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Archives de Tag: Resident Evil

The Walking Dead, Until Dawn & Resident Evil | Trois façons d’aborder le jeu vidéo d’horreur

Il me paraissait un peu superflu de consacrer trois articles différents sur trois jeux dont beaucoup a déjà été dit et sur lesquels je n’aurais pas forcément grand-chose à rajouter ; aussi je les réunis ici en un seul.

The Walking Dead Telltale Games (2012-2013)

Ce jeu vidéo, sorti sous forme d’épisodes, est un des dérivés de la franchise The Walking Dead. Il appartient au genre point & click, où cliquer sur des objets du décor permet d’avancer l’intrigue, et se démarque également par ses dialogues où plusieurs réponses sont possibles, permettant d’influencer sur le déroulé du jeu et les relations entre les personnages. Le jeu a toutefois sa propre histoire, indépendante des comics ou de la série télévisée, bien que certains clins d’œils soient présents de temps à autre. On suit en première saison Lee, un ancien professeur d’histoire accusé de meurtre. Alors qu’il est emmené en prison par un policier, la voiture percute une silhouette sur la route. Silhouette qui se révèle être un zombie : l’épidémie a commencé. Lee trace ensuite son chemin jusqu’à la maison d’une fillette, Clementine, dont les parents sont absents. Ils partent en quête d’une ville plus sûre et des parents de la jeune fille, croisant d’autres survivants qu’ils rejoindront. La saison 2 poursuit cette lancée en mettant ensuite Clementine au plan de protagoniste principal.

La première saison de The Walking Dead a obtenu le prix de meilleur jeu vidéo de l’année en 2012, non sans mérite. Car comme dans la série et les comics, les zombies ne sont que des prétextes pour servir une histoire encore plus humaine, concentrée sur les relations entre personnages, la survie d’un groupe, les évolutions psychologiques des protagonistes, leurs différentes réactions dans un monde post-apocalyptique. Et le jeu vidéo est extrêmement immersif de ce point de vue, peut-être davantage encore que la série (qui connaît des hauts et des bas) en laissant au joueur le choix de décider des dialogues face à tel personnage ou des actions pour certaines situations. La saison 1 se révèle extrêmement forte en émotions et la saison 2 encore plus éprouvante en choix moraux. Quel personnage sacrifier en sachant que l’un des deux sera forcément mordu par un zombie ? Doit-on donner une arme à une personne mordue pour la laisser mettre fin à ses souffrances ? Peut-on faire confiance à un groupe ou ne compter que sur soi dans un monde hostile ? Doit-on privilégier un personnage connu depuis la saison 1, qui agit presque comme un fou à force d’épreuves, pour préférer un autre protagoniste rencontré il y a peu, plus sensé, mais plus individualiste ? Bref, il y a bien trop de moments où même pour un jeu vidéo, il est difficile de faire un choix (limité en plus dans le temps) sans avoir un pincement de cœur ou regretter ce qui a été choisi. Il est d’ailleurs parfois difficile de prévoir les conséquences du moindre petit acte, et on comprend qu’aucun choix n’est mauvais ou bon : on cherche à survivre tant bien que mal, aussi humainement que possible.

Le côté volontairement comics des personnages et des décors renforce encore plus cet attachement, sans oublier la diversité des personnages. Il est impossible de ne pas aimer Lee, professeur certes accusé de meurtre, mais attachant, loyal et honnête, déterminé à aider ceux qu’il peut ; Clementine, une fillette innocente qui doit apprendre à survivre ; Kenny, certes très tourmenté et instable, mais généreux et loyal… et je pourrais encore en citer d’autres, car aucun personnage ne laisse indifférent, jouant parfois avec les clichés, et le jeu révélant toujours les intentions et les éléments nécessaires pour avoir de l’empathie pour chacun. Il s’agit là d’un des jeux vidéos les plus touchants et les plus émouvants que j’ai pu faire, même si j’ai moins apprécié la seconde saison, pourtant plus éprouvante encore au niveau des dilemmes moraux. Vivement la saison 3, et la quatrième, qui sera d’ailleurs la dernière.

