chewbacca, Lando, de découvrir son passé, son passif avec l’Empire, comment il est devenu contrebandier.

Certaines scènes sont même belles et font appel à une sacrée imagination, voire un côté légèrement oppressant. Et pourtant, cela ne suffit qu’à en faire un film moyen, que je classe d’ailleurs en-dessous de Rogue One, pour l’instant. On ne peut ni lui jeter la pierre totalement, ni le considérer comme une révélation. Alors, en tant que fan de l’univers Star Wars, il aurait été difficile de passer à côté ; pour autant, il est loin d’être transcendant. Après, à vous de faire votre propre jugement…

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6 réflexions sur “Solo : A Star Wars Story | 2018

  1. Attention, je vais spoiler. Je n’ai vu le film qu’en 3D pour ma part (parce que je n’avais pas le choix). Et même si on s’y fait, certaines scènes sont quand même assez sombres et pas si immersives que cela. Mais ça, c’est plus un problème du à la technologie qu’au film.

    Que dire ? J’ai l’impression qu’on a pas du tout vu le même film.

    Bien sûr, mon commentaire est destiné au débat, et pas à l’emmerdement.

    J’ai justement trouvé l’intrigue mieux ficelée et les personnages plus étoffés que dans beaucoup de films du moment. Peut-être qu’avoir vu Avengers et Deadpool récemment m’influence, mais c’est un fait. En plus, si tu dis que tous les éléments d’un Star Wars sont là, pourquoi pointer du doigt le fait que la Force ne soit pas mentionnée ? Il s’agit d’une histoire centrée sur Han Solo, et dans un contexte où les Jedi ont « disparu ».

    Quant à l’acteur de Han Solo, j’ai trouvé qu’il a fait des efforts pour reprendre des mimiques de Harrison Ford, sans pour autant l’imiter. Je ne vois pas en quoi il est moins Han Solo, si du moins, on essaie d’oublier Harrison Ford.

    Je suis d’accord : il n’y a pas de vrai antagoniste dans ce film, qui sert de prélude à une histoire qui pourrait devenir intéressante. Par contre, même si j’admets que c’est plus du fan service qu’autre chose, je retrouve le retour de Dark Maul très percutant et prometteur.

    Après, le fait que les acteurs font « juste leur job », me paraît un peu de mauvaise foi, comme d’autres arguments. Évidemment, il n’y a pas forcément de rôles de composition ici.

    Quant à Emilia Clarke (que j’aime aussi peu que toi, habituellement), je l’ai justement trouvée moins irritante que dans GOT. Et son personnage n’a rien d’un love interest. Justement, malgré le début qui fait penser au sauvetage de Leia, le rôle de princesse est justement pris à contre pied, vu qu’elle cache bien son jeu, et promet de devenir son ennemie, ou du moins sa rivale, à la fin. Après, c’est vrai, que c’est une histoire d’amour placée là comme ça, même si justement certains ont trouvé qu’on ose enfin parler un peu plus de désir et de sexe dans Star Wars. Mais je dois admettre qu’il la retrouve un peu de façon hasardeuse et facile, même si ça aussi, ça prend à contre pied le fait que l’on croyait qu’il allait passer son temps à la chercher pour la secourir.

    Quant au robot, c’est le seul personnage que je n’ai vraiment pas aimé. On aurait dit une métaphore du féminisme actuelle archi lourde.

    Du coup, à part quelques facilités scénaristiques que j’ai vues, à quelles incohérences penses-tu ?

    Et je dois avouer que j’ai vu très peu de références dignes de fan service, et qu’elles n’étaient en rien lourdes. Tu penses auxquelles ?

    J’ai aussi trouvé que ça n’a rien d’une biographie détaillée de Han Solo. On ne sait pas vraiment d’où il vient ou qui sont ses parents, à part une vague référence à son père.

    Pour Rogue One, j’avais détesté la froideur des personnages ou le fait que ça soit si grave, si spatial, par conséquent, j’ai préféré Solo, pour ma part. Je n’en dirai pas plus, mon commentaire est assez long. Mais j’ai expliqué tout mon ressenti, dans une critique, si tu veux. Voilà.

