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Archives de Tag: Kieron Gillen

Lectures de juillet 2017

   La splendeur du pingouin (Penguin : Pain and Prejudice) – Kudranski Szymon & Hurwitz Gregg, 2012

Le topo : Comment le Pingouin est-il devenu l’un des criminels les plus redoutés de Gotham ? Quel a été son passé pour le mener à devenir un être aussi cruel et impitoyable, et pourtant capable de plus d’humanité que certains antagonistes de Batman ? Ce comics présente une version de l’histoire du Pingouin, un des personnages les ambigus de l’univers de Batman.

Le résultat : Tout simplement un comics superbe sur le protagoniste du Pingouin, qui lui donne une autre histoire que celle de la série Gotham ou le film Batman le défi de Tim Burton. L’exercice aurait vite pu sombrer dans les clichés, mais c’est une genèse intelligente et sombre du Pingouin qui est proposée là, servie par des dessins tout en ombres et en lumières, qui jouent avec les contrastes et une atmosphère volontairement tournée vers le tragique. On découvre ainsi le Pingouin benjamin d’une famille qui n’aura de cesse de le mépriser, en-dehors de sa mère, rejeté par ses proches et par ses camarades d’école. Évidemment, c’est cette haine venant du monde extérieur qui le mène à devenir aussi impitoyable, calculateur et terrible, comme le prouvent les moments où il détruit littéralement la vie de chaque personne le sous-estimant ou le raillant. Outre cette ascension et cette puissance, on voit aussi sa romance avec une jeune femme aveugle, persuadée qu’il est un homme de bien. L’histoire ne peut que mal finir, mais ce comics vaut le détour pour ceux qui aiment l’univers de Batman ou le personnage d’Oswald Cobblepot.

Phonogram : Ex Britannia (tome 1, en version couleurs) – Kieron Gillen, Jamie McKelvie, Matt Wilson, 2006 (Abandonné)

Le topo : Dans un monde où la musique est magique, le phonomancien David Kohl enquête sur la mort de la déesse de la pop, Britannia.

Le résultat : De Phonogram, je ne pourrais pas dire grand-chose, étant donné que j’ai abandonné la lecture au premier quart. Si l’ouverture s’avérait assez intéressante, pour quiconque ne connaît pas bien les courants de musique pop ou même généraux, certaines références à la pop-culture, la lecture perd vite de l’intérêt en même temps que de la compréhension. Difficile de continuer dans une lecture où on n’a pas toutes les références pour comprendre ce dont les personnages parlent, ou peut-être même le contexte très londonien de l’histoire. L’intérêt de l’histoire n’a pas suffi pour outrepasser cette lacune.

Barracuda : Esclaves (tome 1) – Jean Dufaux & Jérémy, 2010

Le topo : Durant l’époque de la piraterie, la cour de Dona Emilia del Scuebo se fait attaquer par l’équipage du capitaine Barracuda. Les prisonniers faits se retrouvent vendus comme esclaves sur une île qui sert de repaire aux pirates. Parmi eux, la fille d’Emilia del Scuebo, et leur valet, qui se retrouve déguisé en fille pour s’assurer une chance de survie. Le destin des pirates et des esclaves se croise, cherchant le trésor des Scuebo pour les premiers, et à survivre, pour les autres.

Le résultat : Il m’est plus difficile de chroniquer les BD, mais j’ai apprécié celle-ci, tant par son histoire que ses dessins, qui représentent avec soin l’univers des pirates dans ses détails, et en même temps avec un trait rugueux, sombre, qui convient parfaitement à cette atmosphère. Il faut sans doute plus qu’un tome pour complètement accrocher à cette série, mais le parti pris de débuter une série sur les pirates depuis la terre ferme, est intéressant. Quant aux deux jeunes héros, on est curieux de les voir évoluer dans un univers dangereux, loin de leur monde habituel, et de savoir comment ils vont s’en sortir par la suite…

Pirates de tous les pays : l’âge d’or de la piraterie atlantique (1716-1726) (Villains of All Nations: Atlantic Pirates in the Golden Age) – Marcus Rediker, 2004

Le topo : Retracer l’histoire de l’âge d’or de la piraterie (1716-1726) du point de vue économique, social et historique, et surtout la vie des pirates de l’époque au quotidien, les raisons de devenir pirate, leurs conditions de vie et de mort, leur organisation sur un navire, le tout en exposant la vie des plus célèbres d’entre eux.