Until Dawn (2015)

Un groupe d’adolescents se retrouve dans un chalet de montagne, pour rendre hommage au décès de deux sœurs, membres de leur groupe, un an auparavant. Alors que la nuit commence, il apparaît vite qu’ils ne sont pas seuls au chalet : un mystérieux homme rôde, accompagné de chiens-loups, un psychopathe qui semble les enlever un à un… et serait-ce aussi un fantôme qu’on croise au détour d’une pièce du chalet, après avoir utilisé la planche de Oui-Ja ? Commence alors une très longue nuit pour les huit héros de l’histoire…

Le résumé d’Until Dawn fait inévitablement penser aux films d’horreur les plus traditionnels, en plantant son décor dans un chalet de montagne, au milieu d’une tempête de neige, pour « célébrer » l’année écoulée (une idée brillante à chaque fois, quelle que soit l’histoire horrifique qui y a recours), avec ses personnages bien carrés et stéréotypés (le sportif, la tête de groupe, le frère ayant perdu ses sœurs, la pimbêche, etc.). A noter que tous les personnages ont été créés par motion capture, ce qui rend leurs expressions très précises et incroyablement vivantes. Pourtant, ce n’est finalement pas un slasher classique qui se déroule, car les influences du genre horrifique se font nombreuses et nous mènent dans des directions différentes, au point qu’on finit par ne plus savoir quel est le véritable danger, ou même l’ennemi. C’est le fait de redéfinir les habituels ressorts du genre qui fait de Until Dawn un petit bijou, en les modifiant assez pour qu’on ne puisse prévoir la suite. Rarement un jeu aura été aussi éprouvant, d’autant qu’il nécessite de prendre des décisions en quelques secondes parfois, et que les réponses aux dialogues influent les événements par effet papillon. Un interlude est présent à chaque chapitre de l’histoire, où le joueur est face à un psy : vos réponses influenceront également sur les sources de peur apparaissant dans le jeu.

Until Dawn est un jeu soigné, tant par ses décors, que ses jeux d’ombre et de lumière, sa musique, ses personnages à diverses facettes, et le tour alambiqué que peuvent faire prendre les effets papillon à l’histoire. Il est suffisamment bien fait pour avoir véritablement peur au cours du jeu, qui équivaut à une longue nuit d’horreur, et être sous tension grâce à ses nombreux rebondissements. Il s’agit d’ailleurs d’un jeu où il est possible de finir avec tous les personnages vivants, ou aucun, et évidemment tous les intermédiaires entre ces extrêmes. Comprendre toute l’histoire nécessitera également la découverte de plusieurs indices dispersés ici et là. Until Dawn est donc un pur hommage au genre horrifique et à tous ses sous-genres. Seul regret : une fois qu’il a été fait, il ne fait plus peur du tout, quand on connaît les secrets de l’histoire – à part aux éventuels jumpscares qu’on ne mémorise pas de suite.

Resident Evil Remaster HD (2015)

Resident Evil (Biohazard) était sorti en 1996 sur PS1 et annonçait la renaissance du mode survival horror. Il a ensuite eu droit à un remake et une refonte graphique en 2002 pour Gamecube, qui a ensuite été portée en 2015 sur PS4. Il s’agit de cette version-là à laquelle j’ai pu jouer, avec une grande curiosité après tout ce qu’on m’avait dit sur ce jeu. Je ne le regrette pas du tout, même si je pense que l’aspect rétro de la version originale sur PS1 aurait contribué à en faire une expérience encore plus horrifiante. Mais cela ne dévalorise en rien la beauté graphique et l’ambiance particulière de ce remake d’un jeu « old school » qui fait plaisir à voir. Ici, les membres de l’expédition STARS est envoyé à Racoon City, où se produisent des morts mystérieuses ; ils sont attaqués au milieu de la forêt et poussés à se réfugier dans le manoir Spencer, où les choses ne sont pourtant guère plus rassurantes, avec les zombies errant aux alentours…

