Lectures de juillet 2018

    Un autre mois court en lectures, en plus du compte-rendu en retard ! Le mois prochain sera peut-être meilleur.

Dictionnaire d’un amour (The Lover’s Dictionnary), David Levithan / VO 2011, VF 2013

Le topo : Par plusieurs entrées de mots, suivant l’ordre de l’alphabet, un narrateur relate son histoire d’amour.

Le résultat : Honnêtement, j’apprécie toujours les nouvelles façons de raconter des histoires, par une mise en texte originale, un récit déstructuré, des chapitres alternés entre points de vues des personnages, etc. J’étais donc un peu curieuse de la façon dont se présenterait ce Dictionnaire d’un amour. L’histoire se suit par bribes, fragments, des pensées du narrateur, ses récits des événements de son couple : la rencontre, l’emménagement, la tromperie, les moments amoureux, les anecdotes… bref, des bons ou mauvais moments de cette relation. Mais si l’auteur se révèle alors bon à évoquer des sentiments, des pensées, plutôt universelles et bien humaines, cela ne permet pas de suivre réellement l’histoire entre passé, présent et avenir. L’exercice de style n’en demeure pas moins intéressant, même si le récit en lui-même n’est pas très prenant.

Assassination classroom, tomes 11 à 20, Yusei Matsui / VO 2012-2016

Le topo : Une étrange créature en forme de poulpe à tête de smiley a détruit la moitié de la lune, et menace de détruire également la Terre d’ici un an. Mais pendant une année, la créature choisit d’enseigner à des élèves. La classe 3-E, classe des loosers, est alors chargée de suivre ses cours, et aussi de tuer la créature…

Le résultat : Pour cette série dont j’empruntais les tomes en bibliothèque, j’ai fait le sacrilège de passer le tome 10, que je n’arrivais pas à obtenir. Et je ferais aussi le sacrilège de finir la série avec l’anime, car il manque le tome 21… trêve de plaisanteries. Assassination classroom est un excellent manga, aux personnages dynamiques, parfois emplis de symbolismes, avec des messages aussi pédagogiques qu’humanistes à faire passer. Le tout avec un humour déjanté, et un attachement certain aux protagonistes, ainsi qu’une foi en l’humanité, en la différence des caractères humains. J’ai été bien contente de découvrir enfin la véritable identité de Koro-Sensei, de voir comment se terminait son enseignement à ses jeunes élèves, et tout aussi triste de refermer ce vingtième tome. (Il se peut même que j’ai versé une petite larme à une certaine scène…)

L’infirmerie après les cours, tomes 1 et 2, Setona Mizushiro / VO 2005-2008, VF 2009

Le topo : Maschiro est un jeune garçon hermaphrodite. Un soir, après les cours, l’infirmière de son lycée lui propose de suivre un autre cours, plus particulier : il se retrouve projeté dans un monde de rêves et de cauchemars. Dans celui-ci, chaque élève se retrouve dévoilé, mis face à ses secrets. Ils sont alors condamnés à s’affronter mortellement les uns les autres, pour trouver la clef leur permettant de sortir de cet univers…à condition de se confronter à leur vraie nature.

Le résultat : Loin de Assassination classroom, L’infirmerie après les cours (c’est pas terrible comme titre, n’est-ce pas) est un manga plus sombre et plus torturé, même s’il emprunte des romances assez propres au genre. J’ai trouvé l’univers instauré fascinant, avec cette volonté de confronter chaque élève à sa vraie nature d’une façon symbolique qu’il faut évidemment déchiffrer, pour se rendre compte de leurs véritables états d’âmes. Il n’y a évidemment qu’en affrontant cette vérité qu’ils pourront sortir de cette guerre des rêves. Forcément, les sujets abordés sont loin d’être légers : isolement social, quête identitaire, viol, etc. Et le manga ne fait pas toujours dans la dentelle niveau symbolisme ou image. Malgré tout, le traitement des personnages et de leurs tourments est véritablement intéressant, et plutôt bien abordé pour l’instant, même si je redoute que cette finesse soit perdue dans le reste de la série. Je lirai volontiers la suite de cette série, une fois que j’aurai mis la main sur les tomes suivants. (Les livres qui ne sont plus édités et qui sont difficiles à trouver, c’est une spécialité chez moi.)

Lettres à l’ado que j’ai été, collectif / 2018

Le topo : Vingt-huit lettres que diverses personnalités publiques (Titiou Lecoq, Dedo, Marion Seclin, Océanrosemarie, etc) adressent à leur « eux » plus jeune, adolescents.