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    1. Je suis d’accord avec toi pour la 3D et les scènes sombres. Je n’ai pas voulu en parler car mes lunettes 3D sont vieilles, et j’ai supposé que le côté sombre de certaines scènes était peut-être dû à ça, sans compter que je me coltine mes lunettes en-dessous. Après, j’ai beaucoup aimé les moments où ils sont dans le tunnel spatial, à la fin, avec la créature ; ça faisait très immersif, oppressant, mais les effets physiques de la 4D Imax ont pu jouer.

      Bon, de la même façon, je ne réponds pas pour emmerder mais continuer le débat. J’ai conscience d’être sévère, mais il y a pas mal de choses qui m’ont gênée, ou pas plu, dans l’écriture et le scénario du film, même si ça peut être entièrement subjectif, et je l’assume.

      En fait, ce qui m’a agacée dans les ficelles de l’intrigue, c’est qu’on jouait encore trop facilement sur « je te fais un double jeu qui est en fait un triple jeu qui est un quadruple jeu, tada » et vas-y que je retourne ma veste trois fois mais en fait non, comme le mentor de Han. Je ne dis pas que ce n’est pas bien pensé ou qu’il faut virer ce côté scénaristique ; mais on a déjà eu ces ficelles dans Rogue One avec le contrebandier qui trahit, « les vilains ne sont pas toujours vilains les gentils ne sont pas toujours gentils », ou encore le passage avec Luke qui tente (faussement) de tuer Kylo, x3 versions différentes dans l’épisode VIII. D’ailleurs, Qi’Ra qui tue son mentor, c’est Kylo qui tue Snoke de la même façon : ok, c’est une tradition, mais variez un peu ?… J’aurais aimé une autre manière d’écrire les retournements de situation, car ce sont les mêmes ressorts qui sont utilisés et ça finit par me peser. Au bout d’un moment, on a juste envie de leur dire de se décider pour leur camp une fois pour toutes, et soit de pas proposer de morale, soit de rendre les « faut faire confiance à personne dans la vie » ou « le monde est gris » un peu plus subtils et moins moralisateurs que ça.

      A rebours, je n’ai rien contre l’acteur de Han Solo, il joue bien, il a des mimiques de Harrisson Ford par moments, c’est le jeune débutant, mais personnellement il ne m’a pas touchée plus que ça dans son jeu. Et pour la Force, c’est sans doute une question d’appréciation, mais j’aime bien quand il y a référence à la Force..ça fait partie de Star Wars malgré tout, pour moi. Mais bon, je comprends ton idée. Et puis après tout il y a Dark Maul et les poignards semi-lasers.

      Ce qui m’a perturbée avec Dark Maul était que je ne comprenais pas du tout ce qu’il faisait là, puisque n’ayant pas vu Clone Wars, j’ignorais qu’il avait survécu. Du coup, pendant dix minutes, au détriment du film, j’ai essayé de comprendre s’il était vraiment Dark Maul ou si c’était un « descendant », voire un autre comme lui, malgré les indices donnés. Pire, j’ai essayé de comprendre où se déroulait le film dans la chronologie Star Wars, en me disant « mais comment est-ce possible qu’il soit vivant ? Ça se passe avant la Menace Fantôme ? Mais Han Solo a vingt ans, il se passe bien moins de 15 ans avant Un Nouvel Espoir pourtant ? C’est pas possible, il peut pas avoir 50 ans dans Un Nouvel Espoir, etc. » Ca m’a complètement sortie du film.