Le résultat : Un livre passionnant à lire, bien qu’il se révèle un peu touffu au début en replaçant le contexte de l’époque du XVIIIe siècle. Sans jamais être élitiste, l’auteur parvient à raconter son sujet de façon passionnante et à présenter la vie des pirates en s’accompagnant des sources de l’époque. Ainsi, il évoque des chapitres très divers mais très complets : ce que représentait la piraterie pour l’époque (un ordre social indépendant et libre, plus juste et plus égalitaire, quoique empreint de violence et où on ne vivait jamais très longtemps), comment certains marins ou esclaves devenaient pirates, les tentatives d’oppression et de condamnation faites par les autorités envers eux, la façon de vivre des pirates, leurs règles, leur philosophie de vie qui tenait parfois presque de l’engagement contre la société, ou encore la façon dont ils déstabilisaient et renforçaient en même temps l’activité économique des mers… On croise aussi la description de la vie de célèbres pirates, tels Barbe-Noire, Anne Bonny, Mary Read ou Walter Kennedy. Bref, si l’on veut découvrir la vie des pirates tout en gardant le contexte de l’époque à l’esprit, et en s’éloignant des clichés engendrés par l’imaginaire collectif, c’est un excellent ouvrage.

Swastika Night (écrit sous le pseudo de Murray Constantine) – Katharine Burdekin, 1937

Le topo : L’auteur livre une dystopie sur un monde gouverné par le Saint Empire Germanique, des siècles après la victoire d’Hitler. Dans cette société, les nazis et les chevaliers sont à la tête du gouvernement, les étrangers servent de main d’œuvre, les femmes ne sont là que pour la reproduction. La société sur une mythologie divine établie autour d’Hitler et sur l’ignorance de ce qui existait avant lui, les Allemands étant un peuple sans passé au-delà de cela. Quand un Anglais en pèlerinage croise la route du chevalier Von Hess, il séduit suffisamment le chevalier pour que celui-ci se décide à lui confier un secret qui le remet en cause sur le monde tel qu’il est…

Le résultat : Ce bouquin a été difficile à lire, en partie par son sujet, qui expliquait pourquoi j’avais du mal à rentrer dans le rythme de la lecture. Ensuite, j’ai – toujours maintenant – du mal à réaliser que ce livre a été écrit avant l’avènement du nazisme et avant la Seconde Guerre Mondiale, alors qu’il retrace avec une extrême clarté ce qui est arrivé les années suivantes. Peut-être est-ce son aspect dystopique, d’une anticipation assez terrifiante pour l’époque, qui met à ce point le lecteur à distance. Pourtant, quand on voit le caractère prophétique du roman, c’est assez effrayant. J’ai toujours été fascinée par les dystopies « à l’ancienne » (non pas celles sorties ces dernières années, mais 1984, Le Meilleur des Mondes, etc.) et en apprenant l’existence de celle-ci, j’ai également voulu l’ajouter à mes lectures. Dans cette dystopie/uchronie, le Saint Empire Germanique domine la moitié du monde dans une sorte de système féodal, extrêmement codifié, articulé autour d’une mythologie hitlérienne, où le passé avant sa victoire n’existe tout simplement pas : personne n’en a souvenir. Les femmes y sont réduites à des êtres plus animaux qu’humains, sans véritable conscience, au potentiel génétique et intellectuel dégénéré par des siècles de mauvais traitements : elles sont là uniquement pour servir de mères reproductrices. Même les musiques et l’art sont germanisés, les familles n’existent pas, la virilité est privilégiée à tout prix. Comme on s’en doute, le but du roman est ensuite de faire découvrir aux protagonistes la véritable histoire derrière ce monde autoritaire, ce qui ne se fait pas sans remise en questions pour les personnages. Cela permettra à l’auteur d’expliquer comment ce monde a pu finir par exister, par de nombreuses discussions philosophiques et théologiques, et par la même occasion, d’avertir – pour l’époque – du danger des régimes autoritaires et dictatoriaux.

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Publié par le 2 août 2017 dans Lectures

 

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Lectures de juin 2017

L’amie prodigieuse (L’amica geniale) – Elena Ferrante, 2011

Le topo : Le premier tome de la saga consacrée à la vie de deux jeunes filles du Naples des années 50, dans un quartier pauvre subissant la crise économique. On suit le quotidien d’Elena Freco et de Raffaella « Lila » Cerrante, toutes deux jeunes enfants puis adolescentes, au milieu des autres personnages hauts en couleur qui peuplent le quartier, les rivalités entre familles, l’apprentissage des deux héroïnes à l’école et leur découverte de l’âge adulte…

Le résultat : L’amie prodigieuse fait partie de ces romans où il faut dépasser les cinquante pages et quelques avant d’être happé, sans trop savoir pourquoi. Mais on n’arrête plus de tourner les pages, pour découvrir la vie d’Elena et de Lila, les rebondissements qui ponctuent leur existence, paraissant parfois surréalistes pour un quartier populaire de Naples et un récit historique. Pourtant, la façon dont cela est raconté, les détails à chaque situation, nous y font croire et plonger très vite dans cette ambiance de l’Italie des années cinquante. A cela, on peut supposer que la partie semi-autobiographique de l’œuvre n’y est pas étrangère. On ressent, au-delà de l’écriture simple et fluide, du vécu, ce qui permet sans doute au livre d’être aussi agréable à lire et fascinant, dans ce récit du quotidien. Peu importe la véritable identité de l’auteur se cachant sous le pseudonyme d’Elena Ferrante et qui fait débat : de quel droit devrait-on imposer à un écrivain de sortir d’un anonymat volontairement choisi, alors que par cet effacement il valorise son œuvre ? La seule chose qui compte est l’agréable moment de lecture passé avec ce livre, l’évasion qu’il provoque et la plongée dans un autre pays, à une autre époque, de façon réaliste et sincère. Et ce en compagnie de personnages parfois crus et durs, mais attachants, même quand ils ne sont qu’en arrière-plan.