Je n’ai pas fait beaucoup d’autres remakes (voire aucun), mais celui-ci est bien réussi, d’une part par sa refonte graphique totale qui est tout simplement superbe, d’autre part par le fait d’avoir apparemment rajouté des nouvelles pièces, des nouveaux ennemis et d’autres fonctionnalités non présentes dans le jeu original. On a aussi quelques options sympathiques : jouer avec l’écran en 4:3, avec les commandes à l’ancienne, ou encore choisir les tenues des deux personnages jouables (Jill et Chris) avec leurs habits originaux ou ceux venant des jeux plus tardifs où ils apparaissent. Même si l’atmosphère est plus oppressante que vraiment effrayante, grâce à une bande-son bien équilibrée et des angles de caméras fixes, ça a été un grand plaisir de pouvoir enfin découvrir ce grand classique du jeu vidéo. Certes, ce sont les codes des années 90 qui y jouent, et il faut se rappeler que le jeu a terrifié à sa sortie en 1996, bon nombre de joueurs. Mais justement, c’est bien agréable de pouvoir replonger dans ce genre d’ambiance, qui parfois ne se prend pas trop au sérieux, mais qui est pourtant extrêmement travaillée et mémorable, ne dévoilant son histoire que par des indices au goutte à goutte, et ayant choisi ses moments de frayeur avec soin.

Et d’un certain côté, cela m’a aussi fait bien sourire parfois de me rendre compte, à rebours, combien Resident Evil 7 est un hommage au premier opus de la série : cette façon unique d’ouvrir lentement les portes, la présence d’araignées, un fusil à pompe cassé à mettre en place pour débloquer une porte, le fait de sauvegarder sur des machines à écrire… Des choses qu’on retrouve sans doute dans les autres titres de la série, mais qui montrent bel et bien une continuité dans cette série qui n’est pourtant pas sans contradictions au niveau de son histoire.

 
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Publié par le 11 août 2017 dans Jeux vidéos

 

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Lectures de mai 2017

 Je m’appelle Mina – David Almond, 2010

Le topo : Un journal de la vie de Mina, une petite fille qui a préféré faire l’école à la maison, qui a perdu son père, qui préfère la nature à la ville. Une fillette qui a toutefois un étrange attrait pour la conception des enfers. En tenant son journal, elle fait partager son quotidien et ses intérêts, par la forme de jeux de langage, de défis d’écriture et de calligrammes.

Le résultat : David Almond était l’un des auteurs favoris de mon enfance, et sans forcément continuer à le lire, je garde un œil sur ce qu’il a écrit depuis que j’ai arrêté de le lire. Je m’appelle Mina, c’est le prologue à son premier roman pour la jeunesse, Skellig, un « ange » qui tombe sur terre et qui est secouru par deux enfants, dont Mina. Alors si je ne me suis pas étonnée de retrouver le personnage de Mina et certains thèmes (la compréhension de la nature, la nuit en monde mystérieux et parfois morbide, l’incapacité de s’adapter à l’école ou à la société), je reconnais que la lecture m’a laissée relativement indifférente. Certes, le roman est beaucoup moins enfantin qu’il n’y paraît puisqu’il aborde le deuil, s’amuse à jouer avec le lecteur ou critique les normes de la société dans lesquels certains ne peuvent pas se retrouver. Il est original graphiquement puisque la mise en forme du texte suit les fantaisies de Mina. Mais j’y ai été moins sensible que je ne l’étais à la poésie de David Almond ado, et c’est sans doute tout à fait normal.

The Wicked + The Divine, tome 2 – Kieron Gillen (version française), 2017

Le topo : Douze dieux se réincarnent en des jeunes gens destinés à être des pop stars, afin de transmettre leur art et un certain éveil à la conscience sur Terre. Une humaine du nom de Laura enquête sur eux, en même temps que les dieux commencent à être tués les uns après les autres…

Le résultat : Pour ceux qui ont apprécié le tome 1, le tome 2 sera sûrement tout aussi plaisant. Si l’histoire souffre malgré tout de quelques retournements de situation prévisibles, qu’on aurait aimé voir plus originaux, l’esprit du comics est fidèle à lui-même. Il fait dans la diversité des dieux, des origines et des genres, tout en critiquant de nouveau l’aspect télé-réalité des stars d’aujourd’hui ou le culte voué à des artistes. Et évidemment, tout est sous le jeu des apparences… il est aussi bienvenu de croiser une déesse qui elle, se montre extrêmement cynique et ne cherche à transcender l’humanité qu’en lui montrant l’absurdité de la vie, et non en faisant miroiter des illusions et la gloire. La traduction me semble également meilleure que pour le premier tome.