      Je n’ai rien contre parler de plus de désir ou de sexe dans Star Wars. Mais pour Emilia Clarke, c’est l’écriture de son personnage qui m’a fait soupirer, et si le jeu n’est pas entièrement mauvais, elle ne m’a pas convaincue du tout. Elle aussi a subi le traitement « je te retourne trois fois ma veste » et je n’ai pas trouvé crédible qu’elle soit une « apprentie » de Dark Maul. Marraine de la pègre, ça aurait pu passer, mais le côté Dark Maul m’a gênée (en plus, elle lui parle via la bague de son ancien oppresseur, alors quoi ? c’était son maître qui servait Dark Maul à la base ? Elle lui piquait la bague dans son sommeil pour parler à Dark Maul ? C’est Dark Maul qui a influencé le mafieux pour qu’il la sauve ?). Ça m’a aussi embêtée qu’elle passe de demoiselle en détresse à madame la lieutenant-esclave mélangée à femme fatale : je n’ai pas trouvé ça crédible, et ça m’a fait regretter qu’il n’y ait pas plus de recherche sur comment l’écrire, sur plus de variations là-dessus. Ecrivez des personnages de femmes un peu plus sympas ; il n’y a pas besoin de faire des femmes fortes/fatales/en détresse pour faire des persos féminins intéressants. En plus, on ne comprend pas son leitmotiv : elle s’en fiche d’être libérée du statut d’esclave ? elle aime ou n’aime pas Han ? Elle le manipule ou elle le sauve ? Ca lui apporte quoi de servir Dark Maul ? Contrairement à la leader des Prédateurs qui, même sous-exploitée, m’a bien plu, et dont la raison d’être est exposée en trois lignes et ça suffit à camper son personnage. Après, effectivement, Emilia Clarke avait des choses qui prenaient son rôle à contre-pied, comme tu cites, mais il y a trop de flou et d’indécision autour d’elle pour qu’on la comprenne, et du coup, son personnage ne m’a pas paru convaincant.

      Je n’ai pas aimé le robot pour les mêmes raisons que toi, c’était Hermione Granger au pays Star Wars, même si la possibilité d’amour entre homme et droïde aurait pu être intéressante à exploiter…si elle n’avait pas été tournée en ridicule. J’ai aussi trouvé que ça cassait un peu la façon dont sont érigées les intelligences artificielles dans Star Wars jusqu’à présent, ce qui dérange l’univers établi. Et ça m’a aussi dérangée qu’on mette la mémoire du robot dans le Faucon Millénium : Lando considérait le robot comme une amie, voire une amante, admettons, dans ce cas, un homme normal accepterait-il de mettre la mémoire de son amante dans un vaisseau qu’il perd ? A la place de Han, je me croirais dans un vaisseau hanté par un esprit, d’ailleurs. C’était l’un des nombreux défauts de vouloir faire du droîde une personnification humaine.

      En ce qui concerne les incohérences, ça m’a paru gros que la femme du mentor de Han se sacrifie sans même qu’on tente de la sauver, bon, passons. Après, c’est au niveau du personnage de Han Solo que ça m’a posé un peu problème : le mec est anti-société, anti-parti, anti-Empire, anti-tout ce que tu veux, mais finalement il aide quand même déjà la Rébellion, donc finalement c’est un gentil (comme cela est aussi souligné, par rapport au côté vaurien revendiqué plus tard) et pas l’homme solitaire qui trace sa route seul. Bon, après, c’est sa jeunesse, certes. Pour le fan service, ça valait le coup d’insister dix secondes sur le blaster de Han, sur le fait qu’il demande comment le sortir rapidement du holster… même le baiser entre lui et Qi’Ra est une grosse référence à la scène du baiser avec Leia, sans parler du « je ne suis pas du tout un bon gars » (le « vaurien ») sans parler du fait qu’il aide aussi la Rébellion « vous nous rejoindrez plus tard dans Un Nouvel Espoir », y a pas que la Rébellion dans la galaxie quand même, et y a d’autres planètes que Tatooine, avec d’autres gros bonnets ailleurs que Jabba le Hutt? Je ne sais pas, j’ai eu l’impression que ça devenait une manie de tout vouloir relier à tout, et c’est ce côté biographique qui m’a gênée : pas besoin d’en faire autant. Par contre, j’ai beaucoup aimé la référence à son père, parce que justement, sans être du fan-service lourd, ça laissait augurer sa future relation avec Ben, par exemple. J’aurais aimé davantage de références de ce style, des clés de compréhension du personnage, sans qu’on sorte trente-six explications/liens sur un plateau à chaque fois.

      Je comprends le côté très froid et grave de Rogue One. Mais il y a des scènes, des plans, des façons de mettre en scène, qui m’ont marquée dans Rogue One ; alors que finalement dans Solo, je n’ai rien qui me marque vraiment, même si j’ai aimé le film dans l’ensemble et qu’il y a des moments vraiment sympas. Je ne me suis pas attachée aux personnages, aucun acteur ne m’a vraiment marquée par son jeu, et même si j’apprécie que ce soit une petite histoire dans la grande Histoire de Star Wars, il m’a manqué clairement un truc pour que j’accroche. Après, l’atmosphère générale sortant de Solo est tout de même plus chaleureuse et plus légère que Rogue One.

