Dragon Age Inquisition : L’aventure épique | Gaming Challenge

Dragon Age : Inquisition est le troisième opus de la licence homonyme. Il n’est pas nécessaire d’avoir joué aux deux autres pour comprendre l’histoire du jeu, même si cela permet de mieux saisir l’histoire de l’univers et de revoir certains personnages. Sorti en 2014, le jeu avait été récompensé par plusieurs prix, et aussi tout simplement par un vif succès, en faisant probablement un jeu incontournable dans son genre. Pour le Gaming Challenge en cours avec F. de l’O. , il se retrouve immanquablement attribué au critère « Un jeu vidéo long à terminer (plus de 50h) ou RPG ». J’admets qu’il m’a bien fallu environ 150 heures (réparties sur bien des mois) pour le compléter et finir son histoire, y compris avec les DLC rajoutant trois aventures à l’intrigue principale. Au passage, il s’agissait aussi du jeu auquel F. de l’O. m’avait mise au défi de faire, dans le contexte de son Top 10 des jeux vidéos.

Dans le monde fantastique de Thédas, suite à l’assassinat mystérieux de la Divine, une brèche s’ouvre dans les cieux, laissant s’échapper des hordes de démons de l’Immatériel. Des failles apparaissent de ci et là dans les royaumes d’Orlaïs et Ferelden. La seule personne ayant réchappé de l’assassinat, pourrait bien être le sauveur du chaos : une ancre magique sur sa main lui permet de refermer toutes ces brèches. L’Inquisition est alors proclamée en tant qu’organisation veillant à sauver le monde, recrutant autour du héros – ou de l’héroïne – plusieurs compagnons partageant ces idéaux… et la lutte contre un ennemi redoutable.

De la fantasy épique

Dragon Age Inquisition propose un vaste univers, riche en références, au solide passé historique. Parfois trop, peut-être : comme tout RPG au monde soigneusement élaboré, il faut parfois un peu de temps pour comprendre tous les enjeux, saisir tous les conflits. Une fois ce temps d’adaptation passé, on se retrouve avec un monde de fantasy immense, aux nombreuses régions toutes plus diverses les unes que les autres : les cités flamboyantes, des marécages, des côtes parcourues de flots violents, des déserts aux landes interminables, des forêts gigantesques, des montagnes, des plaines… Le dépaysement est là, chaque région ayant sa particularité et ses paysages propres. Et c’est un immense plaisir de les parcourir avec son protagoniste, pour refermer certes les failles ouvertes depuis la brèche dans les cieux, mais aussi pour suivre des quêtes liées à ses compagnons d’équipe, à la lutte contre Corypheus, le grand ennemi de cet enjeu, ou se mêler de la politique et des guerres civiles.

Dans cet univers où se tissent les alliances et où les pouvoirs politiques se négocient et se corrompent, il est parfois difficile de savoir où se situer. Néanmoins, le héros – ou l’héroïne – se verra aidé(e) par plusieurs compagnons, recrutés en cours de route. De plus, il/elle prendra même la tête de l’Inquisition. Qu’il/elle s’affirme comme partisan de la religion en place, des mages ou des templiers, aux intérêts différents, le but reste le même : refermer la brèche, puis vaincre Corypheus et l’empêcher de dévaster le monde. Le but est simple, et l’Inquisiteur-trice est globalement bienveillant(e), avec le dessein de ramener la justice et l’ordre. Mais cette quête principale est étoffée de nombreuses autres, et vous passerez bien des heures à arpenter les différentes contrées du jeu, à participer à un bal costumé à l’influence politique déterminante, à résoudre les énigmes autour de la Garde des Ombres, à sauver un village menacé de démons, à soutenir la prochaine Divine, ou encore à affronter des dragons. Inutile de bouder son plaisir : Dragon Age Inquisition est une aventure épique, prenante, avec bien des rebondissements (jusqu’à la toute fin), aux musiques aventureuses. Et si l’action et les péripéties sont la règle générale, on y trouve tout autant de l’émotion, que des moments mystiques et surnaturels, comme cette évocation d’un futur alternatif où Corypheus aurait gagné.