Le cirque des rêves – Erin Morgenstern, 2012

Le topo : Ce roman jeunesse présente l’affrontement de deux apprentis illusionnistes, l’un ne sachant pas qui est l’autre. Mais cet affrontement s’étale sur des années, et prend place au sein du Cirque des rêves, un lieu où règnent le noir et le blanc, qui n’est ouvert que la nuit, qui présente des artistes hors normes et qui se déplace mystérieusement d’une ville à l’autre. Alternant passé et présent, l’histoire nous mène peu à peu à l’affrontement entre Célia et Marco, en croisant au passage le destin des autres membres du cirque, et de ses spectateurs…

Le résultat : C’est un roman dense, qui nous emmène là où il veut sans nous dévoiler les fils de l’histoire tout de suite, seulement par touches successives. Ainsi, il entretient le mystère, la magie évidemment, et un peu de poésie. Il est très intéressant d’avoir tantôt les points de vue de Célia sur le Cirque des Rêves, qui conçoit des attractions de plus en plus intrigantes, mais aussi d’autres personnages qui en font partie ou qui sont fascinés par ce cirque itinérant. Évidemment, les deux adversaires finiront par tomber amoureux l’un de l’autre, rendant l’affrontement plus difficile, mais pas impossible, d’autant qu’il dure depuis bien avant leur naissance… En soi, c’est beau roman dont l’histoire n’est pas dénuée d’intérêt et assez subtilement écrit, même si encore une fois, il ne m’a pas touchée plus que cela, et j’ai mis longtemps à finir de le lire.

Le jardin des silences – Mélanie Fazi, 2014

Le topo : Des nouvelles fantastiques et finement écrites. Une réécriture du conte des frères-cygnes d’Andersen ; une route qui disparaît sous la brume pour révéler une autre route, pour réunir un père et une fille ; un rituel de naissance qui se mêle à des cadeaux donnés par des corneilles à Noël ; un reflet de glace malfaisant qui prend possession de la vie de son propriétaire…

Le résultat : Encore une fois, les nouvelles de Mélanie Fazi sont très bien écrites, dans un style précis et poétique, qui convoque autant le fantastique que la psychologie. Elle a l’art de faire transparaître nombre d’émotions de l’âme humaine, de résoudre des situations entre ses personnages par un élément fantastique, de créer de très belles atmosphères dans chacune de ses nouvelles et d’en laisser des images persistantes. Elle y évoque aussi l’inconscient, la façon dont le fantastique, souvent symbolique, peut être le remède au mal-être de ses personnages, ou une étape de leur vie, une transition pour aller de l’avant et évoluer. Ce recueil est fascinant, et simplement une petite merveille du fantastique français.

Resident Evil : Des zombies et des hommes – Nicolas Courcier, Bruno Provezza, Medhi El Kanafi, 2015

Le topo : Un ouvrage retraçant la création de la série de jeux vidéos Resident Evil, la genèse de chaque opus, l’histoire des jeux, tout en passant par le contexte culturel et économique dans lequel a été créée la série. Il s’attarde également sur la révolution technique des jeux à leur sortie ou l’importance de leur bande-son.

Le résultat : Pour qui veut en savoir un peu sur l’une des plus célèbres licences de l’histoire du jeu vidéo, ce livre est certainement parfait. Il propose des axes de lecture sur tous les aspects majeurs de cette franchise, tout en s’attardent sur son histoire fictionnelle. Assez objectif, il retrace aussi bien les avancées proposées par Resident Evil que les aspects moins positifs de la licence, tout en parlant également de son aspect commercial, avec notamment les films. On découvrira également des chapitres consacrés à la musique des jeux, ou à ses influences et inspirations cinématographiques pour la figure du zombie. Le tout porté par un style très clair et fluide, qui rend l’ouvrage passionnant à lire, même pour qui n’a pas joué aux jeux. Le livre étant sorti avant Resident Evil 7, il n’en est pas fait mention.

 
2 Commentaires

Publié par le 5 juin 2017 dans Lectures

 

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