13 Reasons Why (aussi publié sous le titre de Treize raisons) – Jay Asher, 2007

Le topo : Hannah Baker a mis fin à ses jours. Mais l’adolescente a laissé derrière treize cassettes audio, où elle s’exprime sur les treize raisons l’ayant poussée à cette extrémité. Par l’intermédiaire de Clay, lui-même désigné comme une des ces raisons, les enregistrements audio défilent et permettent de comprendre l’état d’esprit d’Hannah. Ou comment l’accumulation de moqueries, de harcèlement et de mal-être peuvent conduire à un tel geste…

Le résultat : Peut-être moins puissant que la série qui en a été adaptée, ce roman est pourtant tout aussi cru et perturbant, au point qu’il paraît difficile de comprendre comment la série a pu être accusée de faire l’apologie du suicide. La série est en effet très fidèle au livre, et pour autant que je me souvienne, jamais Treize raisons (premier titre français) n’a provoqué une telle polémique à la sortie de sa première édition, en 2007. D’ailleurs, la littérature adolescente et jeune adulte a l’art de sortir des textes parfois très difficiles et pourtant nécessaires. Ce roman y appartient totalement, relatant en parallèle l’écoute des cassettes par Clay, ses réactions, ses interrogations, lui qui a été un acteur de la chute d’Hannah ; et la voix audio de la jeune fille elle-même, décrivant petit à petit la spirale du quotidien qui l’a ensevelie. On y comprend comment l’indifférence et la méchanceté, volontaires ou non, de ses camarades de classe et des adultes, peuvent devenir terribles à supporter, et à quel point des actes banaux peuvent en vérité être violents. Toutefois, loin d’être une vengeance, les cassettes d’Hannah lui servent surtout de dernière confession, de dernier sursaut de vie, mais qui n’aura pas suffi à la détourner de la noirceur. Pour le portrait de l’adolescence tourmentée, quotidienne et durement réelle qui en est faite, et la prise de conscience de Clay de l’importance des actes de tous les jours, 13 Reasons Why remplit parfaitement son but, sans mauvaise complaisance pour autant, et avec de l’espérance à la dernière page.

La légende Final Fantasy VIII – Rémi Lopez, 2016

Le topo : Un livre retraçant l’histoire de Final Fantasy VIII, sa création, ses nouveautés techniques, ses personnages, sa réception dans le monde du jeu vidéo, les multiples théories qui en sont nées.

Le résultat : Final Fantasy VIII est un des jeux vidéo de mon enfance, et il fait incontestablement partie de mon imaginaire et de la façon dont celui-ci s’est créé. Lire ce livre a été à la fois redécouvrir un univers dont les implications politiques, militaires et historiques m’étaient passées par-dessus la tête plus jeune, et également retrouver de nombreux souvenirs des moments où j’y jouais, ou l’affection pour certains personnages. Pour quiconque veut savoir plus en détails l’histoire du jeu (non seulement celle de l’intrigue, mais aussi son historique) le livre en fait une parfaite synthèse, avec l’histoire des différentes villes et des sorcières du jeu. Mais on y retrouvera aussi une réflexion sur ce qui a rendu ce jeu tantôt adoré, tantôt haï, puisqu’il mettait au centre de l’histoire une relation amoureuse, des jeunes adultes dans un univers plus occidental, et une importante intrigue se basant sur les théories temporelles. On ne peut également que lire avec intérêt les idées ayant permis la création des divers personnages, et les différentes théories sur l’univers : visant à en combler les lacunes, révéler l’identité du boss final du jeu ou à comprendre la succession des générations de sorcières. Le tout avec la conclusion que même des années après sa sortie, Final Fantasy VIII n’a pas cessé d’intriguer et de faire réfléchir les joueurs, avec ses thèmes mythiques d’amitié, d’amour et de destinée.

