The Greatest Showman – Michael Gracey, 2017

D’une origine modeste, P.T. Barnum cherche malgré tout à réaliser ses rêves : épouser une jeune femme de noble famille, qu’il aime depuis son enfance, et devenir un artiste, un génie du spectacle. Acquérant d’abord un musée de curiosités, il démarre ensuite un freakshow, mettant en avant la différence et la singularité…

The Greatest Showman est sans doute très loin de la réalité historique. Toutefois, les amateurs de comédie musicale ou de films visuellement spectaculaires y trouveront sans doute leur bonheur, comme je l’ai fait en allant voir le film, après avoir lu la critique de F. de l’O. Bien sûr, tout film aussi puissant au cinéma mérite un re-visionnage pour mieux le découvrir et le savourer, mais pour cette première impression, The Greatest Showman frôle l’excellent et le parfait.

Dès la première scène, on sent d’emblée que le film sera grandiose. Et cette introduction ne dément pas le reste du monde, avec un mélange de « cartels » comme on en voyait dans les vieux films, une concordance entre la musique et l’image, musique certes plus récente que les années 1870, mais qui pourtant passe très bien dans l’atmosphère du film. Bref, on démarre avec des scènes superbes et magiques, sorties de l’imagination de P.T. Barnum encore enfant, et une première chanson tout simplement entraînante, survoltée et forte. C’est rare, d’avoir d’emblée, dès les premières secondes de musique, cette espèce de frisson qui émeut et promet un sacré spectacle. Tout comme pour le reste du film, les couleurs, la mise en scène, le mélange d’imagination et de réalité sont entièrement maîtrisés. Par la suite, on assiste aux retrouvailles entre Barnum et sa future femme, Charity, puis à leur vie ensemble, adultes, la naissance de leur famille, et enfin la création du cirque de Barnum… Quelque part, ce sont sans doute ces premières secondes qui détermineront si vous aimez le film ou non.

C’est un film spectaculaire, indéniablement plus pour en mettre plein les yeux, pour faire rêver, sourire, que se présenter comme un biopic véritablement fidèle. On alterne entre les moments du spectacle – du freakshow à l’opéra – et les moments plus réalistes et sentimentaux, centrés autour de la famille de Barnum ou de certains membres de la troupe. Le tout servi sans cesse par plusieurs chansons, qui pour une fois ne se contentent pas d’être là pour être là, mais font vraiment passer l’émotion tout en étant intégrées dans le film, avec une vraie mise en scène, des chorégraphies calculées au millimètre près et saisissantes. Et évidemment, elles font progresser l’histoire – le contraire de ce que j’avais pu ressentir devant La La Land, par exemple. Le tout, sans temps mort, mais en permettant l’approfondissement de quelques personnages, surtout Barnum qui est à double tranchant, entre la naïveté et le calcul prémédité.

Évidemment, de par son sujet, The Greatest Showman en profite également pour dévoiler une ode à la tolérance, à la différence, et même si ça pourrait paraître parfois simplet, eh bien, force est de constater que cela a toujours un fond de vérité inéluctable…et c’est suffisamment bien mis en place pour ne pas faire niais. On peut aussi voir les thèmes de l’amour impossible à cause des conventions sociales, du rejet de ceux qui sont différents par la société, de l’opposition entre les vies carrées, héritées de père en fils, et celles qui prônent l’aventure et la liberté, le fait de se perdre en chemin quand on est en quête de trop prendre sa revanche sur la société…

Quant aux acteurs, tous excellent dans leur rôle et y sont parfaitement impliqués, et surtout Hugh Jackman, qui est tout à son aide dans le rôle de Barnum et se révèle très charismatique. En ce qui concerne les chansons, elles restent indéniablement en tête, et si elles détonnent par rapport à l’époque historique du film, elles se fondent dans l’ambiance bien plus qu’on ne pourrait s’y attendre. La chanson d’introduction, « The Greatest Show » est la plus mémorable, mais ce serait oublier « The Other Side » (l’opposition de la vie de liberté de Barnum et celle carrée de son associé, Philip), un duo génial et captivant ; « This is me », la chanson emblématique des freaks du cirque qui se révèle battante, émouvante et insuffle l’envie de se redresser ; ou encore la chanson d’opéra du film, « Never enough » puissante et délicate à la fois. Les autres chants ne sont pas en reste.

La France a la mauvaise habitude de mal accueillir et mal comprendre les comédies musicales, mais The Greatest Showman est remarquable, visuellement et musicalement impressionnant. Sans compter que les contextes de cirques font au final, appel à notre âme d’enfant, de même que toutes ces histoires mêlant magie, imagination et réalité, avec une fin heureuse. Ce serait donc vraiment dommage de passer à côté de ce film, qui est certes un coup de cœur, mais qui surtout fait indéniablement sourire et rêver – ce qui n’est pas toujours le cas des autres productions au cinéma, de nos jours.


2 réflexions sur “The Greatest Showman – Michael Gracey, 2017

  1. Eh bien, je me doutais que c’était ton style de film et de musique, mais je ne m’attendais pas à ce que tu l’aimes à ce point. Tant mieux, bien sûr. Je n’ai pas grand chose à redire à ta critique, qui complète assez bien la mienne.

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