      Autant je ne suis pas contre le retour de Dark Maul (je l’aime bien), autant j’ai du mal à voir ce qu’ils peuvent faire en suite, à part s’ils la centrent uniquement sur Dark Maul et Qi’Ra. car niveau Han Solo, tout est posé pour qu’il passe presque directement à Un Nouvel Espoir.

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  2. J’ai pas compris que c’étaient des doubles jeux, moi. Je pense plutôt que les personnages improvisent pour s’en sortir. De même que Han Solo dans la trilogie, refuse de rejoindre la rébellion avant de se raviser. Ou plutôt, Lando les trahit aussi comme ça, me semble-t-il, dans le 5 ? Et ça n’a pas même du même ressort dans Star Wars VIII, puisque c’est Kylo et Luke qui racontent une version différente de l’histoire, ou plutôt selon leur point de vue.

    Après, j’avoue ne pas avoir fait de lien entre Qui’Ra et Kylo, même si on a effectivement deux « trahisons » pour venir à leur fin. C’est vrai que, du coup, les deux peuvent ainsi s’emparer du pouvoir. Est-ce que c’est une référence faite exprès ? Je n’en sais rien. Mais bon, si on commence à faire des ponts entre toutes les histoires, forcément qu’elles se ressemblent ou ont des points communs. Dans ce cas, autant dire que Star Wars 7 ne vaut rien, à cause du 4.

    Et j’ai pas vraiment trouvé le film moralisateur. Après, je sais, que quand on a pas aimé quelque chose, on voit le mal partout, mais voilà. (Et vice versa, en ce qui me concerne).

    Pour Dark Maul c’est un effet de surprise efficace, quoiqu’on en dise. Après, faut aussi savoir savourer les films, au lieu de chercher des explications partout. Tu t’es plaint que le film donne trop d’explications, alors que tu n’as pas supporté qu’ils montrent Dark Maul sans expliquer son retour.

    Rien ne dit qu’elle est l’apprentie de Dark Maul. Pour moi, tout comme Han Solo, l’aurait fait, elle décide de se tourner vers la situation la plus avantageuse. Une fois l’autre mort, elle n’est plus une esclave. Elle doit choisir entre devenir une fugitive, juste par amour pour Han, ou s’emparer du pouvoir, en succédant à l’autre. Le choix est vite faite d’une certaine façon. Et elle rend juste des comptes à leur supérieur hiérarchique. Point final. Il n’est jamais dit que Dark Maul est resté un sith, et qu’il a une apprentie, ou que tout était prévu depuis longtemps. Il ne faut pas sur interpréter. Les sith ne vont que par deux : Dark Sidious et Vador. Donc Dark Maul n’en est plus un, même s’il a conservé son sabre laser. Dark Maul est un chef de la pègre, comme cela a été dit dans Clone Wars ou je ne sais plus quoi. En aucun cas un sith, qui a tout influencé depuis le début.

    On ne la voit pas beaucoup mais je trouve qu’il n’y a rien d’incohérent dans son personnage. Dès le début, elle dit à Han qu’il ne sait pas tout sur elle, et sur ce qu’elle a vécu ces 3 dernières années. Et je l’ai pas trouvé fatale de façon poussive comme dans Gotham non plus. Je sais qu’il y a des choses qui agacent dans le cinéma et les séries, mais de là à les voir partout, à l’extrême… Heu, elle n’est plus une esclave, comme je l’ai expliqué. Elle n’est plus à fond sur Han, trois ans après, et heureusement. Mais n’a pas le cœur malgré tout à le tuer. C’est tout. Elle a pas tout prévu depuis le début. Elle a rebondi sur une occasion à un moment où un choix se présente. Et dès le début, on dit qu’on échappe pas à la pègre comme ça. Donc, ça lui apporte de pas être traquée, de pas trahir Dark Maul. En plus du fait qu’elle a une « promotion ». Je veux dire, tout ces codes sont placés dès le début. A croire que le film était pas si explicite que ça. lol

    Bref, je ne comprends pas pourquoi tu as autant réfléchi ou sur interprété certaines choses. C’est paradoxal que tu regrettes qu’on se pose toutes ces questions alors que tu dis justement que le film s’acharne à tout expliquer. Après, elle est en retrait, ce qui fait qu’on entre pas dans sa psychologie. Mais je pense que c’est parfaitement volontaire.