The Wicked + The Divine : Commercial suicide, tome 3 (VO) – Kieron Gillen, 2016

Le topo : Douze dieux se réincarnent en des jeunes gens destinés à être des pop stars, afin de transmettre leur art et un certain éveil à la conscience sur Terre. Une humaine du nom de Laura enquête sur eux, en même temps que les dieux commencent à être tués les uns après les autres…

Le résultat : Ce troisième tome se diffère des autres, car il est une « pause » dans l’intrigue principale. Bien que celle-ci continue à se dérouler en arrière-plan, on s’attarde plus sur une histoire liée à une divinité différente à chaque fois : Amaterasu, Tara, Sekhmet, Odin, Morrigan et trois journalistes enquêtant sur les dieux. Chaque histoire est également illustrée par un artiste différent, ce qui donne une ambiance propre à chaque divinité, et parfaitement adaptée. Un moyen efficace de s’appesantir davantage sur des personnages qui étaient là en second plan, de comprendre leurs motivations ou bien leur passé. Et bien qu’ils ne soient pas mes protagonistes favoris, j’ai particulièrement apprécié les récits de Tara et Sekhmet. On y apprend pourquoi Tara s’exclue elle-même des autres dieux. Elle se montre extrêmement touchante dans le fait de regretter que son potentiel artistique personnel, présent avant sa transformation en divinité, soit lacéré par le monde entier qui n’aime que son côté divin et ne demande que cela, niant la personne qu’elle est. Quant à Sekhmet, c’est bel et bien pour la façade entièrement amorale et animale qu’elle présente, qu’elle se montre intéressante. Déesse de pierre sans émotions, déesse de destruction qui se moque entièrement du monde, on éprouve tout de même quelque pitié envers un être qui n’a aucun cœur et aucune âme, mais qui ne s’en rend même pas compte. Les réflexions sur la mortalité sont aussi bien plus présentes et pesantes dans ce tome.

The Wicked + The Divine : Rising Action, tome 4 (VO) – Kieron Gillen, 2016

Le résultat : Présentant des retournements de situation qui peuvent parfois en être exaspérants par leur manque de surprise, le quatrième tome de la série The Wicked + The Divine se démarque certes par ses moments d’action, plus présents qu’auparavant. On accueille avec plaisir l’arrivée de Perséphone, même si sa présence est très théâtrale, et la progression dans l’intrigue globale se fait avec un plaisir de découverte. Certes, rien n’est peut-être très surprenant, au final, mais il est plaisant de voir une guerre entre dieux qui ne soit pas due à un manichéisme certain, et de voir que la diversité des genres, des appartenances sociales et des cultures est toujours aussi appuyée. C’est peut-être le tome se rapprochant le plus des comics habituels de super-héros.

 

Jeux vidéo : Une histoire du 10e art – Philippe Tomblaine, 2015 / Start : La grande histoire du jeu vidéo – Erwan Carlo, 2013

Le topo : Retracer l’histoire du jeu vidéo, en passant par le développement des consoles et des ordinateurs, par les changements sociaux que le jeu vidéo a impliqué, tout en s’arrêtant sur les plus grands titres qui ont marqué cet univers, de Pong, Pac-Man et Mario à Nathan Drake ou Final Fantasy.

Le résultat : Décrire séparément ces deux ouvrages aurait été un peu redondant. Tous deux retraçant l’histoire du jeu vidéo, depuis les toutes premières machines (ordinateurs, salles d’arcades, Atari 2600) jusqu’aux plus récentes, et en s’arrêtant sur les créateurs derrière des licences aussi mythiques que Mario Bros ou Tetris. En expliquant les raisons du succès de ce nouveau divertissement, on remonte les décennies, on découvre l’affrontement sur le marché des consoles Nintendo et Playstation, dans un milieu qui a aussi vu la disparition rapide d’autres consoles n’ayant pas remporté le succès escompté. Sans oublier, bien entendu, un arrêt sur images des titres de jeux célèbres, ou des grandes licences qui perdurent encore jusqu’à aujourd’hui. Le livre de Philippe Tomblaine se révèle sans doute plus exhaustif sur l’histoire des consoles et leur réception par le public, leurs conséquences sociales, que l’ouvrage d’Ewan Carlo, qui fait le choix de valoriser les descriptions de jeux vidéo cultes, des différents genres ou encore l’histoire de ce marché et de cette création artistique en France. Les deux sont en tout cas d’excellents ouvrages pour découvrir le sujet, avec sans doute une préférence pour celui de Philippe Tomblaine.

 
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Publié par le 5 juillet 2017 dans Lectures

 

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Lectures de mai 2017

 Je m’appelle Mina – David Almond, 2010

Le topo : Un journal de la vie de Mina, une petite fille qui a préféré faire l’école à la maison, qui a perdu son père, qui préfère la nature à la ville. Une fillette qui a toutefois un étrange attrait pour la conception des enfers. En tenant son journal, elle fait partager son quotidien et ses intérêts, par la forme de jeux de langage, de défis d’écriture et de calligrammes.

Le résultat : David Almond était l’un des auteurs favoris de mon enfance, et sans forcément continuer à le lire, je garde un œil sur ce qu’il a écrit depuis que j’ai arrêté de le lire. Je m’appelle Mina, c’est le prologue à son premier roman pour la jeunesse, Skellig, un « ange » qui tombe sur terre et qui est secouru par deux enfants, dont Mina. Alors si je ne me suis pas étonnée de retrouver le personnage de Mina et certains thèmes (la compréhension de la nature, la nuit en monde mystérieux et parfois morbide, l’incapacité de s’adapter à l’école ou à la société), je reconnais que la lecture m’a laissée relativement indifférente. Certes, le roman est beaucoup moins enfantin qu’il n’y paraît puisqu’il aborde le deuil, s’amuse à jouer avec le lecteur ou critique les normes de la société dans lesquels certains ne peuvent pas se retrouver. Il est original graphiquement puisque la mise en forme du texte suit les fantaisies de Mina. Mais j’y ai été moins sensible que je ne l’étais à la poésie de David Almond ado, et c’est sans doute tout à fait normal.