Le résultat : Outre le fait de ne pas connaître la plupart des gens ayant écrit ces lettres, il faut admettre que ce recueil a souvent des moments poignants ou nostalgiques, pour tous ceux qui ont vécu une adolescence plus ou moins ordinaire. Les auteurs y parlent souvent de sujets durs (harcèlement scolaire, suicide), de la peur d’échouer, de réussir, en tant qu’adolescent, des rêves perdus ou conquis… Mais tous ont une touche, un humour, bienveillants, ne portant pas trop de jugement sur qui ils ont été, seulement en donnant des conseils, en faisant remarquer le chemin parcouru depuis leur adolescence. Et nul doute que ces textes parleront aux ados d’aujourd’hui, peut-être même avec nécessité, sur les sujets durs abordés ou sur le besoin d’avoir confiance en soi, de se laisser le temps de grandir, d’apprendre, de profiter de la vie.

Retour à Brideshead (Brideshead revisited), Evelyn Vaugh / VO 1945, VF 1946

Le topo : Charles Ryder, militaire, fait un détour avec sa troupe par Brideshead, une propriété anglaise. Mais en revoyant la demeure, c’est aussi les souvenirs de sa jeunesse, de son âge adulte, qui reviennent. Il se replonge dans ses années à l’université, avec l’ami qu’il rencontre alors : Sebastian, homosexuel, qui l’invite à passer les vacances à Brideshead. C’est le récit des années d’amitié entre les deux jeunes hommes, avec la famille catholique de Sebastian, puis le mariage de Charles avec une jeune femme, ses dons artistiques qui deviennent son métier, ses retrouvailles avec Julia, la sœur de Sebastian, dont il tombe finalement amoureux.

Le résultat : Souvent décrit comme un A la recherche du temps perdu britannique, Retour à Brideshead est aussi considéré comme le chef d’œuvre de son auteur. Celui-ci y peint en effet un portrait assez sombre de l’aristocratie anglaise d’entre-deux-guerres, parfois avec ironie, mais surtout en pointant du doigt les préjugés, les non-dits de l’époque, l’exclusion, l’hypocrisie. Sebastian est homosexuel, mais de ce fait, rejette sa religion et vivra en exclu, pauvre et alcoolique, bien en-dehors de l’Angleterre. Charles, notre narrateur, a peut-être des sentiments envers Sebastian, mais mènera une vie traditionnelle, ayant des enfants, tombant amoureux de Julia peut-être pour sa ressemblance physique avec Sebastian. L’agnosticisme de Charles est également mis à rude épreuve, tout comme les querelles entre les religions. Le mariage de Charles n’est guère radieux non plus, mariage de raison, d’affaires, plus que de sentiments. Si la première époque – les années d’université – est plutôt joyeuse, un peu excentrique, la seconde partie du roman est tout de même plus sombre, plus triste, plus cynique. Charles Ryder passe d’un âge adolescent où tout est possible, à un âge adulte plus fermé, plus cloîtré, plus désabusé, où il cherche désespérément ce qui peut le soulager : l’art, les souvenirs avec Sebastian, l’amour. Mais dans ce roman, bien peu, ou même aucun, ne trouvent un amour réciproque : il est toujours fourbu d’illusions ou d’impossible. Alors, ce roman n’en demeure pas moins une belle lecture, typiquement britannique, bien écrite, il est tout de même assez triste et mélancolique, d’une façon à laquelle je ne m’attendais pas. Même si j’ai été servie au niveau des histoires de famille à l’anglaise, que je cherchais, en l’ouvrant !

« Nous nous laissons porter et perdre dans la foule sans résister, jusqu’au moment où, ayant la chance de rester en arrière inaperçus, ou d’enfiler une petite rue, nous nous donnons le temps de respirer librement et de voir où nous en sommes ou encore de prendre au contraire la tête de la colonne, de distancer nos ombres, de leur mener un train d’enfer, si bien que, lorsqu’elles parviennent enfin à nous rattraper, elles se regardent de travers entre elles, assurées cette fois qu’il est en nous un secret que nous n’entendons partager avec personne. »

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2 réflexions sur “Lectures de juillet 2018

  1. Compte tenu de tes mésaventures avec Assassination Classroom, tu comprends maintenant pourquoi je préfère acheter que emprunter. red Bien sûr, je peux me le permettre car je lis moins que toi, et que pour l’instant, j’en ai les moyens. Et je note le titre « L’infirmerie après les cours ».

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