The Imitation Game, It follows & Kingsman

the-imitation-game-poster-e1411498426897Now, if you wish you could have been normal… I can promise you I do not. The world is an infinitely better place precisely because you weren’t.

Dans les films attendus depuis longtemps, on trouve The Imitation Game. Bien sûr, depuis, ce dernier a été récompensé aux Oscars, non sans mérite, même si on peut le qualifier de « film à Oscars » justement. On retrouve ce même style académique propre par exemple au Discours d’un roi, qui donne l’impression qui manque un petit quelque chose pour rendre le film véritablement marquant. C’est sans doute le seul reproche à faire ici, avec peut-être une histoire pas mal romancée. Pour autant, The Imitation Game est loin d’être dénué de qualités. Il retrace un épisode assez inédit de la Seconde guerre mondiale, celui du groupe de cryptologues qui permit, en décodant Enigma, le code utilisé par les Allemands pour transmettre leurs messages, de raccourcir la guerre de deux ans et d’empêcher des pertes tant humaines que matérielles. Ce petit groupe composé de plusieurs hommes et une seule femme, travailla pendant des années à cet unique but, et reçut ensuite l’ordre de ne jamais évoquer leur mission pendant des décennies. Plus dure encore est la fin réservée au chef de leur équipe, Alan Turing (Benedict Cumberbatch) : quand son homosexualité est découverte, il est condamné à la prison ou la castration chimique, et il choisit cette dernière.

Ce biopic repose principalement sur le jeu toujours aussi brillant de Benedict Cumberbatch, qui semble abonné aux rôles d’intellectuels à la limite des sociopathes, mais aussi sur le talent des autres acteurs : Keira Knightley, Charles Dance, ou encore ces visages qui sortent de divers films et séries, comme Mark Strong, Allen Leech ou Matthew Goode. On suit pendant deux heures et sans longueur cette équipe, entre leur recrutement, le travail acharné contre la montre (le code change à minuit chaque jour), les lunatismes peu civils de Turing ou leurs brefs moments de détente. Bien sûr, ce film se veut un hommage à Alan Turing, en respect et pudeur, pour cet homme qui n’a été gracié par la Reine d’Angleterre qu’en 2013, une sorte d’hommage à son combat. C’est donc aussi par des morceaux de son adolescence, de sa vie, que nous le découvrons, avec là encore le très bon jeu de Cumberbatch. Il n’est jamais mauvais d’apprendre ainsi des éléments peu connus de l’Histoire, et qui nous révolteraient aujourd’hui.

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Dans un tout autre registre, j’ai eu aussi l’occasion d’aller voir It follows. Ici, aucun élément historique, que de la fiction, et bien plus encore, une histoire d’horreur marquante. Le scénario est simple et efficace : après avoir couché pour la première fois avec son petit ami, Jay se retrouve suivie, inlassablement, par une créature dont on ignore tout, et qui prend diversIt-Follows-posteres apparences. Elle est la seule à la voir, et donc à pouvoir être tuée par cette créature. Son seul salut est de refiler cette malédiction à d’autres en couchant avec eux. Malheureusement, que la nouvelle victime se fasse tuer, et elle sera à nouveau poursuivie…

On ignore tout du long, ce qu’est cette créature, de ses véritables intentions, à part tuer ses victimes. L’atmosphère d’horreur se construit à partir de rien et demeure pourtant redoutable : tantôt des plans serrés sur Jay et ses amis, tantôt des plans éloignés, qui donnent le point de vue du prédateur. A cela s’ajoute une musique puissante et brutale, urbaine, qui joue sur les nerfs autant que la ville qui se dépeuple de plus en plus tout au long du film. L’efficacité tient sans doute à cette créature vue uniquement par sa victime, lente, mais qui ne renonce jamais, silencieuse, aux visages changeants. Si bien qu’on soupçonne chaque nouvelle apparition d’un personnage en arrière-plan, avant de parfois se rendre compte avec un rire, qu’il s’agit d’une personne normale. Les acteurs font très bien partager leurs angoisses, jusqu’à une fin ouverte, qui reste toute en paranoïa et suspicion. De plus, la mise en scène et la photographie sont très belles, fantomatiques, emplies de couleurs étranges. It follows ne laisse pas d’images lancinantes nous hanter, mais juste une atmosphère particulière, plusieurs sursauts, et quelque méfiance ensuite en sortant, devant toutes les personnes marchant autour de soi. Cela prouve au moins que le principe est efficace. Après, on y trouve des métaphores sur les maladies sexuellement transmissibles, la perte de virginité, le rapport aux relations sexuelles en Amérique, ou juste la folie de l’héroïne, si l’on veut. Le film est très bien fait, et les films d’horreur bien faits se font rares avant tout.

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Kingsman, lui aussi, est dans un autre style. Un style auquel j’aurais été Kingsman_The_Secret_Service_International_Poster_JPostersmalheureusement un peu imperméable, n’étant guère une fan des films d’espionnage à la base (les James Bond m’ont toujours barbée, à part Skyfall auquel je ne donnerais pourtant pas de deuxième visionnage). Le film emprunte aux codes du genre à profusion et les détourne, ou les utilise de façon excentrique et décalée : on suit le parcours du jeune Eggsy, recruté par Galaad, membre des Kingsmen, un service secret britannique. On assiste à sa formation avec d’autres recrues, en même temps que l’évolution du plan diabolique du méchant de l’histoire, Richmond Valentine…Encore une fois, le jeu des acteurs est simplement génial (de Colin Firth qui sort de ses rôles habituels avec grande classe, à Samuel L. Jackson, irrévérencieux et excentrique au possible), l’ambiance impeccable et le scénario bon, l’humour est bien présent. La dynamique du film ne permet pas non plus de s’ennuyer, et certaines répliques sont mémorables. Pour autant, il me manquait le petit quelque chose qui m’aurait permis d’accrocher, et l’esthétique de la violence, ou la violence tout court dans certaines scènes, m’ont aussi rebutée et fait reculer de l’ambiance du film, plutôt qu’aider à plonger dedans. Néanmoins, le jeu sur les codes du genre de l’espionnage est très réussi, et le film en lui-même reste divertissant, ainsi que brillamment réalisé, notamment au niveau chorégraphique des combats.

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