The Wicked + The Divine, tome 2 – Kieron Gillen (version française), 2017

Le topo : Douze dieux se réincarnent en des jeunes gens destinés à être des pop stars, afin de transmettre leur art et un certain éveil à la conscience sur Terre. Une humaine du nom de Laura enquête sur eux, en même temps que les dieux commencent à être tués les uns après les autres…

Le résultat : Pour ceux qui ont apprécié le tome 1, le tome 2 sera sûrement tout aussi plaisant. Si l’histoire souffre malgré tout de quelques retournements de situation prévisibles, qu’on aurait aimé voir plus originaux, l’esprit du comics est fidèle à lui-même. Il fait dans la diversité des dieux, des origines et des genres, tout en critiquant de nouveau l’aspect télé-réalité des stars d’aujourd’hui ou le culte voué à des artistes. Et évidemment, tout est sous le jeu des apparences… il est aussi bienvenu de croiser une déesse qui elle, se montre extrêmement cynique et ne cherche à transcender l’humanité qu’en lui montrant l’absurdité de la vie, et non en faisant miroiter des illusions et la gloire. La traduction me semble également meilleure que pour le premier tome.

Le cirque des rêves – Erin Morgenstern, 2012

Le topo : Ce roman jeunesse présente l’affrontement de deux apprentis illusionnistes, l’un ne sachant pas qui est l’autre. Mais cet affrontement s’étale sur des années, et prend place au sein du Cirque des rêves, un lieu où règnent le noir et le blanc, qui n’est ouvert que la nuit, qui présente des artistes hors normes et qui se déplace mystérieusement d’une ville à l’autre. Alternant passé et présent, l’histoire nous mène peu à peu à l’affrontement entre Célia et Marco, en croisant au passage le destin des autres membres du cirque, et de ses spectateurs…

Le résultat : C’est un roman dense, qui nous emmène là où il veut sans nous dévoiler les fils de l’histoire tout de suite, seulement par touches successives. Ainsi, il entretient le mystère, la magie évidemment, et un peu de poésie. Il est très intéressant d’avoir tantôt les points de vue de Célia sur le Cirque des Rêves, qui conçoit des attractions de plus en plus intrigantes, mais aussi d’autres personnages qui en font partie ou qui sont fascinés par ce cirque itinérant. Évidemment, les deux adversaires finiront par tomber amoureux l’un de l’autre, rendant l’affrontement plus difficile, mais pas impossible, d’autant qu’il dure depuis bien avant leur naissance… En soi, c’est beau roman dont l’histoire n’est pas dénuée d’intérêt et assez subtilement écrit, même si encore une fois, il ne m’a pas touchée plus que cela, et j’ai mis longtemps à finir de le lire.

Le jardin des silences – Mélanie Fazi, 2014

Le topo : Des nouvelles fantastiques et finement écrites. Une réécriture du conte des frères-cygnes d’Andersen ; une route qui disparaît sous la brume pour révéler une autre route, pour réunir un père et une fille ; un rituel de naissance qui se mêle à des cadeaux donnés par des corneilles à Noël ; un reflet de glace malfaisant qui prend possession de la vie de son propriétaire…

Le résultat : Encore une fois, les nouvelles de Mélanie Fazi sont très bien écrites, dans un style précis et poétique, qui convoque autant le fantastique que la psychologie. Elle a l’art de faire transparaître nombre d’émotions de l’âme humaine, de résoudre des situations entre ses personnages par un élément fantastique, de créer de très belles atmosphères dans chacune de ses nouvelles et d’en laisser des images persistantes. Elle y évoque aussi l’inconscient, la façon dont le fantastique, souvent symbolique, peut être le remède au mal-être de ses personnages, ou une étape de leur vie, une transition pour aller de l’avant et évoluer. Ce recueil est fascinant, et simplement une petite merveille du fantastique français.

Resident Evil : Des zombies et des hommes – Nicolas Courcier, Bruno Provezza, Medhi El Kanafi, 2015

Le topo : Un ouvrage retraçant la création de la série de jeux vidéos Resident Evil, la genèse de chaque opus, l’histoire des jeux, tout en passant par le contexte culturel et économique dans lequel a été créée la série. Il s’attarde également sur la révolution technique des jeux à leur sortie ou l’importance de leur bande-son.