    Pour ma part, même si je conçois que certaines IA sont presque humaines, ça reste des robots. Du coup, justement, ça m’a perturbé qu’ils aient du libre arbitre et des sentiments à ce point, surtout que ça n’avait jamais été vraiment évoqué dans Star Wars. Et puis, je n’ai pas cru une seconde que Lando était l’amant du robot. J’ai vu ça comme un dialogue humoristique. Ca me parait juste inconcevable, et puis le fait qu’ils mettent sa mémoire dans le vaisseau… Ma foi, c’est ça où elle est détruite à jamais. C’est ça où ils meurent. On va pas aller chercher des problèmes féministes là où il n’y en a pas. Mais le problème, je pense, c’est que ce personnage apporte beaucoup de questions nouvelles dans l’univers, et meurt presque aussitôt.

    Oui, la femme au début se suicide un peu facilement. Han Solo donne un coup de main aux gentils, il s’investit pas non plus. Et ça confirme juste que c’est un électron libre, « seul », plutôt que de rester bêtement loyal aux « méchants ».

    Franchement, on doit s’arrêter deux secondes sur le blaster ou sur le holster. Du fan service ça ? Là, une fois encore, c’est un peu de mauvaise foi.

    Et qui dit que c’est pas une autre branche de la rébellion, ou quelque chose qui est parallèle ? Après tout, elle parle d’un combat différent. Et je trouve que c’est normal qu’on mentionne la rébellion. Vu qu’on voit l’empire.

    Non, franchement, merci pour tes éclaircissements, mais ça ne change pas mon ressenti du film. Je trouve pas qu’ils en faisaient des tonnes, à part si vraiment, on attend le moindre clin d’oeil au tournant. Dans ce cas, que dire du7, qu’on a pourtant bien aimé ?

    Après, de toute façon, les goûts et les couleurs ne se discutent pas. 🙂

    Mais rien que pour l’épisode 8, j’ai plus apprécié après coup, qu’à la sortie du cinéma. Parce que justement, je me suis moins pris la tête sur certains trucs, ou ai plus compris le message du film, à force d’y penser. Après, oui, il y a peut-être un pont trop direct vers Un nouvel espoir, puisqu’ils parlent déjà de Tatooine. Mais bon, en même temps, c’est un film, pas une série. Ils ne sont pas sûr d’avoir une suite, ou ils ne peuvent pas trop s’étendre. Mine de rien, Han Solo a encore une marge d’évolution.

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  3. Du coup, je les ai perçus comme des doubles jeux, mais comme tu l’as signalé dans ta critique, c’est aussi la manière d’être des contrebandiers, leurs intérêts les font se rabibocher ou entrer en conflits de façon cyclique. Mais je n’ai pas trouvé ça suffisamment visible pour que ça se comprenne ainsi, personnellement, et donc ça me paraissait plus être la mode des double/triple/quadruples jeux déjà utilisés auparavant.
    Oui, Lando trahit dans le 5, Han change d’avis sur la rébellion. Mais là, on parle de un seul, deux changements maximum, et non pas trois ou quatre, ce qui était le cas dans Solo. Mais peut-être est-ce moi qui ai vu trop de fois récemment ce type de rebondissement, et du coup, ça m’a blasée.

    Effectivement, il y a des ponts entre toutes les histoires, mais c’est la manière dont c’est fait, mis en scène, qui me perturbe. Le 7 est clairement établi comme un hommage au 4, ok, que ça plaise ou non. Mais entre Kylo/Snole et Qi’Ra/son maître, c’est vraiment le même procédé repris, avec en plus le même type de discours « le point faible de mon ennemi ». Référence ou similitude non voulue ? En tout cas, ils auraient peut-être pu faire attention à utiliser un autre procédé vu l’ordre de sortie des films, pour varier ? C’est l’accumulation du même procédé qui me pose problème (comme les double jeux devenant triple jeux avec 36 revirements en trente secondes) pas le procédé en lui-même.

