Lectures de juin 2018

    Assassination classroom, tomes 2 à 9, Yusei Matsui – VF 2013-2018, VO 2012-2016

Le topo : Un être en forme de poulpe promet de détruire la terre d’ici un an. Mais auparavant, il choisit d’être professeur d’une classe dite de délinquants, la classe E. Celle-ci n’est pas non plus comme les autres, puisqu’on ordonne aux élèves d’essayer d’assassiner leur prof…

Le résultat : Que pourrais-je dire sur cette série de mangas, outre le bien que j’en pense et déjà évoqué le mois dernier ? Les aventures et les tentatives d’assassinat de la classe E envers leur professeur Koro-Sensei sont toujours aussi décalées et délirantes. Les personnages se creusent un peu plus, des mystères apparaissent ou s’éclaircissent, Koro-Sensi demeure toujours énigmatique et en même temps, assez attachant. D’autant plus que même si ses élèves tentent de le tuer, il fait toujours de son mieux pour les pousser à l’excellence scolaire mais aussi dans leur comportent et leurs réflexions. Ce manga est toujours aussi passionnant et trépidant durant ces tomes 2 à 9, sans montrer trace de lassitude. Vivement les tomes suivants !

La fille d’avant (The girl before), JP Delaney – VF 2018

Le topo : Deux narratrices, deux femmes à deux époques différentes, qui pour des raisons différentes emménagent dans une maison high-tech et minimaliste, conçue par un architecte. Toute cette maison de rêve s’adapte, via un bracelet électronique, aux habitudes de la personne l’habitant. Mais l’architecte est quelqu’un de maniaque et obsessionnel, qui ne supporte pas qu’on dérange la maison qu’il a si soigneusement construite…

Le résultat : La fille d’avant est un thriller psychologique que j’ai honnêtement fini en deux jours. Cela témoigne du côté prenant et intriguant de l’histoire, du suspense et des retournements bien trouvés, de l’ambiance mystérieuse du roman. Les personnages eux-mêmes ne sont pas tout lisses, tantôt attachants, tantôt agaçants, ou encore bien mystérieux, comme l’architecte. Toutefois, il s’agit de nouveau d’un thriller où les apparences ne sont pas ce qu’on croit. Alors, même si les dénouements de l’histoire en valent le détour, je ne peux que regretter un côté commercial à ce roman. Avoir donné un côté « maso » à l’architecte (mode 50 nuances de Grey) ou certains aspects de la fin qui sentent clairement le retournement manipulateur pour rendre les choses plus noires pour l’héroïne. Était-ce vraiment nécessaire ?…

L’aventure Starmania, François Alquier – 2017

Le topo : Ce beau-livre retrace la genèse, la construction, les coulisses des trois différentes versions de Starmania, le mythique opéra-rock, tout en laissant libre part aux mots des interprètes, artistes ou techniciens de l’époque.

Le résultat : En tant que fan de Starmania, je regrettais de n’avoir jamais pu trouver de véritable référence livresque pour en savoir plus sur l’opéra-rock, que je n’ai jamais pu voir sur scène. Peut-être dans les années à venir… Ce documentaire m’a permis de pallier à cette lacune, car il présente bien des aspects du spectacle : son écriture par Luc Plamondon et Michel Berger, les démêlés artistiques et techniques, les trois différentes mises en scène du spectacle de 1979 à 1994, son exportation dans le monde, ses influences sur les musiques d’aujourd’hui. Avoir des témoignages des chanteurs ou artistes de la troupe est aussi un réel bonus, permettant vraiment de mieux saisir ce qu’a été cette aventure Starmania, les liens entre les chanteurs, l’affection et les conflits, ou la place de Starmania dans la mémoire collective.

Carmen pour changer, Sophie Rabau – 2018

Le topo : Réécrire Carmen, essayer de la sauver (ou de sauver Don José), c’est le but de l’auteur. Elle analyse, exploite les failles de la nouvelle de Mérimée, pour tester des variations, des éléments ambigus du texte, qui pourraient permettre d’écrire Carmen autrement. Par-là même, elle décrit également les différentes variations qu’a pu connaître l’histoire lors des adaptations scénographiques ou cinématographiques.