Le résultat : Pour qui veut en savoir un peu sur l’une des plus célèbres licences de l’histoire du jeu vidéo, ce livre est certainement parfait. Il propose des axes de lecture sur tous les aspects majeurs de cette franchise, tout en s’attardent sur son histoire fictionnelle. Assez objectif, il retrace aussi bien les avancées proposées par Resident Evil que les aspects moins positifs de la licence, tout en parlant également de son aspect commercial, avec notamment les films. On découvrira également des chapitres consacrés à la musique des jeux, ou à ses influences et inspirations cinématographiques pour la figure du zombie. Le tout porté par un style très clair et fluide, qui rend l’ouvrage passionnant à lire, même pour qui n’a pas joué aux jeux. Le livre étant sorti avant Resident Evil 7, il n’en est pas fait mention.

 
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Publié par le 5 juin 2017 dans Lectures

 

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The Wicked + The Divine, tome 2 | Et retour sur la traduction française du tome 1

Sans volonté de mettre des spoilers, surtout pour une série de comics en cours, ayant relu le tome 2 de The Wicked + The Divine et découvert la traduction du premier tome en français, voyons voir si la série tient les promesses de son premier volume The Faust Act (traduit en français par Faust Départ).

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The Wicked + The Divine : Fandemonium

Avec ce deuxième volume, on découvre un peu plus l’univers divin de Kieron Gillen, de nouveaux dieux faisant leur apparition, tandis que le mystère reste sur d’autres. Cette fois, l’action se concentre toujours sur qui est le coupable du meurtre ayant condamné Lucifer à la prison, et l’héroïne, Laura, se retrouve de plus en plus mêlée à l’existence des autres dieux et à leurs intrigues.

On a ainsi l’apparition de Inanna, déesse sumérienne de l’amour et de la guerre, qui, à l’inverse de Luci, se trouve incarné dans un corps d’homme ; et également Dionysos, dieu grec du vin, et qui mérite toujours autant les fêtes d’ivresses pour lesquelles il était connu dans l’Antiquité. Ce n’est pas non plus les seuls nouveaux dieux que nous rencontreront, mais pour la suite, je garde le mystère. Il y a également plus d’approfondissement sur Anankè, Baphomet (vu dans le premier tome, un dieu de l’Underground) ou encore Baal, dieu du tonnerre et de la lumière, qui gère le Panthéon en public avec une poigne de fer.

Le deuxième volume est aussi riche en révélations sur la naissance des dieux, sur pourquoi ils n’apparaissent que tous les 90 ans. Fandemonium s’appesantit plus sur les thématiques dont il fait la satire, mais aussi l’éloge. Le titre de ce tome vient en effet de la place très importante que prennent les fans face aux divinités et à leurs concerts (puisque leurs miracles se manifestent par la musique, ainsi que l’inspiration divine qu’ils donnent aux humains par ce biais), notamment avec une sorte de Comic-Con dédié aux diverses divinités. L’ennemi du Panthéon n’est aussi autre que ces fans parfois vengeurs et trop adorateurs, là où la politique, les médias et les hommes aux pouvoirs ne peuvent que s’accommoder de leur présence et faire avec.

D’autre part, ce qui est beaucoup plus palpable dans ce tome, c’est la mythologie du Panthéon voulue par ses auteurs : on se rend vraiment compte que les dieux sont là pour éveiller l’humanité à l’art et à plus de conscience, et que sans eux, l’humanité retomberait dans un état proche de celui de l’animalité. D’où la joie de certains de pouvoir réussir à transmettre un message réel et inspirant, et pour d’autres le fait d’échouer à transmettre une réelle prise de conscience, quand le message reçu par les fans n’est pas celui désiré. Là aussi s’explique le fait que tant de dieux « positifs » que « négatifs » se côtoient comme une bande d’amis qui se retrouvent de temps en temps, et qui sont liés par les amitiés, inimitiés ou amours. C’est aussi cette sorte d’humanité en eux qui séduit, avec un côté enfantin et divin à la fois. Notre héroïne Laura, humaine un peu perdue au milieu d’eux mais aspirant à les rejoindre, ne devient que plus touchante dans sa quête, tout en restant un personnage fort et débrouillard auquel on s’attache vraiment. Elle fait vraiment partie des premiers charmes de cet univers, d’autant qu’elle s’adresse parfois directement au lecteur, de manière légère.

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Les dessins sont, quant à eux, toujours aussi beaux et dans cette ambiance colorée, éclatante, qui retranscrit la dynamique et l’univers « pop » de The Wicked + The Divine. On notera l’usage de couleurs plus violentes et plus fortes, psychédéliques, quand on traverse les bacchanales de Dionyos (aussi positif qu’inquiétant par moments), ou encore l’usage du noir d’encre quand on se trouve dans l’Underground, aux côtés de Baphomet et de Morrigan divinité celtique à trois visages. La diversité culturelle, ethnique et sexuelle est toujours aussi présente dans ce tome, qui finit évidemment sur un cliffhanger digne du premier volume.