Un RPG complexe et ambitieux

A ma décharge, je n’ai finalement pas tant fait de RPG que ça, en-dehors de Final Fantasy et de The Witcher III. Si ce dernier est mon coup de cœur en matière de RPG, Dragon Age Inquisition n’en a pas à rougir. Il permet la personnalisation totale du héros de l’histoire : homme ou femme, elfe, nain, ou Quinari, et avec les différentes classes habituelles : voleur, mage, guerrier. Le visage, la voix, les cheveux, tout est personnalisable. Ce sera aussi à vous de décider de son orientations sexuelle, lors d’une tentative de romance un autre personnage de l’équipe. La personnalisation à un tel niveau est en tout cas très agréable, permettant d’avoir un héros ou une héroïne totalement unique. Évidemment, on trouvera aussi la personnalisation des capacités des personnages, selon leurs classes et leurs armes (magies élémentaires ou immatérielles, armes à deux mains, pièges, arcs, etc, chacun possédant plusieurs degrés d’attaques), l’Inquisiteur ayant la particularité unique de pouvoirs liés à l’ancre dans sa main. Armures, armes et sceaux renforceront les capacités de vos équipes. Il y en aura bien besoin lors de certains combats colossaux de la quête principale, des DLC (mention spéciale au Gardien de la Descente) ou en affrontant les dragons-sires du jeu. Un autre détail, pas des moindres, est la possibilité de personnaliser Fort Céleste, votre quartier général, un immense château que vous pouvez préférer dédier aux mages ou aux Templiers. L’Inquisition elle-même peut choisir d’affûter ses armées, sa coordination, ou encore ses négociations avec les autres contrées. Il y a de quoi faire…et en tant qu’Inquisiteur, vous pouvez même juger les traîtres que vous rencontrez lors de diverses quêtes, en les exilant, les tuant, ou les recrutant pour l’organisation.

Par ailleurs, de nombreuses options sont aussi proposées lors des dialogues, des jugements, des décisions importantes et secondaires au cours de l’aventure. Il est probablement impossible d’avoir un Inquisiteur malveillant (extrêmement cassant ou froid, peut-être), mais les choix des dialogues permettent d’influencer sur l’histoire en cours, sur vos affinités avec les autres personnages de l’équipe. Certaines réactions se basent ainsi plus sur l’émotivité, la colère, ou la réflexion ; et chaque protagoniste aux alentours contestera ou approuvera vos actes, vous permettant de monter dans leur « barre d’approbation » à un niveau invisible. C’est ainsi que vous pourrez nouer des liens d’amitiés ou d’amour plus ou moins importants avec les autres personnages jouables, accéder à des quêtes vous permettant d’en savoir plus sur eux et leur passé. Parfois, ces quêtes ont même une influence sur l’histoire principale, en délivrant des choix de dialogue supplémentaires. Et pour certains, de trop grands désaccords peuvent même les amener à quitter l’Inquisition. Tout ce système est extrêmement bien pensé et accorde une belle liberté au joueur. Les DLC permettent d’explorer un nouveau territoire (Les Crocs d’Hakkon), de descendre dans des mines nains dignes de la Moria (La Descente) ou d’assister à un véritable épilogue pour l’Inquisition et les personnages, deux ans après la mort de Corypheus (Intrus).