    Je trouve le film certes plus moralisateur qu’il ne devrait l’être, mais c’est aussi une mode en ce moment le système « ne fais confiance à personne mais en fait si tu peux avoir confiance en peut-être une autre personne ». (Han fait bien confiance à Chewie). Faut se décider soit c’est l’un soit c’est l’autre. Enfin, je veux bien admettre d’exagérer sur ce point.

    Pour Dark Maul, pour moi, c’était impossible de savourer son apparition puisqu’aux dernières nouvelles il était mort, sa chute est filmée comme une chute mortelle (après j’avais qu’à regarder Clone Wars hein). Ca revenait à de la non-logique dans la façon même de filmer et ça introduisait le spectacteur en erreur. Mais j’aurais eu la même réaction si soudain Qui Gon Ji ou Dooku seraient revenus. On les Voit morts ; il n’y a même pas un indice avant-coureur sur la réapparition. Ça aurait été tellement simple de glisser une réplique idiote du style « tant que tu n’as pas tranché la tête de quelqu’un ou que tu ne l’as pas vu écrabouillé en bas de la falaise, tu ne peux pas être sûr qu’il soit mort », et ça m’aurait suffi à accepter le retour de Dark Maul sans que je me pose de question, ou en tout cas moins. Je sais bien que Clone Wars est canon, mais à tort bien entendu, il y a plein d’adultes qui ne vont pas regarder Clone Wars parce qu’ils considèrent ça comme facultatif à côté des films, ou pour les enfants. Et c’est là qu’on tombe sur le problème de ma suranalyse : pour quelqu’un n’ayant aucune idée de ce qu’est devenu Dark Maul dans Clone Wars, ils vont rester sur l’image du Sith et de l’apprentie, donc pas étonnant que pour moi, dans ma vision, ça redevienne ça ou encore une histoire d’influence. Il faut qu’un minimum de lien soit établi pour être compréhensible (sans que ce soit la biographie de leur rencontre et alliance) et crédible.

    Après, effectivement, Qi’Ra prend le choix qui lui offre le plus d’avantage. Mais encore une fois, il y a tellement de flou autour de son personnage, à ne pas comprendre ses motivations, d’indécision, et puis le côté « tu ne sais pas ce que j’ai vécu ces trois dernières années » ça fait tellement cliché en même temps que ça la rend floue. Pour moi, il n’y a même pas assez pour la comprendre un minimum de base (sans qu’elle soit pour autant claire comme de l’eau de roche). Elle aurait pu devenir maître de la pègre comme aller libérer les esclaves ou devenir politicienne sur Coruscant ou devenir barman, je n’aurais pas su quoi en penser pareil et je n’aurais rien trouvé cohérent. Il y a trop d’indécisions dans la façon dont elle est écrite et présentée. Elle a évolué, oui, et….? Enfin, je ne sais pas, pour moi, les codes dont tu parles étaient loin d’être évidents. Peut-être que l’apparition de Dark Maul était censé tout éclairer et être la révélation qui donnait sens à tout le film, et que je l’ai pas compris, xd. Et pour moi, le film souffre de parfois donc vouloir tout expliquer, relier, ou alors on te balance des trucs qui ont l’air de sortir de nulle part, ou qui ont l’air de tenir de l’improvisation de dernière minute.

    J’ai peut-être trop réfléchi parce qu’en temps ordinaire je trouve toujours tout beau tout bien dans les films et que je ne cherche pas assez la critique, mais quand même, celui-là, y a des aspects qui m’ont gênée en le voyant et je ne peux pas le nier, c’est présent. Peut-être qu’un deuxième revisionnage me fera du bien, oui, tout comme j’ai toujours pas revu Les Derniers Jedis.