Par ailleurs, il m’aura fallu une relecture pour complètement apprécier ce deuxième tome, et aussi savoir un peu plus sur ce qui se passait dans le troisième. Certains rebondissements sont en effet très bienvenus et inattendus, tandis que d’autres passeront pour des clichés prévisibles ou des écueils dont on se demande pourquoi l’idée est venue à l’auteur. Fort heureusement, les événements se passant dans le troisième tome justifient certains du précédent, et empêchent la déception. En somme, Fandemonium tient amplement les promesses de la série et creuse son univers, même si on peut être déstabilisé par certains points-clés.

« I’m not a god. I was delusional to think I was. I was delusional to think I could be. Fuck you, Laura Wilson. Quitter. All I get is calluses? They’ll be the best calluses in the world. I won’t give up on any of them [the gods]. They’re all fucked up, all doomed. If all I can do is help them, I’ll help them. No one gets a happy ending. So I’ll make sure they get the least terrible one possible. »

La traduction française de The Wicked + The Divine

Petit passage inhabituel, mais puisque j’ai pu expérimenter les lectures de The Faust Act en anglais puis en français, j’en profite pour glisser quelques mots sur la traduction d’une langue à l’autre. Globalement, la traduction française est plutôt réussie. Certains jeux de mots sont très bien conservés et le niveau de langage des personnages est bien rendu. Il n’y a pas de grosse erreur, l’exercice étant après tout difficile, et je pense qu’on est autant séduit par ce comics en version française, qu’en anglais. Le rendu est vraiment beau, et poétique, puissant, par moments.

Toutefois, certains choix de traduction ne sont pas toujours assurés, notamment pour le personnage de Laura, qui a une expression caractéristique tout au long des comics « Huh », ou « Nuh-huh ». Cela a été traduit en français par « euh », « okay » et d’autres termes, alors que l’expression propre est typique de son style de personnage et ne peut être remplacée par un équivalent différent à chaque fois.. Baal fait parfois trop poli pour la force cassante et brute qu’il doit être, de même que je ne suis pas certaine que Lucifer séduit aussi immédiatement qu’en anglais par sa façon de parler. Bref, chaque langue a ses particularités, mais The Wicked + The Divine n’est assurément pas une mauvaise traduction, loin de là. Le deuxième tome est prévu en France pour le 15 février 2017.

 
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Publié par le 20 novembre 2016 dans Lectures

 

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The Wicked + The Divine | Comics, Kieron Gillen

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Il est rare que je m’enthousiasme beaucoup pour une bande dessinée : ou celle-ci me plaît énormément, comme The Walking Dead, ou je l’aime bien, ou c’est un moment de lecture sympa sur le moment mais dont je n’aurai pas beaucoup de souvenirs ensuite. De manière générale, ce n’est pas un domaine littéraire (comme les mangas) où je connais beaucoup de titres, de toute façon.

Every ninety years twelve gods return as young people. They are loved. They are hatred. In two years, they are all dead. It’s happening now. It’s happening again. / Tous les quatre-vingts dix ans, douze dieux se réincarnent en de jeunes gens. Ils sont adorés, ils sont haïs. En l’espace de deux ans, ils meurent. Et cela arrive de nouveau, maintenant.

Le premier tome de The Wicked + The Divine est intitulé The Faust Act, reposant sur un scénario par Kieron Gillen, et des dessins par Jamie McKelvie et Matt Wilson. Il présente dans un court prologue les incarnations des dieux dans les années 1920, juste avant leur mort. Puis il repart à notre époque, en suivant la quête d’une jeune fille, Laura, fascinée, plus que fascinée, par ces dieux dont elle entend parler et qu’elle a réussi à apercevoir d’une manière ou d’une autre. Elle se rend à un concert d’une des déesses, Amaterasu, qui plonge dans un état de transe totale les spectateurs. A son réveil, Laura trouve à ses côtés un des autres dieux : « Luci », Lucifer. Ce dernier est sous l’apparence d’une jeune femme androgyne. Elle/il lui propose alors d’assister à l’interview qu’Amaterasu donne à une journaliste, dans le but de bien prouver que les dieux sont sur terre. Mais les événements se précipitent quand une tentative d’assassinat sur Lucifer se déroule, et que ce(tte) dernier(e) riposte par le feu, se condamnant à retrouver en prison. A Laura d’essayer de le sortir de là, avec l’aide d’autres dieux…

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Cette bande dessinée – ou ce comics – est bien plus originale et surprenante que je ne m’y attendais. Pas de clichés vus et revus sur les dieux, orientant vers une toute-puissance ou un côté enfantin et peu mature : certes, les dieux ont l’âge de leurs corps humains, mais ils conservent le souvenir de leur vie d’immortels. L’humanité de leur visage et leurs expressions toujours bien dessinées, émouvantes par un détail, font qu’on s’attache à eux. Bien sûr, Lucifer est cabotin(e), ment et a de mauvaises habitudes ; pourtant, le personnage est très attachant (c’est même un coup de cœur), sans doute dû à son traitement très byronien : il est plus écrit et dessiné comme l’ange déchu, que comme un diable. D’ailleurs, il n’y a aucun manichéisme dans cette histoire : nul besoin pour les dieux de se battre, qu’ils soient plutôt du ciel ou de l’enfer. Leur apparence humaine est visiblement choisie en référence à des pop-stars : Lucifer fait penser principalement à David Bowie, mais je lui trouve un air très proche de la chanteuse d’Eurythmics.