Une fraternité de compagnons

Une grande partie du charme de Dragon Age Inquisition est sans aucun doute les compagnons dont l’Inquisiteur peut s’entourer. Au nombre de huit, ils possèdent tous des caractères différents et bien trempés : Cassandra, la chercheuse qui vous trouve au début du jeu et vous pousse à refermer les brèches, méfiante envers vous. Au fond, elle cache une âme de romantique en dépit de sa dureté et de ses jugements bien arrêtés. Solas, l’elfe mage, assez énigmatique, qui vous guide dans l’utilisation de votre ancre. Sera, une elfe voleuse qui s’est proclamée comme une sorte de Robin des Bois, à l’humour acerbe et que les préoccupations des puissants indiffère grandement. Blackwall, un Garde des Ombres bienveillant, certes un peu rude et introverti, mais qui a une véritable quête de rédemption. Iron Bull, un Quinari qui pourrait laisser croire qu’il n’est qu’un tas de muscles, si lui aussi n’avait pas de l’humour et ne s’était pas entouré de la Charge, une petite équipe complètement diverse, un ode à la tolérance. Vivienne, une femme magicienne le plus souvent hautaine et condescendante, menant ses intérêts avant tout le reste, et assez imprévisible. Dorian est également un mage, au premier abord superbe et ironique, mais qui est en vérité très sensible et a été rejeté par sa famille à cause de ses préférences sexuelles. Varric est un nain, auteur de plusieurs romans d’aventures, trop rusé pour être totalement honnête. Cole, quant à lui, est un esprit de compassion, soit un démon de l’Immatériel qui a pour but de soulager les peines des humains en influençant leurs pensées. En-dehors de ces personnages jouables, en gravitent d’autres non-jouables : Cullen, le commandement des armées de l’Inquisition, au caractère dur et impitoyable, mais aussi touchant et très humain ; Léliana, la maître-espionne, quelque peu tourmentée ; et enfin Joséphine, ambassadrice de l’Inquisition, une noble engageante et au rire assez contagieux. Il serait injuste de ne pas citer Morrigan, qui a une certaine importance et un design tout à fait classe. Globalement, mon Inquisitrice s’est entendue avec un peu près tout le monde, exceptée Sera avec qui la relation s’est détériorée, et Vivienne, qui est franchement énigmatique.

Tous ces personnages, on apprend à les connaître durant l’aventure, en échangeant avec eux et assistant à diverses cinématiques. Celles-ci sont véritablement charmantes et appréciables, car, tout comme l’Inquisiteur ne s’entend pas forcément avec tout le monde, les autres s’entendent aussi plus ou moins bien, se permettant blagues ou taquineries, et des parties de jeux à boire. C’est un véritable plaisir de voir cette équipe se former et interagir, et pas qu’avec le héros de l’histoire. Cassandra vous demande ainsi les dernières pages du roman de Varric, dont elle est fan ; vous accompagnez Sera dans les tours qu’elle joue aux autres membres ; vous verrez Cole aider un des membres de la Charge d’Iron Bull à se caser ; le même Cole peut devenir humain, ou rester esprit, selon si l’on suit l’avis de Solas ou de Varric ; Cullen demande de l’aide pour se débarrasser de sa dépendance au lyrium, un matériau renforçant ses capacités physiques. Notons également qu’une part belle a été faite à la diversité sexuelle dans ce jeu, en plus des races. Votre personnage peut être hétérosexuel ou gay, et si la plupart des compagnons sont hétérosexuels, Dorian est gay, Sera lesbienne, et Joséphine bisexuelle. (Solas étant le plus difficile à romancer, ne voulant qu’une femme elfe, si ma mémoire est bonne.) D’autre part, le jeu aborde aussi la transidentité, avec la présence de Crem, un homme trans appartenant à la Charge d’Iron Bull, et qui se fera une joie de vous faire un discours édifiant sur sa manière de vivre, si vous lui posez des questions. Quant à la romance, j’ai choisi celle de Blackwall – non sans moult hésitations avec Sera, Iron Bull et Joséphine. Je n’aime pas laisser échapper des occasions de mieux connaître les personnages, que voulez-vous.

Autant dire que lors du DLC Intrus, qui sert de véritable épilogue au jeu, revoir tous ces personnages deux ans après la fin de la quête principale, leur évolution, est émouvant. Aussi, il est original d’assister à ce qui arrive à une telle organisation, une fois son but atteint, là où les histoires d’aventure se terminent bien avant ! (Sans parler des crédits de fin, où on entend Cassandra lire le livre de Varric sur l’Inquisition, avec amusement, en imitant les personnages.) Et quel plaisir, vraiment, d’assister à la formation d’une telle équipe, d’entendre les critiques ou commentaires des personnages sur votre Inquisiteur. « L’Inquisitrice était hilarante, voilà ce qu’on dira de vous dans dix ans », a notamment dit un jour Cassandra à mon personnage, sans doute après une blague de trop…

Conclusion

Comme le jeu est sorti il y a bien des années, cette critique n’apporte sans doute rien de bien nouveau à la postérité de Dragon Age Inquisition. Il mérite amplement sa réputation d’excellent jeu, tout simplement son titre d’aventure épique. Même si je ne le porte pas autant dans mon cœur que The Witcher III, il propose une histoire tout simplement passionnante et entraînante, et avec un système de compagnons qui vaut amplement le détour.