    Je suis tout à fait d’accord avec toi sur l’histoire des IA et des robots. C’est là que ça se reflète encore, le côté « indécision » dont le film a l’air parcouru : L3 croit à fond à ses opinions au point que c’est ridicule, Qi-Ra avec son dialogue montre qu’elle est ridicule (ou qu’elle a raison de revendiquer des droits ? on sait pas) et quand Lando la prend dans ses bras à la fin ça fait relation sérieuse. Il faut se décider, prendre une direction et s’y tenir ? Et dans ce cas on s’en fiche de ce qu’ils font de sa mémoire, ou bien on en est gêné. On ne sait pas ce qu’ils ont voulu dire, apporter finalement, et puis de toute façon le personnage meurt donc ça sert à rien, effectivement. red

    Il y aussi l’espèce de dé porte-clé qui est présent et qui revient dans l’épisode 8. Encore une fois, que certains choses soient références ou fan service ne me gênent pas, mais c’est l’accumulation qui me dérange. Je m’attendais même à ce qu’ils fassent référence au « I love you » « I know » quand Han part et qu’on a un plan assez présent sur Qi’Ra, même si c’était pas en utilisant les mêmes mots. Le 7 s’affichait en hommage sans s’en cacher ; là, c’était pas un hommage, c’était vouloir tout relier, du blaster au porte-clés en passant par Tatooine et la Rébellion. Han ne s’investit pas, mais bon, au lieu qu’il soit laissé gris, électron libre, on insiste quand même sur le fait qu’il aide et aidera la Rébellion, par une branche ou une autre, consciemment ou non, c’est un gentil de toute façon.

    Enfin, voilà, je dois donner l’impression de faire de la mauvaise foi, mais il y a vraiment des choses qui m’ont gênée au visionnage et je ne peux pas le nier. Je l’apprécierai peut-être davantage, le comprendrai mieux, avec un revisionnage, je ne suis pas contre. Après, merci à toi, il y a des choses que tu éclaircis ou fais mieux comprendre : la plupart des choses que je n’ai pas relevées en te répondant. Mais c’est paradoxal que j’ai besoin de tes explications pour comprendre un film sur lequel a priori il n’y a pas besoin de se prendre la tête ni même à chercher à des double sens possibles (style Inception), y a clairement un problème.

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  4. Franchement, je n’ai jamais pensé à Kylo et Snoke, lors du final de Solo. A ce moment-là, l’élève qui surpasse le maître, ou l’employé qui trahit son patron, sont des thèmes qui sont loin d’apparaître que dans Star Wars. Et on sait que quand un thème est à la mode au cinéma, on va en souper jusqu’à overdose. (Exemple du personnage qui se doit de mourir dans n’importe quel blockbuster maintenant). Justement, Disney a dit, je crois, qu’ils ne feraient plus des Star Wars, sortant avec si peu de temps de décalage. Je trouve quand même que tu vas chercher certains défauts très loin, alors qu’au final, c’est juste que ça t’a pas plu. Mais après, le film n’a rien de moralisateur objectivement. Dans ce milieu, personne ne fait confiance à personne, et justement Han dit que c’est triste. Donc où est la contradiction avec le fait qu’il se lie d’amitié avec Chewbacca ? Une fois encore, j’ai pas l’impression d’avoir vu le même film. Après de dire que c’est un défaut de ramener un personnage, sans tout expliquer, pour préserve l’effet de suspense, c’est définitivement de mauvaise foi. Et les signes avant coureurs que tu proposes sont bien plus lourds que les explications dont tu te plains dans le film. Au bout d’un moment, il faut savoir ce que l’on veut. Et je doute que beaucoup de monde aient compris que tout n’était qu’un complot, et Dark Maul le maître de la jeune apprentie. LOL Non, mais on est d’accord, le robot, mécontent d’être irritant, est sous exploité, voire très mal exploité. Le problème est peut-être justement que tu t’es trop prise la tête sur un divertissement, moins complexe et alambiqué que tu le crois. Enfin bref, même si je ne suis pas d’accord avec tes arguments, merci pour la discussion. Et au prochain film.

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    1. Le problème, c’est que j’aurais voulu que le film me plaise. Vraiment. Je ne l’attendais pas plus particulièrement que Rogue One, pourtant, mais j’aurais quand même vraiment voulu qu’il me plaise. Le retour de Dark Maul fait un peu résurrection miraculeuse, si on a pas vu Clone Wars. Enfin bon… peut-être qu’un revisionnage m’aidera à apprécier davantage (et à moins prendre la tête)

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