Les autres dieux que l’on croise ne manquent pas de charisme, bien qu’on s’attarde moins sur eux. Le scénariste a en tout cas pris le parti de prendre des dieux peu communs, si bien que, n’ayant pas capté tout de suite que Minera désignait Athéna, le seul autre dieu que je me retrouvais à connaître en-dehors de Lucifer était Ananke. Le clin d’oeil à Victor Hugo, voulu ou non, était trop beau ! Ananke est le gardien de ces douze dieux, les éveillant à leur divinité. La chanteuse du tout début est Amaterasu, une déesse japonaise du soleil et de l’univers, qui emprunte ses traits à Florence Welsh (Florence + The Machine). Sakhmet correspond à la Sekhmet égyptienne, la déesse femme à tête de lionne, et évoque Rihanna ; Baal, autre dieu égyptien, a un aspect faisant penser à Kanye West, et dans son attitude, m’a rappelé Ozymandias de Watchmen. On croise également Inanna, la déesse de l’amour et de la fertilité sumérienne, ou encore Morrigan, une déesse celte stupéfiante par le fait d’avoir trois aspects et trois personnalités différentes, donc. D’autres dieux sont également présents, quoique vraiment secondaires ou encore à découvrir, comme l’intrigante Tara : personne ne sait qui elle est.

A l’instar des personnages, l’intrigue ne sombre ni dans la facilité, ni dans les clichés. Pas de lutte entre dieux, pas de désir de dominer l’univers : ces dieux n’ont que deux ans à vivre pleinement sur terre, pour laisser une trace, notamment par l’art. Mais cela n’empêche pas le grand public de les considérer comme de véritables divinités : Laura, le personnage principal, ne semble vivre que pour les rencontrer et vouloir être comme eux ; Cassandra, un autre personnage récurrent, est sceptique et les étudie de près, après un doctorat effectué sur ces dieux et leur retour tous les 90 ans. Que des gens essayent de tuer Lucifer n’est pas une surprise. En somme, les dieux provoquent des réactions prévisibles chez les humains, mais d’autant plus intéressantes qu’avec leur apparence de pop-stars, il s’agit d’une satire envers l’idolâtrie présentée envers certaines célébrités aujourd’hui, ou la folie de certains fans prêts à tuer leur idole. L’ambiance du comics est volontairement colorée dans ce sens. C’est évidemment un petit miroir de la société actuelle et de la pop culture, bien que l’intention du comics soit aussi de simplement présenter une histoire dynamique, des personnages charismatiques, et des dessins superbes.

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Le premier tome ne suffit pas pour le dire en détail, mais d’après les intentions de l’auteur lues ici et là, et certaines répliques, ou événements du récit, The Wicked + The Divine met aussi l’accent sur les thèmes de la vie et de la mort. Quand on présente des personnages immortels mais voués à mourir dans deux ans, la thématique ressort forcément, ainsi que ce qu’on laisse derrière soi de manière à être éternel. Cela englobe aussi les thèmes de la création et de l’art. Même si la thématique de la mort est présente, que du sang jaillit ici et là, The Wicked + The Divine est pourtant tourné vers la vie, le rythme, l’action, la dérision et l’humour. Par ailleurs, une autre de ses fortes caractéristiques est que la majorité de ses personnages ne sont pas du tout carrés dès le départ, et qu’ils représentent la diversité humaine. Les personnages sont de couleur et pas que caucasiens ; il y a plus de femmes que d’hommes et ils sont à égalité ; la diversité sexuelle est également présente, aucune ne se définissant de manière tranchée, et il y a même un personnage trans, information qu’on apprend après des dizaines de pages et qui ne change strictement en rien le statut du protagoniste. Autant de diversité naturelle, mise sur un même plan et sans stéréotypes, est quand même à souligner dans les productions actuelles.

The Wicked + The Divine, pour toutes ces raisons, est un coup de cœur inattendu, par son inventivité, sa dynamique, sa volonté de sortir des sentiers battus. La BD avait reçu en 2015 le prix de meilleure série aux British Awards et un projet d’adaptation en série est à l’horizon. Les comics semblent partis pour faire environ 10-12 tomes (entre 30 et 60 issues, le dernier publié étant le 22) , quatre étant déjà disponibles en anglais. Pour la publication française, celle-ci tombera le 26 octobre 2016 pour la version simple, et le 2 novembre pour la version collector, chez Glénat éditions.

Just because you’re immortal, doesn’t mean you’re going to live forever.

« Why me ? » « Because Lucifer is in hell. And you’re the only one who came. »

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Publié par le 24 septembre 2016 dans Lectures

 

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