7 réflexions sur “Dragon Age Inquisition : L’aventure épique | Gaming Challenge

  1. Ah, j’avais hâte de lire cet article. Sans être surpris, je me réjouis que le jeu t’ait plu. Si l’univers t’a plu, je sais qu’il existe des comics. Mais je n’ai pas bcp d’informations sur le sujet. Je n’ai personnellement pas trouvé que les références étaient trop nombreuses. C’est déjà moins touffu que dans The Witcher 3 ou même Skyrim. Mais c’est probablement parce que j’ai fait le jeu deux fois. Dragon Age a beau dater, il reste très beau, et il est trop peu imité par les RPGs actuels. J’ai rarement retrouvé des jeux où les régions étaient aussi différentes, où le héros était entièrement personnalisable et où le système de relations était aussi naturel. La seule chose qu’on peut regretter est de ne pas pouvoir être plus mauvais, certes. Mais au final, ça aussi c’est très rare, à part dans Star Wars, KOTOR, qui poussait la chose à son paroxysme. Et tu fais bien d’insister sur la richesse des personnages secondaires. C’est l’un des rares jeux où on a le sentiment d’appartenir à une communauté. Il y avait aussi Final Fantasy 15 pour cela, mais les persos étaient moins nombreux.

    Aimé par 2 personnes

    1. Effectivement, je suis allée voir ça rapidement, il y a eu des comics, dont quelques-uns publiés en français. Je me pencherai peut-être dessus à l’occasion. J’admets que j’ai pris beaucoup moins le temps de lire avec attention les livres, parchemins, etc, qu’on trouve dans Dragon Age, que lorsque j’ai fait The Witcher III. Mais effectivement, l’univers est plus compréhensible même avec cela, peut-être parce qu’il évoque davantage les histoires de fantasy auxquelles nous sommes habitués. Ou bien c’est le fait que tu aies fait le jeu deux fois. red Et je suis tout à fait d’accord, il est vraiment très beau, tant dans les décors que dans la caractérisation des personnages. Mon Inquisitrice avait une tête vraiment sympa et je ne l’oublierai pas ! Le système des relations est vraiment un des points forts du jeu, et il y doit une bonne partie de mon avis positif. Le sentiment d’appartenance à une équipe est vraiment fort, et on a envie qu’ils continuent tous à se revoir, après la fin de leur aventure. Et puis les quêtes sont aussi toutes globalement sympas, sans virer dans aller chercher les 15 pigeons de M. Truc.
      Oui, pour le système du personnage négatif, je suppose que c’est en effet bien rare. J’avais commencé Kotor en allant vers la lumière, ce serait dommage de changer en cours de route exprès pour ça, mais voir l’inverse me plairait aussi.
      Merci pour ton avis, et encore merci pour ce jeu. 😀 En attendant peut-être un futur Dragon Age à venir…

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  2. Lorsqu’on joue environ 150 heures à un jeu vidéo, cela en dit long sur la qualité du titre. Ton article lui rend d’ailleurs honneur. Pour y avoir joué (j’ai fait le début, comme beaucoup d’autres jeux, XD), Dragon Age Inquisition me donne l’impression d’être un RPG à l’ancienne qui a su se moderniser pour s’approprier les codes modernes. Il s’agit donc d’un bon compromis pour plaire au plus grand nombre. Je te remercie pour ton avis qui m’a donné envie de me replonger dans cet univers.

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    1. Il faut continuer Dragon Age Inquisition, voyons ! Mais oui, ça respecte autant une certaine tradition épique type Seigneur des Anneaux, qu’un côté moderne avec le système d’affinités entre personnages. Franchement, je n’étais pas très sûre d’y accrocher totalement au début, et j’y ai passé 150 heures (186 même d’après la vidéo PS4, ahah) au final. Je confirme, faut vraiment que tu t’y relances.

      Aimé par 1 personne

      1. Ce jeu me fait peur… Ma vidéo PS4 m’a appris que j’avais passé plus de 100 heures sur Dust: An Elysian Tail, un action-RPG faisable en 10 fois moins de temps (visiblement, j’ai passé beaucoup plus de temps que je ne le pensais sur certains défis pour le platine). Alors si je fais de même avec Dragon Age, j’en ai pour 1000 heures ! XD

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