Le résultat : Je m’attendais à lire différentes nouvelles sous des angles variés, réécrivant l’histoire de Mérimée de manière à essayer de donner une autre fin à Carmen. Mais Carmen, pour changer, est plutôt une longue réflexion en plusieurs chapitres sur comment varier Carmen, quelles directions lui donner. En même temps, c’est une tentative de comprendre le personnage, de savoir enfin qui elle est ; c’est une analyse intéresse de l’art de la variation, qui consiste à se saisir des ambiguïtés, des non-dits ou des espaces vacants d’un texte existant, pour en créer une variante. Aimant écrire, cette analyse m’a d’abord plu et intéressée, mais elle s’est retrouvée un peu longue à mon goût, pour véritablement l’apprécier tout du long. Sans compter que j’aurais vraiment aimé avoir au moins une ou deux nouvelles réelles en partant de ces variations : on est ici plus dans une réflexion d’écriture et de technique.

J’ai avalé un arc-en-ciel, Erwan Ji – 2017

Le topo : Capucine « Puce » est une lycéenne américaine, dans un campus aussi exigeant qu’aux activités diverses. Au travers d’un blog, elle raconte sa dernière année avant la fac, ses cours, ses aventures avec ses amis, ses activités, et ses rencontres…

Le résultat : J’ai avalé un arc-en-ciel est un roman ado aux tonalités feel-good et normalement tourné vers l’engagement LGBT, puisque l’un des bouleversements de la vie de Puce (américaine, mais avec un père français) sera de tomber amoureuse d’une fille. Hélas, même si le roman décrit sans doute bien la vie d’un lycéen américain, j’ai dû un peu me forcer pour aller au bout. Dans ses mots, ses attitudes et ses paroles, Capucine a l’air d’avoir douze ans, y compris en mentalité, plutôt que 17 ou 18. Elle semble passer aussi bien plus de temps à s’amuser qu’à étudier, pour tout dire. Je n’ai pas non plus apprécié les aspects faussement « politiquement corrects » du roman. Elle décrit une camarade de classe comme une slut parce qu’elle aurait, paraît-il, couché avec la moitié du lycée, mais attention, elle dit slut parce que son père lui a dit de ne pas écrire de gros mots sur son blog (qu’elle écrit en français). Mais attention, elle dit slut mais elle ne juge pas, précise–t-elle. Bien sûr… Je n’ai pas davantage apprécié le fait que Capucine se dise « Aiden-phile » (le prénom de sa copine), histoire de continuer à invisibiliser la bisexualité, ou de continuer à faire croire qu’être bi ou lesbienne, ça ne doit pas se dire, dans sa vie en tout cas. Le roman était sans doute parti avec de bonnes intentions, mais il se casse plutôt la figure côté ouverture d’esprit sur l’homosexualité/bisexualité, alors que d’autres romans ado (Dysfonctionnelle, Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers, par exemple) font bien mieux.

84, Charing Cross Road, Helene Hanff – VO 1970, VF 2001

Le topo : Une relation épistolaire (et vraie) de plus de vingt ans se dresse, lettre après lettre, entre le patron d’une librairie d’occasion (et son équipe) en Angleterre, et une cliente un peu excentrique (Helene Hanff), en Amérique.

Le résultat : 84, Charing Cross Road est court (à peine une centaine de pages), et ne restera probablement pas trop en mémoire. Pourtant, l’histoire a un côté original assez unique, d’autant que j’adore les romans épistolaires. Et celui-ci s’est véritablement déroulé… J’ai aimé découvrir la relation se dressant entre nos deux correspondants, avec des références à des livres plus ou moins obscurs, en plus ou moins bon état, tout en faisant des allusions ici et là aux situations actuelles des deux pays. Il est aussi drôle et fascinant de voir cette correspondance plutôt commerciale, au début, devenir bien plus amicale et cordiale au fur et à mesure des années. Et ce même si la fin est un peu triste et un peu plus émouvante qu’on ne s’y attendait.

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2 réflexions sur “Lectures de juin 2018

  1. On est d’accord sur La fille d’avant : je l’ai lu rapidement et sans ressentir de longueurs, mais j’ai regretté certains choix (le côté SM n’était vraiment pas nécessaire) et certains effets de mode !

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