Concrete Genie | Redonner son âme à une ville et à l’enfance

 Concrete Genie est un jeu vidéo d’action et d’aventure sorti assez discrètement début octobre 2019, et produit par PixelOpus. Il met en scène Ash, un jeune garçon doué pour le dessin, dans la ville de Denska, laissée à l’abandon et dépeuplée à cause de la pollution. Une bande d’enfants lui vole alors son carnet de dessins, éparpillant au vent tous ses croquis. En les récupérant en partie, il s’aperçoit alors que son pinceau peut donner vie à ses illustrations, sous la forme de Génies. L’un d’entre eux, Luna, lui donne alors pour mission de donner de nouvelles couleurs à Denska et de débarrasser la ville de sa noirceur…

Pour une fois, ce ne sera pas une analyse spécialement en profondeur du jeu que cet article : plutôt simplement mes impressions sur Concrete Genie. Car le jeu est destiné au jeune public, et s’il offre des pistes de réflexion intéressantes, celles-ci restent à la surface. D’ailleurs, il n’offre pas non plus beaucoup de difficulté ou de challenge, en-dehors des mini-quêtes à résoudre pour les trophées.

Concrete Genie se révèle un peu difficile à prendre en main au début, notamment quand il s’agit de laisser libre cours à la créativité de Ash et de peindre des décors – grâce aux motifs, illustrations récupérées avec les pages de son carnet de dessins. Il faut un temps pour s’habituer à cette façon de dessiner, pas toujours très fluide. Mais ensuite, cela devient un plaisir de pouvoir peindre sur les murs de la ville. On s’amuse très rapidement à dessiner des paysages sur chaque bâtisse ou le long des façades de Denska, permettant également aux Génies créés par Ash de s’aventurer dans ces décors et de jouer avec. Il est adorable de voir les Génies s’y amuser à croquer des pommes, à se balader sous la pluie, à frissonner face au tonnerre, à s’asseoir devant un feu de camp… Ces interactions sont terriblement plaisantes, d’autant qu’Ash peut également converser, jouer avec eux, les chatouiller ou leur demander de l’aide. Ces Génies et cette façon de redonner vie à la ville, en lui peignant des décors et des couleurs, est l’un des charmes du jeu.

Là où Concrete Genie plaît également, c’est par sa direction artistique. Les couleurs, les formes, l’ambiance, tout rappelle à la fois certains films d’enfance, l’enfance en elle-même, mêlant nostalgie et émotion dans cette petite cité côtière, qui devait être si agréable avant sa pollution. On se balade avec curiosité dans la ville, même polluée et à l’abandon, prêtant attention aux petits détails des décors, aux devantures des bâtiments, en contemplant la mer qui entoure la ville, ou en observant la fière silhouette du phare. Et c’est un vrai plaisir ensuite de voir Denska retrouver de l’éclat et des couleurs grâce aux peintures faites ici et là, faisant littéralement revivre la ville. On passe d’un gris et d’un marron ambiant, rempli de fumées et de décombres, à de la lumière, des nuances de couleurs variées, une véritable illumination qui fait voir Denska d’un autre oeil. Personnellement, ne sachant guère dessiner, la présence de motifs prédéfinis pour peindre m’a bien aidée, mais cela peut devenir ensuite un peu répétitif et frustrant de devoir toujours utiliser les mêmes. Surtout qu’on trouve vite ses illustrations favorites !

Le scénario du jeu, s’il n’est pas particulièrement original, fonctionne plutôt bien. On s’attache assez rapidement à Ash et à ses Génies, et on fuit avec lui la bande de gamins qui le harcèle. Peut-être aurait-il été bien que l’histoire se révèle plus approfondie et plus mature, afin de rendre Concrete Genie réellement marquant. Ash subit un harcèlement de la part de gamins qui ont eux-mêmes des vies difficiles, qu’on découvre au fur et à mesure – dans une mise en scène là encore tout en hommage au dessin et à l’art en général. Mais ces « explications » sont tout de même rapides et un peu superficielles, tout comme les relations entre Ash et ses ennemis évoluent un peu vite. La protection de l’environnement est aussi un des thèmes du jeu, comme le prouve l’abandon de Denska suite à une marée noire. A travers Ash et ses Génies, on parle aussi d’amitié, du pouvoir de la créativité et de l’imagination, de pouvoir redonner des couleurs à un endroit détruit, tout comme d’en voir la noirceur. En somme, des thèmes bienvenus, mais qui auraient pu sans doute être mieux exploités et plus approfondis.

Malgré ses défauts (d’un point de vue adulte en tout cas), Concrete Genie est toutefois très agréable à jouer. C’est un jeu charmant, dans lequel on prend plaisir à se plonger, à explorer Denska pour découvrir ses moindres recoins. On se retrouve souvent à peindre et illuminer des murs simplement pour la beauté du geste et la satisfaction de le faire, de manière très apaisée. L’histoire est honnête, la direction artistique et l’ambiance rendent l’aventure tout simplement entraînante et merveilleuse à découvrir. Ainsi, des flash-back ou des moments de narration précis sont souvent mis en valeur avec une autre ambiance : noir et blanc, tons ocres et sépia. Il y a dans Concrete Genie un petit hommage aux couleurs de l’enfance, un goût certain pour le dessin. Alors, c’est un jeu sympathique, avec ses qualités et défauts, qui ne marquera pas très longtemps et qui n’est pas dans le haut de la pile. Mais il a de quoi faire passer d’agréables heures dans son univers soigné et chaleureux, comme on prendrait plaisir à relire ou revoir des histoires cultes de sa propre enfance, avec nostalgie et familiarité.

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6 réflexions sur “Concrete Genie | Redonner son âme à une ville et à l’enfance

  1. Dans l’ensemble, je partage ton avis sur le jeu. On peut lui reprocher son manque de profondeur et de maturité. Et la rigidité des mécaniques de gameplay. J’ai fini par maîtriser les mécaniques mais la manette PS4 n’est sans doute pas la plus appropriée pour ce jeu. Malgré ces petits défauts, le jeu est rafraichissant grâce à son concept original et sa DA géniale. Par contre, je suis la seule à avoir trouvé le boss final chiant, alors qu’on était pas habités aux combats avant ? 😀

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    1. Le gameplay est dur à prendre en main lors de la première session de jeu, c’est clair. Ah, le boss final m’a donné un peu de fil à retordre, mais j’ai trouvé que ça allait, même si ça change du reste de l’esprit du jeu. Mais le temps de comprendre ce qu’il faut faire et de bien s’y prendre, trois ou quatre morts au moins !

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  2. Je suis rassuré de lire que le gameplay trop cloisonné et la difficulté de prise en main de la manette ne sont pas une invention d’Arnaud. Visiblement il a vraiment galéré avec les fonctionnalités gyroscopiques de la manette… C’est dommage je trouve car le jeu a l’air d’avoir une direction artistique de toute beauté. La seule chose qui m’a freiné c’est l’obligation de posséder un casque VR pour obtenir tous les trophées à 100 % !

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    1. Oui, le jeu n’est pas simple à prendre en main au début ! Ce n’est qu’à la deuxième fois où j’ai lancé le jeu, que mes mains/mon cerveau avaient acquis le truc pour bien manier le pinceau du héros. Comme quoi ça n’est pas évident. Et c’est effectivement dommage par rapport à l’ambiance et les couleurs du jeu. Je comprends pour les trophées, moi aussi ça me frustre un peu d’avoir le platine, mais le jeu fini à seulement 95% !

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